CINQ ÉTAPES POUR UN RETOUR À L’ÉCOLE DANS LES RÉGIONS DU NORD-OUEST ET DU SUD – OUEST

Nous sommes à quelques jours de la rentrée scolaire. Les violences que l’on observe à Bamenda ces derniers jours démontrent que la rentrée scolaire, pour une quatrième année consécutive sera loin d’être sereine et effective.

C’est le lieu de s’interroger sur les voies et moyens par lesquelles une désescalade de la violence peut être obtenue en vue de permettre des avancées pour les populations en général et les écoliers en particulier.

Ci – dessous, cinq étapes proposées il y a maintenant un an, en 2019, au moment où le Gouvernement lançait sa campagne « BACK TO SCHOOL » dont on connait les résultats aujourd’hui :

1 – Engager le dialogue pour un cessez-le-feu avec tous les groupes au Cameroun et dans la diaspora qui mènent une lutte armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

2 – Engager un dialogue avec les syndicats d’enseignants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour déterminer les conditions de la reprise de l’école et la garantie d’une éducation de qualité pour les enfants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.  Cela comprendra des discussions sur des éléments tels que :

▶ La sûreté et la sécurité des élèves, des enseignants et de tout le personnel administratif.

▶  Les mécanismes pour combler l’écart de trois ans en éducation que les élèves ont connu et les divers programmes pour les mettre à niveau dans leur travail scolaire.

▶ Les mécanismes pour aborder les réformes fondamentales que les enseignants avaient mises sur la table lors des discussions en 2016-2017 et qui doivent encore être traitées.

3 –   Engager un dialogue avec tous les acteurs clés du système éducatif, y compris les organisations religieuses, les propriétaires d’écoles privées et les parents, afin de déterminer toutes les étapes clés et les éléments concrets pour assurer le retour à l’école.

4 – Commencer la réparation et la restauration des écoles qui ont été détruites pendant le conflit des trois dernières années.

5 – Annoncer les étapes du processus visant à résoudre fondamentalement la crise anglophone. Pour le CPP et Stand Up For Cameroon, cela impliquera la fin du régime Biya afin de permettre aux Camerounais d’entrer dans une transition politique pour refonder et reconstruire notre pays.

Comme on peut le constater, ces étapes demeurent pertinentes et loin de l’approche actuellement expérimentée.

Si le gouvernement camerounais sous le régime Biya ne prend pas les mesures concrètes énumérées ci-dessus, ce sera la preuve de son manque de bonne foi dans la protection des enfants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Il incombe au gouvernement d’assurer la sécurité de ses citoyens.  Il incombe au gouvernement de veiller à ce que les enfants aillent à l’école.  Au lieu de masquer les faits et de mener des campagnes de communication, le gouvernement camerounais sous le régime Biya devrait prendre ses responsabilités au sérieux et mettre en œuvre les actions concrètes énumérées ci-dessus. 

Ne pas le faire, c’est parler pour ne rien dire qui ait un quelconque impact sur la situation critique sur le terrain.

Franck Essi, 04 Septembre 2020

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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