CAMEROUN : ASSISTONS–NOUS AUX MÊMES SYNDROMES QU’EN ALGÉRIE ?

Vieillissement du pouvoir, confiscation de l’État et simulacre de transition – Leçons d’un cas emblématique pour mieux penser le nôtre

Par Franck Essi

Un scénario tristement familier

Ce 13 juillet 2025, Paul Biya, 92 ans, a officialisé sa candidature pour un huitième mandat à la tête de l’État du Cameroun. Si cette annonce n’a guère surpris ceux qui observent de longue date les logiques de confiscation du pouvoir dans notre pays, elle n’en demeure pas moins stupéfiante. Stupéfiante, non pas parce qu’elle surprend, mais parce qu’elle confirme l’ancrage de notre pays dans un cycle d’aveuglement et d’impunité politique sans fin.

Cette situation, en tout point ubuesque, n’est pas sans rappeler un autre cas emblématique de fin de règne en Afrique : celui d’Abdelaziz Bouteflika en Algérie. Comme Paul Biya aujourd’hui, Bouteflika, malade et affaibli, avait été maintenu au pouvoir malgré l’évidence de son incapacité à gouverner. Et comme au Cameroun, ce maintien s’était opéré par un jeu d’ombres, une manipulation institutionnelle et une coalition d’intérêts d’une élite incapable de penser l’après.

Les ressorts d’un pouvoir sénescent

Lorsque Bouteflika arrive au pouvoir en 1999, il le fait avec l’appui direct de l’armée et de puissants cercles sécuritaires. Très vite, il consolide son autorité à travers un pacte implicite : paix civile en échange de pouvoir absolu. La rente pétrolière sert de ciment à cette domination, qui repose sur la distribution de privilèges, la cooptation d’élites économiques, et la manipulation d’une légitimité historique construite autour de la guerre d’indépendance.

Ce système déréglé repose sur un principe simple : la figure du président est moins un acteur qu’un symbole. À partir de son accident vasculaire cérébral en 2013, Bouteflika ne gouverne plus ; il est gouverné en son nom. Son frère Saïd, les oligarques de l’ère pétrolière et certains responsables civils et militaires assurent la continuité du régime en l’instrumentalisant.

Au Cameroun, ce scénario se répète presque à l’identique. Paul Biya ne gouverne plus depuis longtemps. Son silence, ses absences prolongées, ses apparitions rarissimes dans les affaires nationales laissent penser que la continuité de son règne est surtout celle de son entourage : un noyau dur d’oligarques, de hauts fonctionnaires, de membres de sa famille et d’opérateurs politiques dont l’objectif est de conserver les privilèges acquis.

L’instrumentalisation des institutions

En Algérie comme au Cameroun, les institutions sont vidées de leur substance. Elles ne jouent plus le rôle de régulation ou de représentation du peuple. Elles deviennent des rouages d’un théâtre institutionnel, où tout est mis en scène pour légitimer l’inacceptable.

La Constitution algérienne avait été modifiée pour permettre à Bouteflika de briguer un troisième puis un quatrième mandat. Malgré la maladie, les élections sont organisées, les résultats proclamés, et la fiction du pouvoir se poursuit. Au Cameroun, la scène est identique. La réforme constitutionnelle de 2008 a supprimé la limitation des mandats présidentiels, ouvrant la voie à une présidence à vie. Le Conseil constitutionnel, l’organe électoral, le Parlement… tous participent à l’illusion d’un État de droit, alors qu’ils sont devenus les piliers d’un régime autoritaire déliquescent.

Le Hirak : sursaut d’un peuple humilié

En février 2019, l’annonce d’un cinquième mandat de Bouteflika fut la goutte d’eau. Un soulèvement populaire massif, le Hirak (littéralement, « mouvement » en arabe), embrase l’Algérie. Chaque vendredi, pendant plus d’un an, des millions de citoyens défilent dans toutes les villes du pays. Ils réclament, non pas seulement le départ de Bouteflika, mais celui de tout le système.

Cette révolte populaire ne surgit pas de nulle part. Elle est le fruit d’une décennie de frustrations face :

  • À une gouvernance opaque et autoritaire,
  • À une économie fondée sur la rente pétrolière,
  • À une corruption endémique,
  • À une jeunesse sacrifiée,
  • À un président devenu l’incarnation vivante de l’absurde.

La force du Hirak tient à sa profondeur sociale et à son enracinement national. Il fédère les étudiants, les enseignants, les chômeurs, les syndicats, les artistes, les femmes, les jeunes des quartiers populaires, les retraités, les moudjahidines (anciens combattants de l’indépendance), et même certains imams et magistrats. Il est décentralisé, pacifique, massif et tenace.

Le Hirak est donc une révolution de la dignité. Son mot d’ordre : « Yetnahaw gaâ » — qu’ils dégagent tous. Il incarne une volonté de rupture avec une gouvernance fondée sur l’humiliation, le clientélisme et le mépris des citoyens.

Et pourtant, malgré l’ampleur de la mobilisation, le régime se reconfigure. Bouteflika est contraint à la démission en avril 2019, sous pression de l’armée. Mais ce départ n’est que la partie visible de l’iceberg. Le « système » reste en place : les élections de décembre 2019 amènent au pouvoir un ancien ministre du régime, Abdelmadjid Tebboune. Les arrestations d’oligarques et les discours de réformes masquent mal la continuité.

Une transition sans rupture : quand l’armée sauve le système

Dans son ouvrage L’Afrique du Nord après les révoltes arabes, le politologue Luis Martinez, directeur de recherche au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, analyse cette séquence comme celle d’une « transition impossible ».

Selon lui, plusieurs facteurs empêchent l’émergence d’un vrai changement en Algérie :

  • Le pouvoir réel appartient à l’Armée nationale populaire (ANP), et non à la présidence civile. Depuis l’indépendance, l’ANP est le véritable arbitre du jeu politique.
  • Le régime fonctionne comme une oligarchie, fondée sur des réseaux d’intérêts opaques mêlant hauts gradés, technocrates, hommes d’affaires et anciens du Front de libération nationale (FLN).
  • La rente pétrolière (qui représente 97 % des recettes extérieures de l’Algérie) permet d’acheter la paix sociale, d’alimenter la corruption et de neutraliser les contestations.
  • La mémoire traumatique de la guerre civile (1991–2002) est instrumentalisée pour dissuader toute radicalité politique.
  • L’opposition politique est fragmentée et décrédibilisée, incapable de se poser en alternative sérieuse.

Face au Hirak, l’armée sacrifie Bouteflika comme fusible, tout en imposant un calendrier électoral contrôlé, avec un scrutin présidentiel en décembre 2019, boycotté massivement, qui porte au pouvoir Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre du régime.

La manœuvre est habile : changer le visage, garder le squelette.

Cameroun : le risque du faux départ

À bien des égards, la situation actuelle du Cameroun est plus grave encore. Le règne de Paul Biya dure depuis 42 ans. Les institutions sont totalement dévitalisées. L’administration est sinistrée. Les tensions sociales, politiques et ethniques sont à leur paroxysme. Le pays est engagé dans une guerre sans fin dans ses régions anglophones, en proie à un terrorisme résurgent dans l’Extrême-Nord, et paralysé par un modèle économique exténué.

Si un soulèvement pacifique venait à émerger, il ne pourrait se contenter, comme en Algérie, de réclamer le départ d’un homme. Ce qu’il faudra mettre à bas, c’est l’architecture entière du régime : la confiscation des richesses, le verrouillage de la vie politique, le culte de la personnalité, l’impunité des élites, la domestication des médias, l’effondrement de l’éducation et de la justice.

Leçons algériennes pour une refondation camerounaise

L’expérience algérienne récente, marquée par l’effondrement du régime Bouteflika sous la pression du Hirak, constitue un miroir saisissant pour le Cameroun d’aujourd’hui. Elle nous alerte sur les pièges d’une fausse sortie de crise et les conditions nécessaires à une refondation politique authentique. Elle nous rappelle aussi que, face à une fin de règne évidente, le départ d’un homme ne suffit pas à garantir le changement d’un système.

Première leçon : le peuple n’est jamais éternellement passif. L’immobilisme n’est pas le fruit du consentement, mais souvent de la peur, de la résignation ou du manque de perspectives crédibles. En Algérie, l’annonce d’un cinquième mandat pour un président diminué a suffi à catalyser une révolte pacifique de grande ampleur. Le Hirak a démontré qu’un mouvement citoyen massif, discipliné et déterminé pouvait faire vaciller un pouvoir apparemment indéboulonnable. Le Cameroun doit retenir qu’un événement déclencheur, même anodin en apparence, peut ouvrir des brèches dans un système verrouillé depuis des décennies.

Deuxième leçon : la longévité d’un régime ne garantit pas sa stabilité. Le pouvoir Bouteflika, présenté comme le rempart de la paix et de la continuité, dissimulait en réalité une crise profonde : institutions affaiblies, élites discréditées, jeunesse exclue, corruption systémique. Le Cameroun vit une illusion comparable. La longévité de Paul Biya est moins un gage de stabilité qu’un facteur de blocage. Elle empêche la relève, alimente l’inertie, et accroît le risque d’explosion incontrôlée.

Troisième leçon : sans alternative structurée, toute transition risque d’être récupérée. Le Hirak algérien n’a pas accouché d’une véritable rupture, faute de leadership coordonné, d’un projet politique clair et de relais institutionnels. Le système s’est adapté : un nouveau président a été élu, mais la matrice du pouvoir est restée inchangée. Le même danger guette le Cameroun. Si aucune force structurée n’incarne une vision claire pour l’après-Biya, la transition ne sera qu’un recyclage du régime.

Dès lors, trois axes stratégiques s’imposent pour une transformation réelle.

  1. Une mobilisation populaire seule ne suffit pas, elle doit être ancrée, structurée et porteuse d’un projet.

Au Cameroun, la rue, les réseaux sociaux, l’indignation spontanée ne suffiront pas à bousculer le système. Il faut une mobilisation cohérente, enracinée et durable. Cela passe par :

  • La convergence des forces sociales, politiques et citoyennes : partis d’opposition, syndicats, mouvements religieux, diasporas, collectifs locaux ;
  • La construction d’un récit fédérateur, centré sur la justice, la souveraineté, la mémoire historique et l’avenir commun ;
  • La mise en place d’un cadre d’action organisé, patient et discipliné, capable de tenir dans le temps et de construire des rapports de force durables.

2. Un régime ne se renverse pas, il se démonte, pièce par pièce.

Le pouvoir algérien a démontré sa capacité à se réinventer pour mieux durer — ce que le politologue Luis Martinez appelle la résilience autoritaire. Le départ de Bouteflika n’a pas suffi : l’appareil répressif, les réseaux clientélistes, les routines de pouvoir ont été préservés. Au Cameroun aussi, une rupture réelle exigera bien plus que le retrait de Biya. Elle devra s’appuyer sur des actes politiques forts :

  • La convocation d’une Conférence nationale souveraine, inclusive, pour refonder les institutions ;
  • La libération effective de la justice, des médias et des syndicats, afin de rétablir les contre-pouvoirs ;
  • L’organisation d’une justice de transition, pour juger les crimes économiques, politiques et les violences d’État ;
  • La décentralisation réelle du pouvoir, au service des territoires ;
  • Une réforme électorale radicale, sous contrôle d’une instance véritablement indépendante.

3. Une alternative crédible est une condition préalable, non un produit de la transition.
En Algérie, l’absence d’une opposition forte, cohérente et unifiée a laissé le champ libre aux manœuvres du système. Le Cameroun doit éviter cette erreur. Il est impératif de préparer une plateforme claire, visible et fédératrice, dès maintenant. Cette alternative doit s’incarner dans :

  • Une vision politique cohérente, proposant des solutions concrètes en matière d’éducation, d’emploi, de gouvernance, de justice et d’institutions ;
  • Des figures légitimes et nouvelles, capables d’unir, de dialoguer, de rassurer et de porter l’espoir collectif ;
  • Des alliances solides, tant internes qu’externes, pour sécuriser le processus et garantir la faisabilité du changement.

En somme, le Cameroun ne doit pas se contenter de tirer des leçons du cas algérien — il doit s’en inspirer pour anticiper, construire et agir. Il ne suffit plus de dénoncer une fin de règne : il faut construire le début d’un nouveau cycle, porté par le peuple, incarné par une vision, et structuré autour d’un projet de refondation. Le moment n’est pas seulement à l’indignation, il est à la stratégie.

Nous devons refonder, pas recycler

Au regard de ce qui précède, le grand danger qui guette le Cameroun, c’est celui d’un « changement dans la continuité » — un Biya sans Biya. C’est-à-dire une réorganisation du même système avec de nouveaux visages, recyclés, cooptés, légitimés par une transition formelle, mais sans transformation profonde.

La seule voie viable est celle d’une refondation démocratique, sociale et institutionnelle. Une refondation qui impose une rupture nette avec le système Biya. Une refondation qui passe par la réécriture d’une nouvelle Constitution, l’assainissement des institutions, la libération de la parole politique, et la mise en place d’un mécanisme de justice transitionnelle.

Ma conviction : Nous ne devons pas attendre le naufrage

L’histoire de l’Algérie nous rappelle que la fin d’un homme n’est pas la fin d’un régime. La tragédie du Cameroun serait d’attendre la mort biologique d’un président pour découvrir que le mal est plus profond. Il est systémique.

Nous n’avons plus le luxe d’attendre. Nous devons agir. Organiser. Proposer. Mobiliser. Converger. Faire bloc et foule pour déverrouiller le système et dégager les architectes du statu quo mortifère !

L’heure n’est plus aux murmures. Elle est à la clarté.

Et cette clarté commence par un principe simple : l’avenir du Cameroun ne peut pas s’écrire avec les outils du passé.

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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