Ce qui justifie la sous-consommation du budget d’investissement public

La sous consommation du budget d’investissement public peut s’expliquer par plusieurs raisons :

  • Au niveau de la préparation du BIP, on constate de manière récurrente la faible capacité de maîtrise d’ouvrage des projets qui limite sensiblement la qualité de la planification des projets d’investissement.
  • Au niveau de l’exécution du BIP, le faible rythme s’explique par l’insuffisante maturité organisationnelle en management de projet des administrations publiques centrales et locales.

De manière générale une pléthore de raisons supplémentaires s’ajoute aux précédentes pour expliquer la situation actuelle. On peut citer entre autres :

  • Des processus d’acquisition interminables,
  • La mauvaise coopération entre les ministères,
  • La faible capacité de gestion des projets,
  • L’absence de responsabilités clairement définies,
  • Les faibles capacités des commissions des marchés,
  • L’absence de mécanisme de suivi centralisé,
  • La conception peu rigoureuse des projets,
  • La faible appropriation politique,
  • L’absence de mesures incitatives basées sur les performances
  • Les défaillances des opérateurs en charge d’exécuter les différents projets.

 

Comment y remédier ?

Il y a des améliorations qui relèvent du niveau central et d’autres qui concernent les acteurs locaux de l’exécution du BIP ;

Au niveau central, il faudrait s’améliorer sur :

  • Les mesures de facilitation de l’exécution de la commande publique. Elles se résument dans l’accompagnement des maîtres d’ouvrage et des autorités contractantes en vue de la maturité des projets, préalable à la passation des marchés et une bonne programmation de ceux-ci afin de pouvoir lancer les appels d’offres dès le mois de janvier.
  • Le niveau d’appropriation par les différents intervenants des procédures et méthodes de maturation des projets. Des outils existent et on doit s’assurer que les intervenants se les approprient effectivement.

Aux niveaux central et local, il y a urgence à :

  • Relever le niveau de maitrise d’ouvrage de de tous les organes de l’Etat. En d’autre terme, il s’agit d’améliorer la capacité des organes de l’Etat à s’assurer par tous les moyens appropriés de l’identification, la sélection, la planification, l’exécution, la surveillance et le contrôle ainsi la clôture d’un projet d’investissement dans les meilleures conditions de contenu, de coût, de délai et de qualité.
  • Mettre fin à l’indiscipline budgétaire. L’argent affecté originellement à une ligne de dépense ne doit pas être systématiquement ou régulièrement détourné vers une autre en cours d’exercice.

Aux niveaux local et central, il est impératif de :

  • Opérer la mutation vers une administration de développement. Ceci passe par :
    • Mettre les agents de l’Etat au travail. Instaurer la logique de la performance en donnant systématiquement des objectifs et en évaluant la performance des agents.
    • Instaurer la gouvernance axée sur les résultats en utilisant de manière effective et systématique les feuilles de route. Après évaluation, prendre des mesures qui s’imposent en terme d’ajustement fonctionnels, organisationnels et du personnels des administrations publiques.
  • Réduire drastiquement la corruption et les détournements de fonds publics. On peut y arriver en agissant sur les axes suivants :
    • Rendre publics, réguliers et systématiques les résultats des enquêtes des différents organes en charge de la prévention et de la détection des faits de corruption ou de détournement de fonds publics.
    • Sanctionner effectivement et sans délais toutes les personnes identifiées par les organes de répression de la corruption et du détournement.
    • Démissionner toutes les personnes sur qui pèsent des soupçons de corruption ou de détournement. Notamment tous les responsables interpellés par la justice (tribunal criminel spécial).

Ainsi on constate que la faible exécution du budget d’investissement public révèle un problème structurel de nos administrations publiques. La résoudre revient à traiter la question des capacités des ressources humaines, des règles et systèmes de fonctionnement ainsi que de la culture de travail qui y règnent. En dehors de ces éléments, les opérateurs privés choisis ne sont toujours pas en mesure d’exécuter les cahiers de charge auxquels ils se sont engagés.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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