OBSTACLE AU DÉVELOPPEMENT n°8 : La mentalité du « passager clandestin » — ou le refus d’assumer toute responsabilité

Un autre obstacle majeur au développement réside dans une posture devenue trop répandue : la conviction que l’on n’est pas responsable du sort collectif.

C’est la mentalité du passager clandestin — celle de celles et ceux qui veulent voyager vers le changement et le développement sans en payer le prix.

Or, le prix de la citoyenneté est connu. Il consiste à s’informer intentionnellement et régulièrement sur ses droits et ses devoirs ; à se former sur son rôle social ; à s’organiser individuellement et collectivement ; à agir pour assumer ce rôle ; et à pousser les autres citoyens à faire de même.

Ce prix n’est ni abstrait ni symbolique.
Il demande du temps, de l’effort, de la discipline — parfois du courage et du renoncement.

Mais beaucoup refusent de le payer.

Vouloir la destination sans le chemin

Dans cette logique, le risque doit être évité à tout prix.
L’engagement est sans cesse reporté.
La responsabilité est toujours celle des autres : des dirigeants, de l’État, des militants, de « ceux qui savent ».

On veut bénéficier du changement sans y contribuer.
Profiter des sacrifices des autres sans jamais consentir les siens.

La participation devient conditionnelle.
L’engagement, optionnel.
La citoyenneté se réduit à la plainte, au commentaire ou à l’attente.

Profiter des efforts, fuir les conséquences

Cette mentalité apparaît avec une clarté particulière lorsque les choses se dégradent.

Quand les institutions s’affaiblissent, quand les services publics se détériorent, quand les opportunités se raréfient, la réponse n’est pas toujours de réparer, de réformer ou de reconstruire. Elle consiste souvent à partir.

Ceux qui n’ont jamais voulu investir du temps, de l’énergie ou du courage dans la construction collective s’organisent alors pour aller vivre ailleurs — dans des pays bâtis et stabilisés par des citoyens qui, eux, ont accepté de payer le prix du développement.

Ainsi, de nombreuses personnes naissent, grandissent, déploient leurs talents, vivent et meurent ailleurs — non parce que toute possibilité était inexistante dans leur pays, mais parce que la responsabilité collective a été constamment repoussée.

Le paradoxe est cruel : les sociétés sont abandonnées précisément parce que trop peu ont accepté d’en être comptables.

Le coût de l’irresponsabilité

La mentalité du passager clandestin sape le développement à sa racine.

Aucune société ne se transforme lorsque la majorité attend que d’autres agissent.
Aucune démocratie ne fonctionne lorsque la citoyenneté est facultative.
Aucun développement n’est possible lorsque la responsabilité est sans cesse externalisée.

Lorsque tout le monde veut bénéficier mais que peu veulent contribuer, l’action collective s’effondre. Les institutions s’affaiblissent. La confiance s’érode. Et le poids repose, encore et toujours, sur une minorité qui continue de s’organiser, d’agir et de se sacrifier.

À terme, ce déséquilibre devient insoutenable.

La citoyenneté n’est pas un voyage gratuit

Le développement n’est pas un don.
Le changement ne s’importe pas.
Le progrès ne s’observe pas passivement.

Ils sont le produit d’une responsabilité partagée.

Sortir de la mentalité du passager clandestin ne signifie pas nier les difficultés, ni ignorer les risques réels. Cela signifie accepter une vérité exigeante : il n’y a pas de destin collectif sans contribution individuelle.

La citoyenneté n’est pas un spectacle.
C’est une discipline.
Une pratique.
Un engagement.

Une société avance lorsque suffisamment de ses membres acceptent d’en payer le prix : s’informer, s’organiser, agir, et exiger des autres qu’ils assument leur part.

Sans cela, le développement reste quelque chose que l’on attend.
Avec cela, le développement devient quelque chose que l’on construit.

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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