Pistes d’explication :
1. La demande reste plus forte que l’offre. Elle croit peut être de manière plus rapide que l’offre mise sur le marché par les différentes cimenteries. C’est ce déséquilibre qui pourrait expliquer que malgré les nouvelles cimenteries, le rapport entre l’offre et la demande actuels n’a pas encore atteint un nouveau prix d’équilibre à la baisse.
2. La demande croit plus vite que l’offre. Il faudrait regarder de près comment a évolué effectivement l’offre de ciment depuis que les nouvelles cimenteries se sont installées. Si cette offre reste toujours inférieure à la demande et que chacune des cimenteries arrive à écouler facilement la production actuelle, il est clair qu’il n’y aura pas d’ajustement à la baisse des prix à court terme comme c’est le cas. Ces cimenteries n’auront pas d’intérêt à une baisse des prix.
3. C’est un indicateur que l’ajustement des prix n’est pas automatique dans le passage d’un monopole à un oligopole. Les cimenteries actuelles fonctionnent comme s’il y avait un accord tacite entre elles pour ne pas descendre en dessous d’un certain niveau de prix. Ce serait une forme d’accord sur le prix qui assure à tous un minimum de marges. Cela peut être comparé, toutes proportions gardées au marché du pain où, quel que soit le nombre de boulangeries qui s’ajoutent, le prix reste inchangé, comme s’il était homologué.
C’est juste des pistes. Il faudrait, pour avoir le cœur net, interroger les responsables des différentes cimenteries pour avoir une idée précise sur leurs stratégies commerciales. Il faudra comparer lesdites stratégies commerciales avec les données sur l’offre et la demande actuelle. Il est aussi important d’interroger le cadre légal et réglementaire du marché de la cimenterie. Enfin il faut interroger les modalités de la régulation des prix et de la qualité dans ce secteur de l’économie par les ministères concernés.