Par Franck Essi

NB : Texte dédié à l’immense majorité des citoyens.es qui désirent le changement mais n’ont pas le courage de mener des actions confrontationnelles directes.
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Le Cameroun traverse l’un des moments les plus sombres de son histoire contemporaine. Après une élection présidentielle entachée de fraudes massives et de violences d’État, la peur s’est à nouveau abattue sur le pays. Arrestations arbitraires, intimidations, rafles dans les quartiers populaires, exécutions sommaires : la machine répressive tourne à plein régime. Face à ce déchaînement, beaucoup se demandent : que faire ? Que peut un individu face à un régime qui semble tout contrôler, tout étouffer, tout écraser ?
La réponse n’est pas simple. Mais elle commence toujours par le refus de la résignation.
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1. Refuser la peur organisée
La première victoire du pouvoir autoritaire, c’est d’installer la peur dans les cœurs. Peur de parler, peur d’agir, peur de perdre son emploi, peur d’être arrêté. Pourtant, aucune dictature ne tombe tant que la peur domine le peuple. L’acte fondateur de la résistance individuelle, c’est donc de désobéir intérieurement à cette peur. Cela ne veut pas dire se jeter inconsidérément dans le danger, mais refuser d’être paralysé.
Résister à la peur, c’est déjà un acte politique. C’est continuer à penser librement, à parler avec courage, à ne pas se cacher pour dire la vérité. C’est maintenir vivante l’idée que nous sommes des êtres libres, et que nul pouvoir n’a le droit de nous voler cette liberté.
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2. Protéger la vérité et la parole
Dans une période où la propagande tente de réécrire la réalité, dire la vérité devient un acte de résistance. Il faut parler, témoigner, informer, documenter. Chacun peut être un témoin lucide et digne.
Dans son cercle familial, sur les réseaux sociaux, dans son quartier, au travail — le citoyen éveillé devient un gardien de la vérité collective.
La répression cherche à isoler, à faire taire. Ne lui offrons pas cette victoire. Continuons à raconter ce que nous voyons, à dénoncer ce que nous savons, à nommer les choses sans peur ni haine.
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3. Soutenir les victimes et les prisonniers
Chaque arrestation, chaque humiliation vise à briser le moral collectif. L’une des réponses les plus puissantes est la solidarité active.
Un message de soutien, une visite, une contribution à une caisse de défense, un relais d’information : ces gestes simples tissent une toile de fraternité que le régime ne peut pas détruire.
La dictature veut des individus isolés. Faisons le choix de rester humains.
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4. Cultiver sa lucidité et sa force intérieure
La résistance ne se limite pas à l’action visible. Elle se nourrit d’un travail intérieur. Lire, se former, comprendre.
Dans les moments de chaos, le citoyen conscient doit renforcer sa capacité à analyser, à raisonner, à ne pas céder aux rumeurs ni aux manipulations.
S’informer, réfléchir, méditer, écrire : autant d’actes qui fortifient l’esprit et permettent de ne pas sombrer dans le désespoir.
Résister, c’est aussi demeurer lucide quand tout autour devient confusion.
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5. Choisir la dignité plutôt que la complicité
Dans les systèmes autoritaires, beaucoup se taisent ou collaborent pour “survivre”. Mais la survie sans dignité n’est qu’une mort lente.
Ne soyons pas les petites mains de la répression, ni les relais de la peur. Refusons les ordres injustes. Refusons de trahir notre conscience pour un salaire ou une position.
Chacun, dans son rôle – enseignant, journaliste, fonctionnaire, commerçant, soldat – peut choisir la loyauté au peuple plutôt qu’à la tyrannie.
La chute d’un régime commence toujours par la désertion morale de ceux qui servaient sa peur.
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6. Préserver la foi dans le lendemain
Enfin, garder l’espérance. Pas l’illusion naïve, mais la conviction que chaque nuit finit par céder à l’aube.
Les régimes de peur tombent toujours. Ce qui dure, c’est le courage tranquille de ceux qui, dans le silence ou la lumière, ont tenu debout.
Notre force, c’est la somme de nos petits actes de dignité, répétés chaque jour, malgré la peur, malgré la violence, malgré tout.
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Ma conviction : l’histoire commence toujours par un individu debout
Les grandes transformations ne naissent pas des foules, mais de consciences éveillées.
Un peuple se relève quand des milliers d’individus décident, chacun à son niveau, de dire non à la peur, oui à la vérité, oui à la dignité.
C’est ainsi que naissent les révolutions silencieuses, celles qui préparent la vraie libération.
— Franck Essi
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