Annonce du président de la République sur l’augmentation des allocutions familiales

Aurore Plus : Comment avez-vous accueillir l’annonce du président de la République concernant l’augmentation des allocutions familiales?

Franck Essi : Il faudrait au préalable rappeler que les allocations familiales ne concernent qu’une très petite frange de la population Camerounaise. En effet, seuls les travailleurs camerounais qui exercent dans le secteur dit formel sont effectivement inscrits à la Prévoyance Sociale bénéficient potentiellement des allocations familiales. Par ailleurs, ces allocations sont des sommes versées aux personnes ayant un ou des enfants à charge. Les travailleurs sans enfants ne sont donc pas concernés.

Pour ce faire une idée de la frange concernée, il faut savoir que les dernières statistiques sur l’emploi au Cameroun révèlent que dans les secteurs institutionnels, l’économie informelle vient en tête avec 90,4 % d’actifs occupés. On comprend aisément que plus de 9 travailleurs Camerounais sur 10 sont dans le secteur informel et donc ne sont en aucun cas concernés par cette annonce du Président de la République. Seul 1 travailleur Camerounais sur  10 est donc potentiellement concerné par la mesure, et encore, il faut qu’il soit inscrit à la CNPS et qu’il ait des enfants.

On comprend très vite que cette annonce s’adresse exclusivement à une infime partie des camerounais voire une insignifiante.

Aurore Plus : Qu’est-ce-que cela va changer dans le quotidien des camerounais ?

Franck Essi : En attendant d’avoir les données exactes sur l’augmentation de ces allocations, on peut présumer déjà que le changement ne sera pas significatif pour les ménages camerounais concernés.

D’abord que les allocations familiales ne sont pas substantielles. On évalue entre 1000 et 3000 frs cfa l’allocation par enfant et par trimestre. Dans l’hypothèse d’une augmentation de 100 % de ces dernières on voit qu’on passera de 2 000 à 6 000 frs maximum par trimestre. Ce qui n’est pas significatif au regard de l’augmentation des denrées de première nécessité.

C’est insignifiant comme soutien au pouvoir d’achat des ménages concernés.

Aurore Plus : Faut-il comprendre qu’il faut avoir beaucoup d’enfants, surtout que les populations ne comprennent pas comment cela se passe?

Franck Essi : Il n’est pas raisonnable d’avoir beaucoup d’enfants en comptant sur les allocations familiales pour pouvoir les nourrir. Si c’est le signal envoyé par le Gouvernement, c’est une erreur et une grosse illusion.

Ce qui est en jeu, ce sont les conditions de vie des populations. Ces conditions de vie sont déterminées par la quantité et la qualité d’emplois crée chaque année au Cameroun. Elles sont déterminées par l’action de l’Etat sur des postes importants de dépense des ménages tels que l’éducation, la santé, le logement, etc.

Avoir beaucoup d’enfants ne peut pas être la solution pour mieux vivre au Cameroun.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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