L’heure est grave : réveillons-nous !

Il y a trois mois, une des voix les plus autorisées de ce pays, en la personne du Président de la République nous disait que nous avions, face à l’échec et l’impuissance de son Gouvernement, besoin de mettre en place un plan d’urgence.

Il y a 24 ans, au sortir du Sommet de La Baule, ce même Président nous prédisait, à l’horizon 2000, un Cameroun prospère, moderne et démocratique avec la santé pour tous !

Il y a 32 ans que Mr Biya Paul annonçait l’heure de la rigueur et de la moralisation pour le Cameroun.

Après 32 ans, nous restons un des pays les plus corrompus au monde avec un record dans le nombre de ministres et autres hauts commis de l’Etat incarcérés. Le cas du ministre des affaires secondaires, dernière « élite » à tomber dans les griffes de l’épervier en est une dernière illustration.

24 ans après le retour au multipartisme, le Cameroun reste un pays où les élections sont systématiquement contestées, la justice à bien des égards suspecte dans ses décisions et le Parlement sans aucun poids sur la marche des affaires du Gouvernement. Jamais une proposition de loi n’a prospérée ! C’est à croire que nos députés sont tous des ignares ou des tarés !

Trois mois après le discours de fin d’année, il n’y a toujours pas de plan d’urgence. C’est à croire que le temps, pour Mr Biya, n’a plus la même signification. Ou peut-être, tout simplement, le mot « urgence » n’a plus le même contenu que nous lui attribuons couramment.

Si l’on voulait une preuve supplémentaire de l’incapacité du Président de la République à changer quoi que ce soit ou à impulser une quelconque dynamique de changement, nous sommes servis !

Il apparait clairement que ce Monsieur n’a pas les solutions aux multiples défis auxquels nous faisons face. Nous avons même la certitude qu’il est clairement dépassé par la situation et que son seul projet consiste à simplement mourir au pouvoir. Et ceci n’est pas un projet intéressant pour nous autres, cohéritiers et copropriétaires de ce cher et beau pays.

 

Mr le Président Paul Biya est dans une impasse voire une prison. Il est prisonnier de son pouvoir, du cercle de courtisans et d’opportunistes qui l’entourent. Il a épuisé toutes les solutions au niveau de « son personnel politique » et n’est pas capable de nous proposer dans un nouveau Gouvernement autre chose qu’un jeu de chaises musicales. Lui qui se méfie tant des jeunes au point où, en 32 ans de règne, il n’a jamais nommé dans son Gouvernement une personne de moins de 40 ans ni reçu solennellement les jeunes, même au moment où on les célèbre : le 11 Février.

A l’heure où nous sommes rendus, en tant que pays et en tant que peuple, à la croisée des chemins, nous avons plus que jamais besoin d’un cap clair et d’une volonté forte de rassembler toutes les énergies vers l’essentiel : le développement de notre formidable potentiel pour le bien de tous les Camerounais/es.

Parce qu’affaibli par le culte et l’allégeance systématique à une personne, notre dispositif institutionnel actuel n’est pas en mesure de résister au choc des égos et des ambitions ainsi qu’aux multiples menaces visibles et potentielles qui pèsent sur sa stabilité.

Si rien n’est fait, nous courons vers la catastrophe et nous ne pourrons pas faire l’économie de troubles et de conflits dont les conséquences sont à peine imaginables.

Un pays où le seul liant entre les corps constitués est un individu, le Chef de l’Etat vieillissant, n’est pas armé pour faire face aux multiples menaces de l’intérieur et de l’extérieur qui pèsent lourdement.

Nous ne devons et ne pouvons laisser que notre pays soit l’otage d’un seul individu qui, en plus n’est pas en train de prendre les dispositions qui s’imposent pour que la transition se fasse pacifiquement et démocratiquement.

Je ne veux pas faire l’oiseau de mauvais augure et je ne projette aucun mauvais dessein pour notre pays. Dieu seul sait à quel point j’aime la vie, la bonne vie et tous les bienfaits de la stabilité ou de la paix.

Je décide d’écrire ces mots car je suis inquiet. Profondément inquiet face au spectacle auquel nous assistons et aux décisions qui sont prises. Les vrais apprentis sorciers ne sont peut-être pas ceux qu’on imagine.

 

Si nous ne faisons pas dès maintenant ce qu’il faut, nous le regretterons amèrement. Les slogans, les Vision 2035,  budget-programme, Document de stratégie pour la croissance et l’emploi ne sont qu’une fuite en avant, des horizons toujours plus lointains  que l’on nous sert sans y croire une seule seconde.

Il n’y a plus rien à attendre de Mr Biya et compagnie. Rien. Absolument rien. Plus rien. RIEN.

Il faut se réveiller. Il faut agir. Agir ensemble. Faire ce qu’il faut.

Faire ce qu’il faut. Tout un programme…

 Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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