CAMEROUN : VOULONS – NOUS VRAIMENT NOUS DÉVELOPPER ?

Par Franck Essi

D’après François Perroux, « Le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ».

Cette définition à laquelle j’adhère sous – entend clairement qu’avant la production suffisante et l’équitable distribution des richesses, il faut d’abord des changements mentaux et sociaux.

Au lieu de regarder les réalisations matérielles des sociétés plus riches et plus puissantes que nos pays pour nous extasier, nous devons apprendre à nous focaliser sur les processus qui leur ont permis d’y arriver.

En effet, la richesse matérielle, l’harmonie sociale et le bien – être général sont des conséquences de modèles mentaux et sociaux adoptés par une majorité de citoyens.

Ces modèles mentaux et sociaux appropriés se cristallisant dans des institutions fortes, des lois justes et consensuelles ainsi que des comportements majoritairement alignés sur des principes positifs.

On ne change pas durablement l’extérieur si on ne change pas d’abord, profondément, l’intérieur.

Ceci veut dire que l’état de notre pays ou de notre société est avant tout le reflet de l’état de nos mentalités et de nos constructions sociales.

Quand nous nous regardons droit dans les yeux :

⚫ Est – ce possible d’avoir une société tolérante quand nous sommes en majorité intransigeants ?

⚫ Est – ce possible de produire suffisamment de richesses lorsque nous trichons au travail et dans les affaires ?

⚫ Est – ce possible d’avoir une création maximale des richesses quand le mérite et la compétence ne sont pas des critères pertinents de promotion aux fonctions clés ?

⚫ Est – ce possible d’avoir des enfants qui se comportent bien quand les leaders, les parents et les enseignants ne sont pas eux – mêmes en quête perpétuelle d’excellence et d’exemplarité ?

⚫ Est – ce possible d’atteindre nos objectifs économiques et sociaux lorsque l’impunité règne, les leçons des échecs ne sont pas tirées et les incompétents malhonnêtes systématiquement promus ?

⚫ Est – ce possible d’atteindre notre plein potentiel lorsque les femmes sont privées de leurs droits et les injustices à leur égard sont continuelles ?

⚫ Est – ce possible d’avoir une société bien gérée quand les dirigeants ne se sentent nullement inquiétés par les contribuables ?

⚫ Est – ce possible d’avoir un Etat qui gère bien nos finances publiques quand nous – mêmes, en grande majorité, dans la sphère privée ou publique, sommes dans les jongleries, les tricheries, les surfacturations et les détournements ?

⚫ Est – ce possible d’avoir des dynamiques collectives sur des questions d’intérêt général lorsque nous nous regardons en chien de faïence, soupçonnant systématiquement les autres de mauvaise foi et de volonté de tromper ?

⚫Est – ce possible d’avoir des dirigeants qui nous rendent compte lorsque dans nos lieux de service, nos associations et nos entreprises, nous nous refusons à toute rigueur et transparence ?

⚫ Est – ce possible que nos droits et libertés soient respectés quand nous – mêmes les ignorons et nous refusons à accomplir nos devoirs ?

⚫ Est – ce possible de nous développer si la recherche de la paix réelle, faite de justice, de vérité et de réconciliation, n’est pas notre obsession en ces temps de crise ?

On pourrait indéfiniment aligner les questions qui mettent à jour les paradoxes de nos sociétés en quête de développement.

L’important, c’est de nous focaliser sur les changements mentaux et sociaux sans lesquels la paix durable, la prospérité économique, le bien – être général et l’harmonie sociale ne sont possibles.

Dans cet ordre, il nous semble évident que :

Le Cameroun ne peut pas être plus avancé que les Camerounais / es. Pour que le Cameroun avance, il faut que les Camerounais évoluent positivement dans leurs têtes, leurs cœurs et leurs comportements.

Si nous continuons avec ce même modèle défaillant, nous ne pouvons pas espérer de changement significatif, qualitatif et durable de la situation. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Rendus où nous sommes, la tache de la génération actuelle des jeunes leaders politiques, économiques, sociaux et culturels est d’agir pour refonder les bases sur lesquelles fonctionne notre société. Sans une refondation des institutions du pays et un nouveau contrat social, nous ne sortirons pas de sitôt de l’auberge.

Pour que la nouvelle classe de leaders fasse mieux et plus que celle qui l’a précédée, elle doit être sans concessions avec elle – même.

✅ Elle doit comprendre que le fait de constater les échecs et de critiquer les défaillances des dirigeants actuels ne constitue pas une preuve de compétence.

✅ Elle doit s’armer de savoir, de savoir – faire et savoir – être jusqu’aux dents !

✅ Elle doit embrasser les grands défis et les problèmes difficiles de son temps, dans une perspective de transformation positive de la réalité actuelle, en vue de construire quelque chose de plus viable.

✅ Elle doit réaliser cette refondation de l’État qu’est la transition politique démocratique.

Car au fond, il faut que ce soit clair, le Cameroun se redressera par une transition politique démocratique ou ne se lèvera pas.

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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