En ce 22 mars, journée internationale de l’eau, le CPP se joint à l’ensemble de la communauté nationale pour dire :
• Non au scandale de la faible desserte des populations en eau potable
• Oui à de l’eau potable pour tous / es

Etat des lieux
En effet, malgré notre formidable potentiel hydraulique les Camerounais / es dans leur grande majorité n’ont pas accès à l’eau potable. Pour preuve, 56, 1 % de la population totale du Cameroun n’a pas accès à l’eau potable dont 72, 3% de la population installée en zone rurale et 24, 9 % de Camerounais installés dans les villes.
Des millions de Camerounais / es sont touchés par des maladies hydriques telles que le choléra, l’ulcère de Buruli, l’onchocercose, le paludisme, très présents dans les bassins de la Sanaga et des fleuves côtiers, les infections parasitaires (amibiases) et les infections virales (hépatite virale, la poliomyélite) avec des fins tragiques.
En 2010, sur une dépense moyenne de santé par ménage et par mois de 7 854 Fcfa, représentant 29 % du revenu moyen évalué à 26 800 Fcfa, le poids des maladies liées à la mauvaise eau et le non assainissement, est de 70 % . La même année le montant annuel des dépenses liées aux maladies hydriques par ménage est évalué à 65 975 Fcfa.
Avec 250.000 abonnés en milieu urbain, le taux d’accès par branchement individuel ou partagé n’est que de 26%. Dans les grandes villes qui regorgent la majorité de la population, le taux de couverture en eau se situe à environ 86,2 %. Mais, le taux d’accès direct des ménages à l’eau potable demeure faible. Pour près de 226 638 abonnés en 2010, 29% de ménages seulement s’abreuvent sans difficultés du précieux liquide. Dans les zones rurales, il faut créer près de 23 462 Equivalents Points d’Eau (EPE), d’ici 2015 dans l’optique de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Le taux d’accès par branchement individuel ou partagé est de 78% au Sénégal ou 62% en Côte-d’Ivoire.
Et pourtant, notre potentiel est énorme et inexploité !
Le Cameroun détient un réseau de 408 stations météorologiques via la Direction Météorologique. Mais, à peine 10% sont fonctionnelles.
La pluviométrie varie entre 561,1 mm à Makari dans le bassin du lac Tchad à 9763,9 mm à De bundscha dans le bassin des fleuves côtiers.
Le Cameroun compte cinq bassins hydrographiques.
Les disponibilités des ressources en eau de surface sont de 267,88 km3.
Les volumes d’eau apportés par le bassin des fleuves côtiers (94,82 km3) et celui de la Sanaga (63,18 km3 ) sont les plus importants et représentent respectivement 34,51 et 23,59 % des ressources en eau de surface du Cameroun. Avec des pourcentages d’apport respectifs de 16,39 (43,91 km3 ) et 12,49 % (33,45 km3), les bassins du Niger et du Congo ont des contributions intermédiaires, la plus faible contribution étant enregistrée pour le bassin du Lac Tchad dont les ressources en eau de surface représentent 12,14 % du volume national.
Les ressources en eau souterraine du Cameroun sont estimées à 55,98 km3.
Le pourcentage de ressources en eau non exploitées sur le triangle national est estimé à 95,85 %. Dans les bassins hydrauliques, le taux de ressources en eau non exploité affiche :
– 98,5 % pour les bassins du Lac Tchad
– 81,65 % pour les bassins du Niger
– 96,27% pour les bassins de la Sanaga
– 99,94 % pour les bassins du Congo
– 99,80 % pour les basins des fleuves côtiers
En conséquence, on assiste à une sous exploitation du potentiel hydroélectrique et une sous-utilisation du potentiel hydrique aux fins agro-sylvo-pastorale.
L’eau est notre droit !
La résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies du 28 juillet 2010 relative au droit fondamental à l’eau et à l’assainissement, précise en son préambule que :
« l’Etat reconnaît que le droit à l’eau est un droit de l’homme comprenant la mise disposition d’eau potable et d’un équipement d’assainissement ».
Le texte mentionne aussi que : « L’Etat garantit à toute personne le droit de disposer gratuitement de cinquante litres d’eau potable par jour. L’Etat garantit à toute personne le droit de disposer d’un équipement assurant son intimité et son hygiène et permettant la récupération des eaux usées ».
Nous devons agir pour plus d’eau et d’électricité !
Vu l’importance que revêt l’eau dans la vie et la croissance de tout être humain, le CPP se joint au Peuple Camerounais.
TOUS UNIS, EXIGEONS :
D’un point de vue conjoncturel, les mesures d’urgence suivante :
- La viabilisation de l’existant :
Lancer un programme national d’assainissement systématique des sources actuelles d’approvisionnement des populations (puits et autres types de points d’eau) n’ayant pas accès au réseau moderne.
Donner la priorité aux zones à fort risque et à forte densité de population.
Mettre en place au niveau de chaque collectivité territoriale décentralisée un dispositif de veille et d’assainissement des sources d’approvisionnement informelles des populations en eau potable.
- La multiplication et diversification des modes de fourniture d’eau potable aux populations
Mettre en place des mesures incitatrices à la création et l’exploitation des forages d’eau.
Mettre en place des mécanismes d’assistance technique dans la création et l’exploitation des forages par les particuliers.
Mettre en place un fonds d’urgence d’appui à la création et l’entretien des forages par les collectivités territoriales décentralisées.
- La révision de la politique de l’eau dans notre pays
Prendre en compte l’eau comme secteur stratégique du point de vue du développement économique et social.
Revoir à la hausse les objectifs de couverture territoriale, de fourniture en quantité et qualité de l’eau potable d’ici 2020 dans notre pays.
Agir en fonction d’une grille de priorisation préalablement élaborée et connue de tous / es.
La décentralisation de la gestion de l’eau avec plus de responsabilités, d’initiatives et de moyens aux collectivités territoriales.
D’un point de vue structurel, la mise en place d’un dispositif pour :
- La réduction de moitié de la proportion de personnes n’ayant pas accès à une eau potable d’ici 2015 ;
- La réduction de moitié de la proportion de personnes n’ayant pas accès à un assainissement de base d’ici 2015 !
- l’accroissement de manière significative les ressources financières nationales allouées à la mise en oeuvre des activités nationales de développement de l’eau. Nous proposons au moins 0,5% du budget de chaque année.
- La réduction de moitié des frais nécessaires pour l’installation à domicile de l’eau potable c’est-à-dire à moins de 40 000 F cfa.
- La réouverture et le développement des bornes publiques non payantes sur l’ensemble du territoire.
Nous avons tout pour assurer à nos populations un accès à l’eau potable en quantité suffisante. Nous n’y parvenons pas à cause d’un système de gouvernance inapproprié, un déficit de vision et de volonté politique.
Tous unis, agissons pour obtenir les services de base auxquels nous aspirons !
Pour le Cameroon People’s Party
Franck Essi