• Journée Internationale du Travail
• NON ! A une Fête de Travail qui maintient les travailleurs dans la misère
• OUI ! Au Travail Décent pour les Camerounais/es – La Formule 3×10 du CPP
Au Cameroun, la 128è édition de la Journée Internationale du Travail se célèbre dans un contexte marqué par le chômage et le sous-emploi des jeunes, les mouvements d’humeurs observés des travailleurs des entreprises privées et de la fonction publique et le désarroi continu des travailleurs du secteur informel.
Cette situation misérable des travailleurs camerounais contribue à créer un climat social tendu et morose dans l’ensemble du pays aujourd’hui. Pourtant, des solutions pratiques et opérationnelles sont à la portée du Gouvernement.
La problématique du Travail au Cameroun peut se décliner en trois axes clés :
- La création d’emplois pour la population importante de ceux qui sont en chômage ou en sous-emploi ;
- L’amélioration des conditions des travailleurs du secteur formel, dont l’Etat est un des plus grands employeurs ;
- La reconnaissance et l’amélioration des conditions de travail du secteur informel qui emploie plus de 90% des travailleurs camerounais/es.
En ce moment où l’Etat déploie des « plans d’urgence » pour relancer l’économie, le Cameroun People’s Party rappelle 30 mesures concrètes et pratiques qui permettront de révolutionner le travail au Cameroun et créer des centaines de milliers d’emploi décents.
Axe I : Créer et faciliter l’accès des jeunes à l’emploi
- La formation massive des jeunes en informatique dans le système scolaire avec un projet «Un Elève, un ordinateur » et un projet de formation en informatique dans l’ensemble des municipalités pour des jeunes en dehors du système scolaire.
- L’amélioration significative de la formation technique avec des modules pratiques permettant aux jeunes d’être qualifiés pour un emploi directement à la sortie de l’école.
- La mise en place d’un système d’apprentissage soutenu par l’Etat, permettant aux entreprises d’offrir des stages pratiques aux jeunes et de les intégrer directement dans le monde professionnel.
- L’organisation de cours d’aide à la recherche d’emploi (Comment écrire un CV, passer un entretien d’embauche, etc.) tant dans le système éducatif formel que par des structures de formation continue.
- La mise en place d’un système de validation et d’homologation des compétences des jeunes ayant suivi un parcours technique ou dans l’informel.
- La mise en place d’un programme de jeunes entrepreneurs dans les 360 municipalités du Cameroun comprenant :
- La formation continue pour les jeunes entrepreneurs ;
- Un fonds de garantie décentralisé, gérée par des institutions privés et gouverné au niveau local avec des acteurs multisectoriels et sur la base des résultats, pour faciliter le financement des jeunes entrepreneurs ;
- L’assistance technique multisectorielle pour les jeunes entrepreneurs ;
- Le désenclavement des marchés locaux et régionaux par la mise en place des infrastructures et des moyens de transport appropriés
- La mise en œuvre d’une fiscalité adaptée pour la croissance des PMEs.
Axe II : Mettre en œuvre les réformes nécessaires pour garantir le travail décent dans le secteur formel
- Revaloriser le SMIG à un montant qui permettra aux travailleurs de pouvoir vivre décemment et qui est compétitif par rapport aux pratiques de la sous-région ; Montant qui sera arrêté après concertation des différents partenaires sociaux (syndicats de travailleurs et de patrons).
- En tant que le premier employeur du pays :
- Veiller au respect strict de la réglementation régissant les salaires ;
- Uniformiser les salaires selon le classement indiciaire dans la fonction publique ;
- Respecter les conventions et réformes signées avec les employés de la fonction publique ;
- Assurer l’accès aux soins de santé pour tout travailleur dans la fonction publique ;
- Mettre fin aux injustices de traitement entre les travailleurs.
- Reformer le fonctionnement du Ministère de Travail pour assurer effectivement les droits des travailleurs et pour garantir justice aux employeurs
- S’assurer de l’affiliation effective des travailleurs au système de sécurité sociale
- Effectuer un travail minutieux pour réformer les grandes entreprises issues de l’époque coloniale afin de s’assurer que celle-ci respectent les droits des travailleurs.
- Etablir un partenariat entre l’Etat et les entreprises pour accompagner celles-ci vers la croissance des PME et garantir des emplois décents en leur sein.
- Reconnaître, renforcer et soutenir le droit à la syndicalisation et aux activités des syndicats.
Axe III : Formaliser progressivement l’économie informelle et transformer les emplois de ce secteur en travail décent
Il s’agit de :
- Mettre en œuvre un programme intégral qui permet aux entreprises de l’informel d’accéder à des avantages économiques et sociaux dans un processus de formalisation :
- Mettre en place un programme de formation continue sur le territoire national adaptée aux besoins des différents secteurs de l’économie informelle ;
- Procéder à l’accompagnement technique des entrepreneurs de l’informel ;
- Procéder à l’accompagnement financier des entreprises de l’informel ;
- Réduire les coûts et le temps nécessaires pour obtenir des documents administratifs.
- Renforcer et respecter l’action syndicale pour mieux défendre les intérêts des travailleurs de l’informel.
- Etablir une plateforme de dialogue permanent et crédible entre les associations de travailleurs du secteur informel (bendskinneurs, callboxeurs, commerçants, etc.) et l’Etat.
- Initier des formules créatives permettant aux micro-entrepreneurs de l’informel de se mettre ensemble pour créer des entités plus grandes et plus viables.
- Mettre en place une véritable stratégie de modernisation des marchés avec des infrastructures appropriés (toilettes, comptoirs modernes, chambres froides, espaces de stockage, petites unités industrielles de transformation, etc.).
- Faciliter les procédures d’exportation vers les pays de la sous-région .
- Mettre en place une fiscalité approprié qui permet la formalisation progressive.
Voici 30 mesures concrètes et opérationnelles qui pourraient inspirer notre gouvernement au moment où il prétend mettre en place un « plan d’urgence » sur la croissance économique au Cameroun. Le socle de toute économie est le travailleur. Il n’y aura guère de croissance durable sans travail décent au Cameroun.
Pour le Cameroon People’s Party
(è) Franck Essi
Le Secrétaire Général