Si on peut comprendre que les militants du RDPC soient dans leur droit, on peut parfaitement être en désaccord avec ce qu’ils nous proposent. Ce d’autant plus que cela concerne l’avenir de l’ensemble des Camerounais/ es.
Premièrement, Il faut d’abord dire que cet appel à anticiper les élections ne correspond pas aux attentes fondamentales et actuelles du peuple camerounais. Les Camerounais / es ont du mal à s’en sortir car faisant face à des défis sécuritaires, économiques et sociaux. Leurs conditions de vie sont de plus en plus précaires. Les réponses du Gouvernement par rapport à ces problèmes fondamentaux de pouvoir d’achat, d’accès à la santé, d’accès à de l’eau potable et à l’électricité sont de loin insuffisantes.
Deuxièmement, cet appel du Ministre Atanga Nji et de ses collègues du RDPC révèlent un échec et démontrent une impasse. Echec en ce sens que l’avenir qui est proposé aux jeunes Camerounais / es correspond au passé douloureux et difficile dans lequel ils ont jusqu’ici vécus. Paul BIYA, c’est sûr, incarne le passé. Il est plus proche de la retraite que d’autre chose. Impasse parce qu’ils nous démontrent qu’il n’ya pas, au sein de leurs familles politiques un travail de préparation de l’après Biya.
Et pourtant, l’état dans lequel se trouve le Cameroun aujourd’hui commande que l’on s’arrête et qu’on engage de larges discussions devant mener à la refondation institutionnelle et politique au Cameroun. Au lieu d’appeler à une modification de la Constitution en vue d’une élection anticipée de Mr Biya, nous avons besoin d’ouvrir une transition politique dans ce pays. Une transition permettant de réécrire la Constitution, de doter le pays d’une loi électorale juste et équitable et de renforcer le pouvoir du peuple sur les dirigeants.
C’est le prix à payer pour éviter une alternance dans le chaos, la confusion et la violence. Alternance qui surviendra tôt ou tard car leur champion, Mr Biya, n’est pas éternel.
Franck Essi