La descente du CPP à Mimboman le 30 janvier dernier a été l’une des premières actions de terrain de notre formation politique pour cette année 2013. La gravité de ces crimes horribles et odieux ne pouvait nous laisser indifférent. Nous avons donc pu nous rendre compte du traumatisme que cette série de 15 assassinats, dont la majorité sont des jeunes filles, a causé au sein de la population de ce quartier situé à une dizaine de km de la Présidence de la République.
Après cette descente et grâce aux informations recueillies, le CPP condamne:
- La légèreté et la lenteur des autorités qui ont attendu plus d’un mois avant d’envisager une quelconque action alors que les crimes se poursuivaient ;
- L’abandon des populations par l’Etat dans des conditions où même les besoins les plus basiques : éclairage publique, accès à l’eau potable, aménagement de la voirie urbaine, etc. ne sont pas satisfaits. Situation qui n’est pas propre aux seuls habitants de Mimbomam;
- L’attitude condescendante et méprisante du Président de la République qui a cru bon de se rendre en France pour une visite au rabais pendant que ces crimes et bien d’autres se perpétraient à travers le pays. Ceci, sans faire la moindre allusion à ces victimes et leurs familles.
- L’absence totale d’un accompagnement psycho-social dans un quartier traumatisé, même pas pour les victimes de viol qui ont survécues.
Nous ne sommes par surpris par le fait que M. Biya ne mentionne pas cette question dans son discours. Ce manque de considération pour la vie des Camerounais est habituel : Mimboman, les morts dus à la pénurie d’électricité il y a encore 48 heures, les inondations de l’Extrême Nord, les meurtres à Yaoundé en début 2012, le vol du bébé de Vanessa Tchatchou, le crash à Mbanga Mpongo en 2007 pour ne mentionner que quelques-uns. Nous avons un Chef d’Etat qui a l’habitude soit de ne rien dire, soit de réagir très tardivement quand les Camerounais meurent, parfois par la responsabilité de l’Etat ! Cette omission dans son discours du 10 février 2013 ne fait que le confirmer et témoigner de la faible importance de nos vies à ses yeux.
Notre visite à Mimboman nous a encouragés et revitalisés. Nous étions face à des Camerounais profondément préoccupés par l’aménagement de leur quartier, profondément préoccupés par leurs vies. Le CPP a élaboré un plan pour travailler avec eux dans le moyen terme pour aider à nettoyer et sécuriser leur quartier, aider à obtenir ce qui leur revient de droit du gouvernement local et national, aider à leur permettre de retrouver leur capacité à agir pour eux-mêmes.
Il est important de mentionner que les menaces auxquelles ils ont fait face de la part de l’autorité administrative devant nous ont continué après notre départ. Aujourd’hui certains habitants du quartier ont peur de travailler avec le CPP pour des questions qui concernent leur bien être ! Heureusement il y en a qui n’en ont cure et continuent le travail pour l’ensemble.
En ce qui concerne les violences faites aux femmes dans notre République,
Paul Biya n’en a jamais fait la moindre de ses préoccupations. En dehors des meurtres à Mimboman cette année, il convient de rappeler qu’en début 2012 une cinquantaine de jeunes femmes ont été violées à Soa, Vanessa Tchatchou révèle les circuits de trafic d’enfants dans nos hôpitaux et selon les études la violence conjugale touchent environ 40% de femmes camerounaises. Cependant, aucune loi n’adresse ce phénomène de manière spécifique, aucune disposition n’est prise par la loi pour collecter des statistiques réelles sur cette occurrence. La sécurité des femmes, comme celle des hommes, au Cameroun ne figure pas parmi les priorités ni du Chef de l’Etat, ni de son gouvernement.
Le CPP saisit cette occasion pour rappeler aux citoyens/nes camerounaises que le Cameroun ainsi que l’ensemble de ses richesses nous appartiennent à tous et sont suffisantes pour garantir notre sécurité, santé et bien-être global. Il nous appartient de nous lever et de tout faire pour obtenir ce qui nous revient de droit.