Les petites mains de la dictature : quand la servitude finit par dévorer ses serviteurs

Par Franck Essi

Ceci n’est pas une chronique, c’est une mise en garde.

À tous ceux qui, aujourd’hui, se croient protégés parce qu’ils servent le pouvoir ; à ceux qui pensent qu’en obéissant au tyran, ils échapperont à la fureur du peuple ; à ceux qui, dans la police, la justice, l’administration ou les médias, étouffent la vérité au nom de leur carrière : sachez-le, la dictature finit toujours par dévorer ses propres enfants.

Les régimes autoritaires se construisent rarement sur la seule volonté d’un despote. Ils reposent sur une multitude de petites mains qui, jour après jour, huilent la machine de la répression. Ces mains rédigent les faux rapports, truquent les procès-verbaux, diffusent la propagande, organisent la fraude, signent les ordres d’arrestation. Elles se disent qu’elles « ne font qu’obéir », qu’elles « assurent leur poste » ou qu’elles « suivent la hiérarchie ». Mais ce sont elles qui, en vérité, font tenir debout l’édifice de la peur.

Or la dictature n’a ni mémoire ni reconnaissance. Elle récompense par la peur et punit par l’oubli. Un jour, ceux qui étaient utiles deviennent gênants. Ceux qui se croyaient indispensables deviennent coupables. Le régime les sacrifie comme il sacrifie tout le reste. Et lorsque le vent tourne, les anciens serviteurs découvrent, trop tard, qu’ils n’ont jamais été du côté du pouvoir, mais seulement du côté de sa servitude.

L’histoire est pleine de ces destins tragiques. Ces préfets jadis redoutés, ces généraux tout-puissants, ces journalistes courtisans, ces juges dociles… tous réduits au silence, à la pauvreté ou à l’exil dès que la roue tourne. Aucun privilège ne protège contre la malédiction d’avoir trahi la justice. Car celui qui a aidé à étouffer un peuple finit toujours par être écrasé sous le poids de sa colère.

Oui, le peuple des opprimés a la mémoire longue. Il observe. Il attend. Et le jour où la peur bascule, ce ne sont pas seulement les dictateurs qu’il juge, mais aussi ceux qui ont exécuté leurs ordres. L’histoire montre que les révolutions, quand elles se lèvent, ne distinguent pas toujours entre le maître et le serviteur.

Cette mise en garde vaut donc pour aujourd’hui. Aucun uniforme, aucun poste, aucun salaire, aucune faveur ne justifie de trahir la vérité et la dignité humaine. Servir la dictature, c’est scier la branche sur laquelle on est assis. Et quand elle tombe, elle emporte tout le monde, y compris ceux qui pensaient être du bon côté de la peur.

Les petites mains feraient bien d’y réfléchir pendant qu’il en est encore temps.
Car la dictature ne les sauvera pas — et le peuple, un jour, les retrouvera.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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