Le faste et la couverture qui accompagnent la visite de Michaelle Jean ne sont certainement pas proportionnels à ce que la Francophonie nous apporte au quotidien dans la résolution de nos problèmes. Ce faste traduit une fois de plus l’extraversion mentale de ceux qui nous dirigent. Il illustre la primauté systématiquement accordée aux instances occidentales comparativement aux institutions et évènements africains. C’est dommage. D’autant plus que la Francophonie participe d’un jeu qui ne sert pas nos intérêts fondamentaux. La preuve, c’est qu’elle accorde un satisfécit total à Elecam alors que nous savons en tant que Camerounais que notre processus électoral est très loin de satisfaire aux normes de transparence, d’impartialité et d’équité. L’exemple du voisin nigérian vient encore nous rappeler que sur le bulletin unique et la biométrie intégrale, le Gouvernement et Elecam font preuve de mauvaise foi. Dès lors, en plus de participer à légitimer des processus électoraux bancals, la Francophonie ne peut échapper à la critique d’être l’un des instruments de domination culturelle et politique de la France sur les pays africains. Le moins qu’on puisse faire est de ne pas lui accorder plus d’importance que le principe de réalisme politique nous oblige à avoir. C’est en revitalisant nos propres organisations et institutions que nous pourrons espérer nous développer en tant que Camerounais et Africains.
Franck Essi