Pourquoi le Chef de l’Etat ne signe-t-il pas les décrets d’application de la loi relative à la déclaration des biens et avoirs

Ce n’est pas un hasard si le Chef de l’Etat ne signe pas les décrets d’application. Ce n’est qu’une illustration de la nature du système gouvernant actuellement le Cameroun : un système kleptocratique spécialisé dans le détournement des avoirs publics à des fins personnelles en vue du renforcement des positions sociales, économiques et politiques.  Cela illustre bien l’absence de volonté politique au sommet pour mettre fin aux dérives d’une « élite » dirigeante foncièrement corrompue et incapable de résoudre les problèmes réels des Camerounais / es. Cette situation traduit aussi un réel mépris de la Constitution et du Peuple Camerounais. Elle démontre que les slogans « rigueur » et « moralisation » sont bel et bien des slogans creux, vides, rappelés en trompe l’œil mais non suivis d’actes conséquents et efficaces. Au regard de la persistance et de l’amplification de la corruption et des détournements, on est fondé à affirmer que le maintien d’un faible dispositif de prévention des faits de corruption participe d’une logique de gouvernance par l’embuscade. Le Président serait dans une logique politique d’assujettissement des ambitieux se traduisant en amont par la facilitation des actes délictueux, et en aval par la menace d’une épée de Damoclès sur la tête de quiconque voudrait devenir khalife à la place du khalife. Nous pensons que l’application de la déclaration des biens sous Paul Biya ne verra jamais le jour car elle reviendra littéralement à se faire hara kiri.

Ce qui peut changer avec l’application de cette loi ?

La sagesse africaine nous enseigne l’exemple vient d’en haut et que le poisson pourrit par la tête. En plus, quand on sait que c’est le leadership  qui détermine l’attitude du membership, il est plus qu’évident que cela aura des effets sur les habitudes et les pratiques des gouvernants camerounais. En premier lieu, la pression que va exercer la Commission de déclaration des biens et services va réduire les réflexes d’enrichissement rapide et effréné. Deuxièmement, si cette commission se voit dotée de moyens réels de suivi et de contrôle de la fortune des responsables publics, on peut espérer une réduction de la vitesse et des montants détournés. Troisièmement, l’application de cette loi suppose logiquement qu’en cas d’enrichissement illicite, les contrevenants pourront se voir demis de leurs fonctions et poursuivis immédiatement jusqu’au recouvrement des sommes détournées.

Cependant, il convient de souligner que son application est nécessaire mais pas suffisante pour nous garantir un recul significatif de la corruption et des détournements. Il est aussi nécessaire de sanctionner effectivement tous ceux et celles mis en cause par les autres organes de lutte contre la corruption selon un timing qui ne soit pas celui du Prince mais de la loi. Enfin, il convient aussi de sévir contre des acteurs/trices situés à des niveaux de responsabilité inférieurs mais responsables de hauts faits de corruption et de détournements de fonds.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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