Emploi des Jeunes au Cameroun: Nos gouvernants ne sont pas à la hauteur du défi de l’emploi !

Le 10 février dernier, le Président de la République du Cameroun, dans son traditionnel discours à  la jeunesse s’est dit satisfait devant les résultats « positifs » de son gouvernement sur la question de l’emploi des jeunes. Il a annoncé  la création de 226.000 emplois en 2013 et a promis 250.000 emplois pour l’année en cours. Face à ce qui semble être une imposture de plus, les réactions des Camerounais ne se sont pas faites attendre. Pour l’essentiel de la presse et pour la majorité des populations, ces allégations sont mensongères et n’ont rien à voir avec la réalité. La gravité  de la situation du chômage chez les jeunes et du sous-emploi au Cameroun ne saurait susciter une quelconque satisfaction à moins que l’on ne soit véritablement inconscient de l’ampleur du fléau. Au contraire, la situation est suffisamment inquiétante et nécessite que l’on s’y penche sérieusement pour y apporter des solutions concrètes et durables.

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© Fond National de l’Emploi

Un environnement peu favorable à l’emploi !

Avec un système éducatif inadapté aux contraintes socio-économique, un climat des affaires défavorable à la création et à l’épanouissement des entreprises et une sous exploitation criarde de tout notre potentiel, la recette est tout faite pour des performances catastrophiques du régime en place face au problème du chômage et du sous emploi.

Les chiffres ci-dessous sont assez éloquents et témoignent à suffisance de la fourberie qui caractérise le régime de Yaoundé :

  • 16 % de taux de chômage en 2012 selon le Minefop
  • 70% taux de sous-emploi selon l’INS et la Banque Mondiale
  • 50 % des sous employés ont un revenu inférieur au SMIG soit moins de 28 900 par mois
  • La durée moyenne du chômage est de 38,5 mois soit plus de 3 ans
  • 90, 5 % de travailleurs au Cameroun sont dans l’informel
  • 92% des jeunes qui travaillent sont dans le secteur informel
  • Les jeunes femmes souffrent encore plus de chômage selon la Banque Mondiale

 

Ces chiffres sont la résultante d’un système éducatif où les jeunes ne sont préparés ni pour le travail formel, ni pour l’entreprenariat, ayant très peu d’aptitudes en analyse et résolution des problèmes et  de faibles aptitudes en informatique. En 2009, selon le Rapport de la Banque Mondiale publié en 2012, moins de 50% des jeunes achevaient le cycle primaire pour des raisons financières. Une vraie curiosité  dans un pays où l’éducation primaire est supposée être gratuite. Toujours selon ce même rapport, un pourcentage important de jeunes quittent l’école sans maitriser les éléments fondamentaux de la lecture, de l’écriture et du calcul.  Ce qui limite fortement leur accès à l’emploi

En ce qui concerne le climat des affaires, le Cameroun s’est illustré ces dernières années par son mauvais classement par toutes les institutions reconnues qui se consacrent sur la question, avec une majorité de dirigeants d’entreprise qui manifestent une opinion défavorable vis – à vis de l’environnement des affaires. A côté de cet environnement, l’insuffisance de l’offre énergétique plombe considérablement le développement du secteur industriel et hypothèque ainsi des milliers d’emplois qui auraient pu en découler.

 

Il existe des solutions pour l’emploi jeune

On peut classer les chercheurs d’emploi en trois catégories principales. La première catégorie est celle composée de ceux qui n’ont pas achevés le cycle primaire. Ceux-ci ont peu de qualifications formelles et ne possèdent pas les aptitudes de base en lecture et calcul. La seconde, est celle ayant appris un métier sur le tas, dans les domaines de l’artisanat et de la technique. La troisième catégorie, est celle des jeunes qui possèdent un diplôme d’étude général ou professionnel. Pour chacune de ces catégories, l’approche en termes de solution pour l’obtention d’un emploi est spécifique. Il est important de mettre en place une stratégie de l’emploi qui prenne en compte ces différentes catégories et qui permet  aux jeunes de chaque catégorie d’être mieux outillés dans leur quête de l’emploi.

Cela passe par les mesures suivantes :

  • L’accroissement de l’offre d’emploi jeune

Il s’agit de favoriser l’accès massif des jeunes à des emplois viables en vues d’une création de richesses durables à travers :

  • La facilitation de la création, du développement et de la compétitivité des PME/PMI portées par les jeunes
  • La stimulation  des activités de construction d’infrastructures à haute intensité (routes, centre de santé, écoles, points d’eau, etc.) au niveau national et dans les collectivités territoriales qui pourront être réalisées par une d’œuvre abondante.
  • La mise en adéquation de la demande d’emploi

Il s’agit de permettre aux jeunes d’être mieux outillés dans la recherche d’un emploi et d’améliorer la qualité des informations diffusées par les demandeurs d’emploi.

C’est possible grâce à :

  • La formation massive des jeunes en informatique dans le système scolaire avec un projet « Un Etudiant un ordinateur, Un Elève, un ordinateur » et un projet de formation en informatique dans l’ensemble des municipalités.
  • La planification rigoureuse de l’offre de formation en fonction des tendances et perspectives sociales et économiques nationales.
  • L’organisation de cours d’aide à la recherche d’emploi tant dans le système éducatif formel que par des structures de formation continue
  • La mise sur pied d’un Programme d’enseignement de la seconde chance pour les jeunes désœuvrés sans qualification
  • La mise en place de systèmes / cadres de validation des compétences pour améliorer la qualité des informations communiquées par les demandeurs d’emploi
  • La mise en place d’un système de validation et d’homologation des compétences des jeunes ayant suivi un parcours « moins scolaire »
  • Amélioration du fonctionnement du marché de l’emploi

Il est question à ce niveau, d’établir une meilleure correspondance entre les besoins des demandeurs et des offreurs d’emplois par :

  • L’amélioration du fonctionnement des structures d’intermédiation :
    • Meilleure diffusion des informations sur les offres d’emploi
    • Augmentation du rythme et de l’offre de formation pour des structures telles que le FNE
  • L’organisation par les communes des « Job Fair » (Foire de l’emploi)
    • Rencontre des demandeurs et offreurs d’emplois
    • Echanges d’informations
  • Recrutements sur place
  • Amélioration de la législation et de la régulation en matière d’emploi

Ici, il est question essentiellement de favoriser le travail décent à travers :

  • La création d’un contrat d’apprentissage :
    • Contrat à durée déterminée de 1 à 3 ans
    • Nombre d’heures de formations variant de 400 à 750 heures par an
    • Accompagnement garantit par un professionnel ou « moniteur d’apprentissage »
  • Le respect strict de la réglementation régissant les salaires
    • Possibilité donnée aux travailleurs de signaler de façon anonyme aux inspections du travail les manquements au droit du travail
    • Lutter contre la précarisation des emplois et le phénomène des travailleurs pauvres
    • Veiller à l’affiliation effective des travailleurs au système de sécurité sociale
  • La redynamisation des inspections du travail

Possibilité légale de faire des descentes impromptues dans les lieux de travail

  • Mettre l’économie informelle au centre de notre stratégie de croissance

Il s’agit ici de reconnaître l’importance et la contribution de l’économie informelle à la croissance du pays et d’élaborer une stratégie pour développer les entreprises de l’informelle afin qu’elles puissent croitre et convertir leur emplois précaires en emplois stables et décents.  Cette stratégie aura pour objectif la transition progressive de l’informelle vers le formelle et comprendra des étapes clés :

  • La formation continue adaptée aux besoins des différents secteurs de l’économie informelle
  • L’accompagnement technique des entrepreneurs de l’informel
  • L’accompagnement financière des entreprises de l’informel
  • Des formules créatives permettant aux micro-entrepreneurs de l’informel de se mettre ensemble pour créer des entités plus grandes et plus viables
  • Initier un programme d’excellence

Ce programme vise à valoriser les réussites, créer l’émulation et diffuser les meilleures pratiques. Il se traduit de façon plus détaillé par :

  • Un Soutien de l’Etat aux initiatives de diffusion de la culture d’entrepreneuriat
  • Une Prime aux jeunes entrepreneurs qui réussissent
  • La Création d’un portail d’appui à la création d’entreprise et de diffusion des meilleures pratiques, de promotion des entrepreneurs jeunes à succès
  • L’instauration d’une Journée de l’Entreprenariat qui sera célébrée dans les municipalités
    • Séminaires et ateliers de formation
    • Récompenses des meilleures initiatives

Vulgarisation des meilleures pratiques  en matière entrepreneuriale au Cameroun, en Afrique et dans le monde.

La mise en place d’un programme de cette envergure requiert une nouvelle dynamique constituée de nouvelles personnes avec une nouvelle manière de voir les choses. Le système en place, avec le fonctionnement qui le caractérise ne saurait être à la hauteur d’un tel défi. Pour que cette politique soit mise en œuvre, le renouvellement de la classe dirigeante dans notre pays est un préalable. Il s’agit d’apporter des reformes au niveau du système de gouvernance, de mener une véritable révolution au sein de notre administration publique, d’opérer un changement d’optique de la politique économique dans notre pays. Tout ceci n’est possible qu’à travers un nouveau leadership, jeune, enthousiaste et visionnaire  qui a de l’ambition pour le Cameroun.

Il est important pour les jeunes de se mobiliser et d’agir en faveur de ce changement. Cet appel, le Cameroon People’s Party ne cessera pas de le faire à l’endroit de la jeunesse de notre pays. Nous le ferons jusqu’à ce que cette génération puisse prendre en main ses responsabilités. Parce que si elle ne le fait pas, personne ne le fera à sa place. Osons ensemble inventer un autre avenir pour notre belle nation !

Pour le Cameroon People’s Party

Le Secrétaire général

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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