Par Franck Essi
Ceci n’est pas une chronique, c’est une mise en garde.
À tous ceux qui, aujourd’hui, se croient protégés parce qu’ils servent le pouvoir ; à ceux qui pensent qu’en obéissant au tyran, ils échapperont à la fureur du peuple ; à ceux qui, dans la police, la justice, l’administration ou les médias, étouffent la vérité au nom de leur carrière : sachez-le, la dictature finit toujours par dévorer ses propres enfants.
Les régimes autoritaires se construisent rarement sur la seule volonté d’un despote. Ils reposent sur une multitude de petites mains qui, jour après jour, huilent la machine de la répression. Ces mains rédigent les faux rapports, truquent les procès-verbaux, diffusent la propagande, organisent la fraude, signent les ordres d’arrestation. Elles se disent qu’elles « ne font qu’obéir », qu’elles « assurent leur poste » ou qu’elles « suivent la hiérarchie ». Mais ce sont elles qui, en vérité, font tenir debout l’édifice de la peur.
Or la dictature n’a ni mémoire ni reconnaissance. Elle récompense par la peur et punit par l’oubli. Un jour, ceux qui étaient utiles deviennent gênants. Ceux qui se croyaient indispensables deviennent coupables. Le régime les sacrifie comme il sacrifie tout le reste. Et lorsque le vent tourne, les anciens serviteurs découvrent, trop tard, qu’ils n’ont jamais été du côté du pouvoir, mais seulement du côté de sa servitude.
L’histoire est pleine de ces destins tragiques. Ces préfets jadis redoutés, ces généraux tout-puissants, ces journalistes courtisans, ces juges dociles… tous réduits au silence, à la pauvreté ou à l’exil dès que la roue tourne. Aucun privilège ne protège contre la malédiction d’avoir trahi la justice. Car celui qui a aidé à étouffer un peuple finit toujours par être écrasé sous le poids de sa colère.
Oui, le peuple des opprimés a la mémoire longue. Il observe. Il attend. Et le jour où la peur bascule, ce ne sont pas seulement les dictateurs qu’il juge, mais aussi ceux qui ont exécuté leurs ordres. L’histoire montre que les révolutions, quand elles se lèvent, ne distinguent pas toujours entre le maître et le serviteur.
Cette mise en garde vaut donc pour aujourd’hui. Aucun uniforme, aucun poste, aucun salaire, aucune faveur ne justifie de trahir la vérité et la dignité humaine. Servir la dictature, c’est scier la branche sur laquelle on est assis. Et quand elle tombe, elle emporte tout le monde, y compris ceux qui pensaient être du bon côté de la peur.
Les petites mains feraient bien d’y réfléchir pendant qu’il en est encore temps.
Car la dictature ne les sauvera pas — et le peuple, un jour, les retrouvera.
#NousAvonsLeChoix
#NousAvonsLePouvoir
#AllumonsNosCerveaux
