Une fois de plus, nous observons la non-participation de Paul Biya aux travaux du 21ième sommet de l’Union Africaine marquée cette année par la célébration du cinquantenaire de cette organisation sensée incarnée et opérationnalisée le rêve de l’unité africaine.
Cela ne nous étonne nullement parce que cette absence est une énième manifestation d’une approche des questions africaines qui, si elle n’est pas méprisante est loin d’être à la hauteur des enjeux et des défis de développement du continent africain.
C’est une habitude chez Paul Biya qui préfère aller dans les grands sommets organisés par les puissances occidentales ou asiatiques au lieu de prendre une part active dans les débats et les propositions qui accompagnent ou structurent les efforts d’intégration au niveau continental.
Il ne croit pas que ces rencontres soient décisives et on ne se souvient d’ailleurs pas que notre pays, sous sa présidence, ait porté une quelconque initiative d’envergure au niveau africain.
Ce n’est pas un hasard si l’influence et la voix du Cameroun sur la scène internationale ne font que décliner.
Paul Biya, par cette attitude, demeure l’incarnation de ce leadership africain qui aura plombé le décollage des institutions sous régionales et continentales africaines car prisonnier du paradigme du « meilleur élève français » dévoilé lors d’une visite en France.
Et pourtant, notre pays, par ses caractéristiques géographiques, humaines, linguistiques et son histoire est une véritable Afrique en miniature pouvant jouer un rôle plus éminent sur la scène internationale africaine.
Nous avons simplement besoin d’un autre leadership aux antipodes de celui qu’incarne actuellement Paul Biya.
Franck Essi