L’impact des mesures de baisse des prix du carburant à la pompe

Suite à la baisse du prix du carburant ( 20 FCFA sur le super et 25 FCFA sur le gasoil) j’aimerais savoir quel peut être l’impact de cette baisse sur les coûts du transport, sur le panier de la ménagère et les autres services? 

Franck Essi: Cette réduction est trop faible pour inciter les transporteurs à revoir à la baisse les prix qu’ils pratiquent. Il est presque certain qu’il n’y aura pas de répercussion sur les prix des transports intra et interurbains.

A partir du moment où il n’y a pas d’impact sur les transports, il est clair que les prix des autres denrées alimentaires et autres éléments tels que les logements ne vont pas baisser.

Dans le meilleur des cas, quelques camerounais qui ont des véhicules et qui consomment en grande quantité du carburant connaitront une très légère baisse de leurs dépenses. Mais cette légère n’est aucunement comparable aux autres coûts incompressibles dus à une hausse généralisée des prix. Ce d’autant plus que parmi les déterminants des prix des transports, on peut citer l’entretien et les frais de réparation du véhicule, le contrôle routier, les salaires des conducteurs, les impôts et les taxes directes et le coût du mauvais état de la route.

Il en résulte que le panier de la ménagère ne connaitra pas d’incidence positive de cette baisse car les autres voyants s’annoncent rouges pour ce qui concerne les autres denrées de première nécessité.

Contrairement à la dernière hausse opérée en 2014, pensez-vous que cette baisse est significative ou importante? 

Franck Essi: A titre de rappel, en 2014, nous avons assisté à des hausses respectives de 81 frs et 80 frs des prix du litre du super et du gasoil. Une baisse de 20 à 25 frs n’est pas significative et n’aura pas d’impact sur les prix des transports. Pour un usager qui utilise environ 50 litres par  semaine, il va gagner au plus 1000 par semaine soit 4000 frs par mois. Pour un taxi, les estimations vont à 8 400 frs de gains si on suppose une consommation de 15 litres par jour.

Il reste une perte de 60 frs / litre qui n’est toujours pas compensée. Ce qui signifie toujours une dépense supplémentaire de 12 000 pour un usager privé et de 25 200 pour un taxi.

  1. Quelle analyse faites-vous de cette baisse? quel est le poids de cette baisse dans l’économie? qu’est ce qu’elle représente en termes de milliards de FCFA ? 

A l’échelle macroéconomique, cette baisse va certainement atteindre plusieurs milliards. Pour en avoir une idée précise,il faut avoir une idée précise du parc automobile reparti entre conducteurs de motos, véhicules privés, taxis, gros porteurs, transporteurs interurbains et transfrontaliers. A titre d’illustration, si on suppose que les motos sont au nombre de 350 000 et qu’une moto consomme 10 litres de super par jour, on a une économie de près de 2,5 milliards par an.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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