Le marché de l’emploi et les mécanismes de recrutement au Cameroun

Quotidien de l’Economie: Quelle lecture faites-vous des différents mécanismes (FNE, cabinet de recrutement…) mis sur pied au Cameroun pour trouver l’emploi aux jeunes ?

Franck Essi : Il faut d’abord noter que le marché de l’emploi au Cameroun a vu l’apparition de plusieurs  structures qui jouent le rôle d’intermédiation entre les demandeurs et les pourvoyeurs d’emploi. On observe des structures publiques telles que le Fonds National de l’Emploi et des structures privées telles que les différents cabinets ayant pignon sur rue.

Les missions, les moyens et les modes d’intervention des structures publiques et des unités privées opérant dans ce secteur ne sont pas exactement les mêmes.

Du côté public, avec le FNE notamment, l’ambition et les moyens d’accompagnement des chômeurs se veulent plus importants et plus diversifiés. Il s’agit d’aider sur plusieurs plans les chercheurs d’emplois à parfaire leur formation, à trouver un emploi ou à lancer une activité génératrice de revenus susceptible d’assurer une certaine autonomisation sociale.

Du côté privé, la focalisation est beaucoup plus faite sur les questions de placement pour des emplois d’intérim ou des emplois directs. La formation ou la mise en adéquation du demandeur d’emploi se veut plus axée sur la satisfaction des besoins d’entreprises spécifiques et ce, après une sélection préalable des candidats ayant satisfaits à certains critères.

Les structures privées comme publiques d’intermédiation sur le marché de l’emploi ne sont pas connues par la majorité des demandeurs d’emploi. Même si on observe une croissance du nombre de ceux qui y ont de plus en plus recours, suite aux différentes campagnes de communication et d’organisation de la société civile spécialisées sur les questions de jeunesse, ces structures peinent à satisfaire les besoins en information, en accompagnement et en insertion socio-professionnelle des jeunes.

Quotidien de l’EconomieQue pensez-vous de l’apport des agences de recrutement ou portails de recrutement comme  Overjob,  emploi service, dans la lutte contre le chômage ?   Sont-elles  à votre avis fiables?

Franck Essi : Ce sont des outils supplémentaires qui ont le mérite, par la technologie et les réseaux sociaux, de rapprocher les demandeurs d’emplois des pourvoyeurs d’emplois. Ce sont des outils d’avenir qui doivent être intégrés par tous les intervenants sur le marché du travail. Ils offrent des possibilités de réduction des coûts aussi bien pour les chercheurs d’emplois que pour les entreprises en mettant des mécanismes en ligne de souscription aux offres. Ils sont des leviers supplémentaires qui réduisent les barrières physiques en permettant à l’information de circuler plus rapidement et plus efficacement dans un sens comme dans l’autre. Mais en raison de la fracture numérique que nous connaissons au Cameroun, une grande majorité de personnes ne sont pas encore familiarisées avec ces modes de recherche de l’emploi. En effet, selon la banque mondiale, seulement 6,4% de la population avait accès à internet en 2013 contre 5,7 % en 2012 et 5,0% en 2011.

On peut cependant se réjouir du fait que les nouvelles vagues de demandeurs d’emploi éprouveront de moins en moins cette difficulté parce que plus familiarisées avec l’outil informatique et le cyber espace.

Pour ce qui concerne la fiabilité, nous ne disposons pas d’éléments pouvant nous permettre d’en apprécier la proportion. Pour le savoir, il serait intéressant de mener une enquête qui permette d’évaluer le professionnalisme et la qualité des process derrière les sites qui sont en ligne. Il faudrait également collecter et analyser les données sur les résultats obtenus par ces différents sites. Enfin, on ne saurait apprécier la fiabilité sans recueillir les avis de ceux qui y ont recours, à savoir les demandeurs et les pourvoyeurs d’emplois.

Quotidien de l’Economie: Michel Ange Angouing  en charge  de la fonction publique vient de rendre public une série de textes portant ouverture de concours directs ou d’entrée dans les écoles de formation donnant accès à la Fonction publique camerounaise.  1500 postes  sont à pourvoir au total. Que vous suscitent ces différents  concours ?

Franck Essi : Ces concours n’ont rien de nouveau ou d’inédit par rapport à la politique traditionnelle de recrutement dans la fonction publique. Il faut se rappeler  que la fonction publique ne comptabilise au plus que 270 000 de personnes au Cameroun. Et pourtant, la population à la recherche d’un emploi est estimée à plusieurs millions de personnes. C’est une évidence que l’Etat entendu comme l’ensemble des administrations centrales, déconcentrées et décentralisées ne peut pas résorber les besoins en matière d’emploi. Le rappeler n’est utile que pour réaffirmer l’urgence impérieuse de créer les conditions qui permettront l’émergence de plusieurs vagues d’entrepreneurs dans les nombreux et divers domaines inexplorés de notre économie. Les pays qui s’en sortent le mieux en la matière se caractérisent par des économies dynamiques et diversifiées, au sein desquelles les entrepreneurs ont créé, en quantité et en qualité, des unités de production de biens et services robustes.

De telles annonces, si on doit y prêter attention, ce serait dans le but d’analyser la qualité des emplois proposés et l’impact sur la réduction quantitative de la demande d’emploi globale. Ce qui, comme on le sait, reste, de l’avis de tous très peu significatif.

On note également qu’en raison de la disproportion criarde entre la demande et l’offre d’emploi, les recrutements par les concours restent malheureusement l’objet de toutes sortes de biais causés par la corruption, le marchandage et le népotisme. Cette annonce n’est pas forcément perçue par les potentiels bénéficiaires comme un jeu dans lequel les variables objectives de la compétence et du mérite s’imposent devant ceux du piston ou de l’argent. Ici malheureusement, le peu de fiabilité du processus décourage plus d’un.

Quotidien de l’Economie: Est-ce que le chômage des jeunes n’est pas dû au fait que nombre d’entre eux choisissent des filières professionnelles qui ont peu de débouchés au Cameroun ?

Franck Essi : Il y a effectivement un gros problème d’orientation au Cameroun. Ce problème ne commence pas à l’université, après le bac. C’est une question qui doit être traitée le plus tôt possible dans le cursus académique. Nous pensons qu’il est de ce fait urgent de renforcer notre système d’orientation aussi bien qualitativement que quantitativement.

Rappelons également que l’orientation des élèves ne peut se penser sans une  réforme profonde de l’école. Si nous continuons avec un système qui ne prépare pas les jeunes à affronter le monde tel qu’il nous apparait aujourd’hui, c’est-à-dire dynamique, agressif et compétitif, nous avons d’avance perdu la bataille de l’emploi et du développement. Si nous ne redéfinissons pas notre école en fonction d’une vision forte, précise, endogène et réaliste de notre développement, nous-mêmes et nos enfants seront perdus.

Les élèves n’ont très souvent que le choix des possibilités créées par l’Etat. Si les cursus sont obsolètes du fait d’une vision dépassée, de contenus archaïques et d’enseignants mal formés, démotivés et aux outils pédagogiques inadaptés, comment pouvons-nous nous attendre à autre chose que le règne de la désillusion ?

D’autre part, il convient de rappeler des idées simples dont l’application doit nous permettre de sortir de l’ornière. Si l’objectif est le développement dans les délais les plus rapides possibles, il faut une vision qui en précise le sens et en fixe les modalités. Il faut des politiques qui permettent de créer les conditions les plus favorables à l’émergence et au déploiement des agents de ce développement. Pour un pays comme le Cameroun, on devrait avoir une école qui permet de résoudre les challenges suivants :

  • Développer la masse critique de compétences nécessaires dans les secteurs qui offrent le plus d’opportunités et dans lesquels nous avons un avantage compétitif naturel ou acquis.
  • Développer et promouvoir les talents qui existent en offrant des formations adaptées et des moyens de s’en sortir à tous/es.

Au lieu de former des personnes corvéables à merci, en quête de la moindre possibilité de travail, il va nous falloir inventer, à travers l’école, des créateurs de valeurs et de richesses. Le type de personnes dont une économie comme la nôtre a besoin, ce sont des personnes armées d’un savoir qui permet de contribuer concrètement à solutionner des problèmes majeurs que nous rencontrons dans la société.

Ce sont ces idées forces qui permettront de bâtir une école au service du développement économique.

Quotidien de l’Economie: La perte de temps et d’argent dans le processus de recrutement, ainsi que les pressions exercées sur les recruteurs par des recommandations abusives font partie des maux qui gangrènent l’emploi au Cameroun ;  Comment faire pour mettre fin à ces obstacles ?

Franck Essi : Ces maux, vous avez raison de le dire, gangrènent le fonctionnement efficace et efficient du marché de l’emploi. Ils introduisent de nombreux biais dans le mécanisme de l’offre et de la demande. A ce titre, ils incitent les agents à développer des stratégies d’adaptation car ces derniers, animés par la rationalité de la survie, se sentent obligés de s’engouffrer dans les voies d’action qui s’imposent à eux. L’essentiel étant de parvenir à sortir de la précarité en décrochant un emploi.

Pour réduire ces biais, il faut déjà en rappeler les causes. Parmi les plus importantes, on peut citer la faiblesse relevée dans les processus de recrutement mis en place aussi bien par les cabinets que les entreprises qui recrutent. Quand ce sont les entreprises qui recrutent, la cause fondamentale vient du fait qu’il n’existe pas souvent de processus plus ou moins formalisé sur la base de critères objectifs et rigoureux,  ce qui ouvre la porte à toutes sortes de décisions subjectives.

Quand ce sont les cabinets qui recrutent, c’est en réalité les standards que leurs fixent les entreprises clientes qui influenceront véritablement la qualité de leur processus. Lorsque l’acheteur final a des critères de qualité bas, il en découle nécessairement une sélection des ressources bancale.

Les autres phénomènes tels que le tribalisme, la corruption et autres biais sont des causes secondaires par rapport aux insuffisances des outils et processus de recrutement mis en place.

Pour réduire un tant soit peu ces obstacles, il est plus qu’urgent d’agir à deux niveaux.

Au niveau de l’Etat, qui joue le rôle de régulateur, il est nécessaire d’inciter les différents agents intervenant sur le marché de l’emploi à adopter les bonnes pratiques. On peut pour ce faire créer des formes de récompenses fiscales ou autres pour des entreprises qui adoptent et mettent en œuvre effectivement des processus de recrutement standards et normalisés. On peut également renforcer les mécanismes de veille et de collecte des plaintes des personnes  qui s’estiment victimes des biais décriés dans le processus.

Au niveau des entreprises et des cabinets de recrutement, l’autorégulation doit d’abord et surtout être de mise. En recrutant le personnel qui n’est pas performant, elles paient un coût d’opportunité énorme. Elles se privent des ressources qui leur permettront d’optimiser leur performance commerciale et leur rentabilité. Si elles ne le font pas, ce sera à leur dépend car la concurrence, plus que jamais, est devenue mondiale et impitoyable.

Quotidien de l’Economie: Ne doit-on pas plutôt revoir l’ensemble des mécanismes qui permet aux populations de trouver un emploi ?

Franck Essi : C’est clair qu’il faut reformer profondément le fonctionnement de notre marché de l’emploi. Pour y arriver, il faut d’abord que nous ayons une vue réelle et régulièrement actualisée de notre marché de l’emploi. Quels sont les données que nous avons sur le nombre de demandeurs d’emplois ? Sur les leurs caractéristiques ? Sur les entreprises ? Sans ces informations de base, difficile de s’attaquer réellement au phénomène. Ensuite, vient la question des procédures et processus mis en place pour permettre à l’information sur la demande et l’offre d’emplois de circuler à la vitesse souhaitée.

Pour nous résumer, améliorer les mécanismes permettant de trouver de l’emploi au Cameroun revient à agir sur quelques-uns des leviers suivants :

  • La collecte et le traitement des données sur la demande et l’offre ;
  • Les systèmes d’information permettant de diffuser l’information dans un sens comme dans l’autre ;
  • Les capacités des différents agents à se servir des sources d’information existante ;
  • Les procédures à respecter pour faciliter la rencontre entre l’offreur et le demandeur d’emplois.

Ce sont des chantiers qui demandent que la plupart des entreprises se mettent à l’heure de la e-communication et que les administrations en charge de la régulation fournissent en permanence le soutien qui facilite toutes ces mutations.

Quotidien de l’Economie: Selon les statistiques officielles, le pays affiche un taux de chômage qui avoisine les 15% en constante augmentation depuis 5 ans. Que doit-on faire pour redresser la barre ?

Franck Essi : C’est une question vaste. La problématique de la réduction durable du chômage est liée à celle de la croissance de l’économie et plus largement à la stratégie de développement du pays. Elle implique, dans une perspective holistique et de long terme, de revoir les orientations économiques majeures du pays, de se doter des outils de la souveraineté monétaire et budgétaire, de reformer profondément l’administration publique, de mettre en place les infrastructures (énergie, télécommunications, routes, etc), d’améliorer le cadre des affaires, et de soutenir activement l’entreprenariat dans des secteurs stratégiques clés.

Cependant, sur les seuls aspects de la politique de l’emploi, au moins trois axes peuvent être améliorés, à savoir : la conception, les moyens et l’exécution.

Au niveau de la conception de la politique de l’emploi, il est urgent de :

  • Mieux mesurer le phénomène de chômage. Il convient de se doter d’un appareil statistique plus robuste et plus fiable. Cette institution devra multiplier et diversifier les études menées pour cerner les différents aspects du chômage et de l’emploi.
  • Donner la priorité à l’entreprenariat. L’emploi fonctionnarisé ne promeut pas le dynamisme et une société qui survalorise le fonctionnariat n’a pas la même destinée en termes de progrès et de développement qu’une autre qui valorise l’entrepreneuriat privé. Le schéma coutumier pour parvenir à booster la croissance économique (et par la même occasion l’offre d’emplois) devrait pouvoir respecter le canevas suivant : former des entrepreneurs (étape 1) qui seraient à l’origine de la création d’entreprises (étape 2) qui seraient à la base de la création de postes de travail (étape 3) ;
  • Revoir les ambitions des programmes gouvernementaux à la hausse. Il s’agit de se donner des objectifs qui permettent de toucher une partie significative de la cible visée. Des programmes tels que le pajer-u et le piassi, même s’ils atteignaient 100 % des résultats, ne concerneraient que 0,05% de la cible.
  • Faire preuve de cohérence dans l’élaboration de la politique nationale de l‘emploi. Cette cohérence doit se voir vis-à-vis de tous les documents de stratégie adoptés au niveau national et sous régional de manière à intégrer les meilleures pratiques et les recommandations des experts dans le domaine.
  • Revoir le modèle fonctionnel des programmes d’accompagnement des jeunes en réduisant le rôle des fonctionnaires. Il faut en la matière, envisager de confier le travail aux structures privées (microfinances, cabinets) qui ont plus d’expertise en la matière.

 

Au niveau des moyens et des instruments, il y a besoin d’affecter plus de ressources aussi bien à la formation des jeunes qu’à l’encadrement des entrepreneurs. Ces moyens supplémentaires peuvent aussi se traduire par la mise en place d’un fond de garantie ou d’un autre mécanisme qui puisse soutenir la recherche de financement de TPEs et PMEs n’ayant pas de garanties conformes aux exigences classiques des banques.

Enfin, au niveau de l’exécution de certains programmes gouvernementaux, il est important de réduire les faits de corruption et de clientélisme qui se greffent aux faiblesses que peuvent déjà avoir les bénéficiaires dans la conduite effective des projets financés.

Quotidien de l’Economie: Les jeunes représentent plus de la moitié de la population active, mais 55 % d’entre eux sont au chômage, selon le Bureau international du travail (BIT). Est-ce qu’on doit craindre le pire ?

Franck Essi : Si des solutions durables ne sont pas trouvées, il est clair que l’on se dirige vers des horizons de plus en plus ombrageux. Les conséquences les plus prévisibles sont la montée de l’insécurité, les émeutes comme celles de 2008 et l’augmentation des vagues de jeunes candidats à l’immigration clandestine.

Fort de ceci, le Cameroun comme la plupart des pays africains se trouve là confronté à des défis colossaux. Dans les décennies à venir, si des réformes importantes ne sont pas faites aussi bien dans les politiques économiques et sociales que sur le plan de la gouvernance, la situation à gérer sera catastrophique. C’est maintenant qu’il faut agir.

Quotidien de l’Economie: L’Etat est le premier employeur du Cameroun avec plus de 270 000 agents répertoriés sur l’ensemble du territoire national.  Y a-t-il une  possibilité d’aller au-delà de ces chiffres ? Si oui comment ?

Franck Essi : Il est toujours possible d’aller au-delà de ce chiffre. La question est de savoir si c’est souhaitable. L’Etat n’a pas vocation à absorber toute la demande d’emploi pour au moins deux raisons : il ne peut pas tout faire et n’en a pas les moyens. La vraie question est de savoir si, pour une économie comme la nôtre, au regard des objectifs de développement que nous nous sommes fixés, le chiffre de 270 000 est-il optimal ? Est-ce insuffisant ou exagéré ?

Le tout n’est pas de recruter. Il faut s’assurer que les personnes recrutées correspondent à un besoin réel de l’appareil étatique et s’insèrent dans une technostructure administrative qui permette à l’Etat d’être plus efficace et efficient dans ses interventions.

En observant de près le fonctionnement des différents organes de l’Etat, on peut être amené à penser que ce n’est pas le nombre qui fait la différence mais plutôt les systèmes, les procédures et la culture de travail qui importent plus. On peut admettre que dans certains secteurs, il y a trop de personnel tandis que dans d’autres, il y a un déficit criard. Les secteurs de la santé et de l’éducation sont des illustrations fortes des secteurs en déficit notamment.

Dans ces secteurs, il est clair qu’il faut trouver un moyen de recruter. Mais pour le faire, il va falloir trouver les ressources d’autant plus que ce sont des secteurs sociaux dont l’impact sur la croissance est indirect et perceptible à long terme.

La taille qu’un Etat fini par avoir en termes de ressources humaines dépend de la philosophie économique adoptée et des modalités de son intervention dans le jeu économique. La tendance aujourd’hui est à focaliser l’Etat sur des questions stratégiques et de régulation en vue de créer le cadre et l’environnement favorables au déploiement optimal des autres agents économiques.

Quotidien de l’Economie: Sur quoi est ce que les employeurs doivent s’appesantir pour recruter ? le savoir-faire ou les diplômes ?

Franck Essi : En principe, le diplôme est censé sanctionner un savoir et un savoir-faire. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’il y a consensus de la part de tous sur la qualité de l’école et de ses produits. En réalité, le constat de l’inadéquation entre la formation et l’emploi, a vite fait de transformer le diplôme en une présomption de savoir et de savoir-faire dont il faillait s’assurer de l’existence effective.

Dans notre contexte, il faut faire preuve de flexibilité pour regarder au-delà des diplômes et rechercher ce dans quoi le demandeur d’emploi est bon. Il faut même, au-delà des compétences, rechercher surtout la motivation et disposition à apprendre chez le demandeur d’emploi. Cela va demander à tous les employeurs de se doter d’un certain nombre d’outils permettant d’identifier les aptitudes potentielles ou avérées chez les postulants à l’emploi. Une fois ceci fait, il faudra accepter de prendre le risque et d’investir en formation dans cette jeunesse qui rêve qu’on lui donne l’occasion de faire ses preuves.

 

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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