Réaction sur la conférence économique internationale de Yaoundé

Au regard du passif et du passé de ce Gouvernement, la conférence de Yaoundé nous apparait surtout comme une opération de marketing politique et moins comme une rencontre qui va significativement impacté la dynamique des investissements directs étrangers au Cameroun.

L’attractivité ne se décrète pas mais se construit !

Le thème sous lequel ces assises se tiennent, à savoir « Cameroun, terre d’attractivité » nous rappelle qu’en matière économique, les actes parlent plus que les slogans.

L’attractivité ne se décrète pas mais se construit et se mesure avec des indicateurs objectivement vérifiables. A titre d’illustration, le Cameroun est classé en 2016 à la 178ième place du Doing Business de la Banque Mondiale sur le critère de la facilité à faire des affaires. De manière plus spécifique, il est 128ième en termes de facilité à obtenir des prêts, 113ième en termes de raccordement au réseau électrique, 180ième en termes de paiement des impôts et 118ième en termes de règlement de l’insolvabilité.

En 2015, d’après Transparency International qui mesure la perception que les milieux d’affaires ont de la corruption au Cameroun, nous étions classés 2ième pays le plus corrompu.

Nous soulignons par ailleurs que bon nombre des résolutions du Cameroon Business Forum ne sont pas mises en œuvre. C’est bien de chercher à attirer de nouveaux investisseurs, c’est encore mieux d’assainir le climat des affaires pour les anciens et futurs investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers.

Pour convaincre les investisseurs, il faut présenter des projets et des réformes solides !

D’autre part, quand on voit les échecs des projets de construction des logements sociaux, de mise en place d’une industrie sucrière à l’Est du pays et les scandales relatifs aux indemnisations du Port de Kribi, on doit se poser des questions sur les capacités de mise en œuvre de ce Gouvernement. D’ailleurs la Directrice Générale du FMI constatait l’incapacité de Gouvernement  à mettre en œuvre autant de projet en respectant les normes d’efficacité et d’efficience. Les graves retards enregistrés dans la préparation des Coupes d’Afrique des Nations  illustrent à suffisance la pertinence de ces interpellations.

Contrairement à la conférence Africa 21 organisée en 2010 et le forum des affaires Cameroun – France tenu à Paris en 2013, il faudra présenter des projets solides et des réformes concrètes susceptibles de faciliter leur implémentation.

Nous rappelons juste que certaines difficultés structurelles demeurent pour faire du Cameroun une véritable terre d’attractivité : le laxisme des autorités, la corruption endémique, le déficit énergétique et le risque politique lié à l’après Paul Biya.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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