10 avril 1948 – 10 avril 2025 : Il y a 77 ans naissait l’Union des Populations du Cameroun (UPC), l’Âme Immortelle du Peuple Camerounais.

Par Franck Essi

En ce 10 avril 2025, jour anniversaire de la création de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), je m’incline avec émotion, respect et reconnaissance devant la mémoire de celles et ceux que j’appelle avec admiration : les Hommes et les Femmes de 48, les Ancêtres de l’Avenir.

C’est à Douala, dans un Cameroun placé sous tutelle de l’ONU mais administré par la France, que l’UPC fut portée sur les fonts baptismaux. Le contexte est celui d’une domination coloniale brutale, d’une administration répressive, d’un ordre politique qui ne tolérait aucune remise en cause, aucun écart par rapport au statu quo colonial.

Et pourtant, un groupe courageux et visionnaire d’hommes et de femmes s’est levé. Issus de toutes les classes sociales, de toutes les régions, de toutes les origines culturelles et religieuses, ils se sont retrouvés dans l’audace commune d’espérer et le courage d’oser inventer un avenir différent.

Ils ont dit NON à la colonisation, NON à l’exploitation, NON à l’humiliation.
Ils ont dit OUI à la souveraineté réelle, OUI à la dignité, OUI à la liberté du peuple camerounais.

Ils ont posé les fondations d’un projet national populaire et moderne

En fondant l’UPC, ils ne créaient pas seulement un parti politique : ils donnaient naissance à un mouvement profondément ancré dans les aspirations populaires, structuré autour de quatre objectifs fondamentaux :

  • La réunification d’un Cameroun alors divisé entre une tutelle française et une tutelle britannique ;
  • L’indépendance réelle, c’est-à-dire l’émancipation effective de toute forme de domination politique, militaire, économique et culturelle étrangère ;
  • L’élévation du niveau de vie des populations, par l’accès égalitaire à la terre, à l’éducation, à la santé et à la dignité ;
  • L’unité africaine, envisagée comme l’ultime condition de la souveraineté et de l’émancipation collective du continent africain.

Ces principes ne furent jamais de simples slogans : ils étaient la traduction concrète d’un travail militant rigoureux, profond, ancré dans les réalités sociales et politiques du pays.

Ils ont tout donné. Et le système colonial leur a tout pris, sauf l’honneur.

Face à cette aspiration populaire, la réponse coloniale fut d’une violence extrême, méthodique et d’une férocité inégalée. Massacres à grande échelle, exécutions politiques, tortures systématiques, déportations massives, calomnies, interdictions, falsification historique… L’UPC a payé le prix fort de son engagement aux côtés des populations.

Mais jamais la flamme de résistance ne s’est éteinte. Ruben Um Nyobè, le Mpodol, assassiné par l’armée coloniale française dans la forêt de Boumnyebel en 1958, est resté fidèle jusqu’à son dernier souffle. Félix Moumié, empoisonné en Suisse. Ernest Ouandié, fusillé à Bafoussam. Ossende Afana, assassiné et décapité. Marthe Moumié, morte dans des circonstances tragiques. Et tant d’autres qui ont payé de leur vie l’amour du pays et du peuple.

Aujourd’hui encore, entre fidélité et trahison : savoir distinguer les vrais héritiers

Aujourd’hui, le nom de l’UPC est souvent évoqué. 77 ans après, nombreux sont ceux qui, en quête de légitimité facile, se réclament de l’UPC. Mais toute revendication ne vaut pas fidélité. Il faut, plus que jamais, distinguer les continuateurs des fossoyeurs, les héritiers des opportunistes, les fidèles des imposteurs.

Entre ceux qui portent sincèrement la mémoire du mouvement et ceux qui instrumentalisent cyniquement cette histoire pour des intérêts privés, il y a un impératif de lucidité :

  • On ne peut pas se réclamer de l’UPC authentique tout en cautionnant les injustices.
  • On ne peut pas être héritier des hommes et femmes de 48 tout en participant aux mascarades électorales et à la répression des libertés.
  • On ne peut pas se réclamer de l’UPC tout en pactisant avec l’ordre néocolonial.
  • On ne peut pas invoquer Um Nyobe tout en trahissant le peuple.
  • L’UPC n’a jamais été un fonds de commerce politique : elle est une exigence morale et politique permanente.

Ce qui doit caractériser les véritables continuateurs de l’UPC

Être un continuateur authentique de l’UPC, c’est aujourd’hui :

  • Agir avec intégrité, discipline, courage, à contre-courant des intérêts personnels et des compromissions.
  • Se tenir aux côtés des masses, pour organiser, former, conscientiser, transformer.
  • Refuser les postures tribales, ethnicistes ou racistes, et défendre une nation plurielle, panafricaine et solidaire.
  • Penser la politique comme un devoir d’émancipation, pas comme une carrière.
  • Être prêt à sacrifier ses privilèges pour servir le bien commun.
  • Et surtout, ne jamais trahir la vérité. Même seul. Même contre tous.

Car l’UPC n’était pas un label, mais un engagement radical. C’est un étalon d’intégrité, de justice et de courage.

Les Hommes et Femmes de 48 ont refusé la résignation, méprisé les compromissions, et donné une leçon de cohérence politique rare dans l’histoire contemporaine de l’Afrique.

Leur engagement n’était pas une posture. C’était un choix radical d’intégrité, de sacrifice et d’amour du peuple.

Gloire aux Ancêtres de l’Avenir, gloire aux Hommes et Femmes de 48

Gloire éternelle aux bâtisseurs et bâtisseuses de la première véritable utopie camerounaise.

Gloire aux fondateurs d’un Cameroun libre, uni, juste et digne.

Gloire à l’UPC originelle, l’Ame Immortelle du Peuple Camerounais.

L’UPC n’est pas morte. Elle vit dans chaque conscience libre.

La tâche et la mission essentielle de cette génération sont de parachever l’œuvre engagée.

Franck Essi

Avatar de Franck Essi

Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

Laisser un commentaire