La guerre au Moyen-Orient comme miroir : ce que les positionnements africains révèlent de nos propres fractures

Par Franck Essi

Il existe une tentation intellectuelle commode face aux grandes crises géopolitiques : les lire comme des événements extérieurs, dont l’Afrique serait simplement la victime collatérale. La flambée du baril, la perturbation des corridors maritimes, l’inflation importée — autant de chocs subis, auxquels il faudrait répondre. Cette lecture n’est pas fausse. Elle est incomplète.

Ce que la guerre USA–Israël–Iran révèle, si on accepte de la regarder en face, c’est moins ce qu’elle fait à l’Afrique que ce qu’elle dit de l’Afrique. Elle frappe un continent déjà traversé par des lignes de fracture profondes — géopolitiques, institutionnelles, stratégiques — que les crises successives éclairent sans jamais suffire à corriger.

La thèse de cet article est simple : la manière dont les États africains répondent à ce conflit n’est pas anecdotique. C’est le test le plus concret, à ce jour, de leur maturité stratégique. Les comprendre — et comprendre par quels canaux cette guerre les traverse — est une condition préalable à l’identification des marges de manœuvre réelles de chaque catégorie de pays.

1. L’Iran en Afrique : l’acteur discret devenu structurant

Il faut commencer par un angle mort. Dans la majorité des analyses africaines du conflit, un acteur est absent : l’Iran. Pourtant, Téhéran n’est pas une puissance lointaine pour l’Afrique. C’est un partenaire actif, présent sur le continent depuis plusieurs années, dont les engagements pèsent directement sur la manière dont certains États africains perçoivent ce conflit — et dont les fragilités, nées de ce même conflit, créent de nouveaux risques.

Une offensive diplomatique méthodique

Sous l’impulsion du président Raïssi (élu en 2021), puis de son successeur Pezeshkian, Téhéran a conduit une offensive diplomatique systématique sur le continent africain. Trois sommets de coopération économique Iran–Afrique ont été organisés à Téhéran entre 2023 et 2025. Le dernier affichait une ambition précise : intégrer l’Iran à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)¹. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a publiquement déclaré que « l’Afrique, avec ses 1,4 milliard d’habitants, représente un partenaire économique complémentaire pour l’Iran »².

Cette offensive se déploie sur trois registres simultanés.

Sur le registre religieux : l’Iran gère plus d’une centaine de centres islamiques, d’écoles, de séminaires et de mosquées dans plus de trente pays africains, ciblant une communauté musulmane estimée à 500 millions de personnes. Des médias comme Hausa TV — diffusant en langue hausa, parlée par des dizaines de millions de personnes en Afrique de l’Ouest — font partie de ce dispositif³.

Sur le registre économique : partenariats dans l’industrie, l’agriculture, la santé, l’énergie et les infrastructures. Le positionnement commercial iranien est explicitement présenté comme une alternative moins coûteuse que les offres occidentales, voire chinoises⁴. Pour des pays confrontés à des contraintes budgétaires sévères, l’argument a du poids.

Sur le registre sécuritaire et militaire — le plus significatif dans le contexte actuel.

L’axe Iran–AES : une coopération de sécurité en développement rapide

Pour saisir cet axe, il faut remonter à 2023. Cette année-là, l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso, Niger — a engagé une réorientation radicale de ses partenariats sécuritaires. Les forces françaises et américaines ont été expulsées⁵. Ce retrait a créé un vide opérationnel réel : ces pays sont engagés dans des conflits armés actifs contre des groupes jihadistes et ont besoin d’équipements, de formation et d’appui technique. La Russie a été le premier bénéficiaire de ce repositionnement. La Turquie a suivi. L’Iran s’est progressivement inséré dans cet espace⁶.

Les faits documentés — à lire avec la prudence qu’imposent des sources encore partiellement vérifiées — sont les suivants.

Au Burkina Faso, le ministre de la Défense s’est rendu à Téhéran fin février 2026 pour des entretiens de haut niveau. L’Iran a proposé des drones de combat, une assistance technique et la construction d’une raffinerie de pétrole, en échange d’or et d’accès à des infrastructures stratégiques⁷.

Au Niger, des rapports font état d’un accord portant sur des livraisons d’équipements militaires iraniens contre du minerai d’uranium⁸ — une ressource hautement stratégique pour tout programme nucléaire. Les contours exacts de cet accord restent à vérifier de manière indépendante.

Au Mali, des techniciens iraniens auraient été déployés pour appuyer les opérations de drones et la maintenance aéronautique, en échange d’un accès aux réserves aurifères du pays⁹. L’ambassadeur iranien au Mali a été reçu par le Premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, avec une proposition de coopération à l’échelle confédérale — englobant l’ensemble de l’AES dans les domaines de la sécurité, de la défense et de la technologie¹⁰.

Ces partenariats se sont noués dans un contexte politique interne précis. Les régimes militaires au pouvoir au Sahel ont construit une part de leur légitimité interne autour du rejet de la présence militaire étrangère dite impérialiste — un positionnement profondément ancré dans des opinions publiques façonnées par des décennies de présence militaire extérieure et ses résultats contestés¹¹. Dans cet environnement, diversifier les partenaires sécuritaires est une décision cohérente avec les positions publiquement affichées. Ce contexte rend aujourd’hui toute révision de cap politiquement coûteuse.

La question stratégique que ce conflit pose à l’AES

L’affaiblissement militaire documenté de l’Iran depuis le début des hostilités soulève une question stratégique directe pour les pays sahéliens : que vaut un partenaire fragilisé ?

Si l’Iran sort durablement affecté de ce conflit, sa capacité à honorer ses engagements africains — livraisons de matériel, transferts technologiques, projets d’infrastructure — sera mécaniquement réduite. Les pays de l’AES pourraient alors se retrouver dans une vulnérabilité aggravée : ayant rompu avec leurs anciens partenaires occidentaux, sans garantie que les nouveaux partenaires puissent tenir leurs engagements sous pression militaire.

Ce n’est pas une hypothèse abstraite. C’est un calcul de risque que les dirigeants sahéliens doivent intégrer dès maintenant dans leurs décisions — car si la diversification des alliances peut être un acte de souveraineté, elle peut aussi, mal calibrée, se transformer en nouvelle forme de dépendance¹².

2. Israël en Afrique : une normalisation sous tension croissante

Le rapport de l’Afrique à Israël est l’un des révélateurs les plus clairs des fractures continentales — parce qu’il met en jeu à la fois l’histoire, les intérêts et l’idéologie.

46 relations diplomatiques, et une fracture grandissante

Israël entretient des relations diplomatiques avec 46 des 54 États africains. Ce chiffre, en apparence massif, dissimule une fracture qui s’est élargie depuis 2023 — et que ce conflit est en train d’approfondir.

D’un côté, les Accords d’Abraham, signés en 2020 sous la première présidence Trump, ont intégré deux pays africains dans le processus de normalisation avec Israël. Le Maroc, en décembre 2020 : la contrepartie directe a été la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental — un « deal » géopolitique que Rabat maintient fermement en 2026, y compris dans le contexte des bombardements actuels. Le Soudan, en janvier 2021 : cet accord a été signé par un gouvernement de transition depuis renversé par une guerre civile, rendant son statut incertain¹³.

De l’autre côté, le mouvement inverse s’est accéléré. En février 2024, la Commission de l’Union africaine a retiré à Israël son statut de membre observateur — acquis seulement deux ans plus tôt au terme d’une décennie d’efforts diplomatiques. La décision a été portée par l’Algérie et l’Afrique du Sud¹⁴. Quatre pays — Afrique du Sud, Namibie, Algérie, Sénégal — ont rejoint l’action intentée devant la Cour internationale de justice pour qualifier les opérations militaires à Gaza de génocidaires¹⁵.

Les racines historiques d’une fracture idéologique

Ces prises de position ne sont pas des gestes isolés. Elles s’inscrivent dans une longue histoire.

À la suite de la guerre de 1973, la quasi-totalité des États africains a rompu ses relations diplomatiques avec Israël. Ce mouvement s’est inscrit dans une logique précise : au sein du mouvement des non-alignés et des conférences panafricaines, la lutte pour la libération africaine et la cause palestinienne étaient explicitement liées dans une même grammaire anti-coloniale¹⁶.

La normalisation progressive des années 1990 et 2000 a renoué les liens diplomatiques, portée par des intérêts sécuritaires, technologiques et agricoles. Mais elle n’a jamais effacé ce substrat idéologique. Les événements de Gaza depuis 2023 l’ont réactivé avec une force remarquable. Des analystes du Transnational Institute notent que le courant panafricaniste qui structure aujourd’hui une partie de l’opinion publique sahélienne et ouest-africaine — le même qui porte le rejet de la présence militaire étrangère — intègre explicitement dans son programme le refus de la normalisation avec Israël¹⁷.

Ce n’est pas un hasard si les pays qui ont repositionné leurs partenariats sécuritaires sont aussi ceux qui expriment la position la plus distante vis-à-vis d’Israël. Ces lignes de fracture sont cohérentes. Elles ne sont pas accidentelles.

3. Les cinq postures africaines face au conflit : une géopolitique sans doctrine commune

La guerre au Moyen-Orient a provoqué, de manière accélérée, une cartographie des positionnements africains. En lisant ces postures, on comprend mieux ce que les 54 États du continent sont — et ce qu’ils ne sont pas encore.

Note de méthode : les cinq pôles présentés ici sont des idéaux-types analytiques, non des blocs rigides. Le critère de classification est la posture diplomatique publique dominante, croisée avec l’architecture d’alliance sous-jacente. Les frontières entre pôles sont poreuses : certains États tiennent des positions différentes selon les dossiers. Le Sénégal, par exemple, se range dans le pôle pro-droit international sur le dossier Gaza, mais adopte une posture pragmatique et non-alignée sur les autres volets du conflit.

Premier pôle : la tradition du droit international

Afrique du Sud, Algérie, Namibie

Ces pays adoptent la position la plus ferme. Ils qualifient les frappes américano-israéliennes de violation du droit international et appellent à leur cessation immédiate. L’ANC a demandé la fin des « tactiques d’intimidation des États-Unis ». L’Afrique du Sud joue un rôle de leadership continental : sa démarche à la CIJ contre Israël s’inscrit dans une tradition de diplomatie juridique qui remonte à la lutte contre l’apartheid¹⁸.

Mais cette position a un coût. L’ISS Africa avertit que Washington pourrait « réagir de manière punitive à tout signe de sympathie envers l’Iran ». Prétoria navigue ainsi sur une corde raide entre ses engagements au sein des BRICS — dont l’Iran est désormais membre — et ses intérêts commerciaux avec l’Occident¹⁹.

L’Afrique du Sud ne s’oppose pas aux États-Unis par émotion ou par idéologie. Elle défend une doctrine cohérente selon laquelle le droit international est le seul rempart structurel des États qui ne disposent pas de la puissance militaire pour s’imposer autrement. Abandonner ce terrain, c’est se priver de l’instrument de négociation le plus efficace dont disposent les États de taille moyenne.

Deuxième pôle : l’alignement assumé sur Israël et les États-Unis

Maroc, Rwanda

Le Maroc a choisi un silence calculé sur les frappes américano-israéliennes, tout en condamnant les représailles iraniennes contre les États arabes du Golfe. Cette posture est cohérente avec les Accords d’Abraham et la reconnaissance américaine du Sahara occidental — un actif stratégique que Rabat n’est pas prêt à compromettre²⁰. Le Rwanda, partenaire sécuritaire discret d’Israël dans les domaines technologique et militaire, adopte une posture similaire de retrait verbal.

Ces pays font un calcul d’intérêt clair et assumé. Leur relation avec Washington et Tel-Aviv leur apporte des dividendes sécuritaires, technologiques et diplomatiques tangibles. Ils ne les sacrifieront pas au nom d’une solidarité continentale dont les contours restent flous.

Troisième pôle : les partenariats diversifiés de l’AES

Mali, Burkina Faso, Niger

Comme analysé en section 1, ces pays ont construit des partenariats sécuritaires actifs avec l’Iran, la Russie et la Turquie. L’affaiblissement de l’Iran représente pour eux un risque stratégique direct — non par sympathie idéologique, mais par dépendance opérationnelle. Ce qui rend leur situation particulièrement complexe, c’est que toute révision de cap est désormais politiquement difficile : les positions publiquement affichées ont généré des attentes dans l’opinion interne²¹.

Quatrième pôle : le non-alignement pragmatique

Nigéria, Kenya, Tanzanie, Côte d’Ivoire, Ghana, Éthiopie

La majorité du continent se range dans cette catégorie. Le Nigéria a appelé au cessez-le-feu et émis des alertes consulaires. Ces pays cherchent à préserver leurs relations avec tous les partenaires sans s’aliéner personne. C’est une posture fonctionnelle dans les périodes calmes. Elle devient coûteuse quand les crises exigent des choix : elle ne donne aucun levier réel sur le cours des événements²².

Ce pôle masque aussi des réalités très différentes. Le Nigéria, avec son poids démographique de 220 millions d’habitants et ses réserves pétrolières, dispose de marges de manœuvre sans commune mesure avec celles de la Tanzanie ou du Ghana.

Cinquième pôle : l’ambiguïté assumée

Tchad, Égypte

Le Tchad entretient des relations avec plusieurs parties au conflit tout en évitant de s’exposer à l’une d’elles. L’Égypte est dans une situation encore plus contrainte : elle doit ménager Washington — son principal bailleur militaire, avec plus d’un milliard de dollars d’aide annuelle —, le monde arabe qui est sa profondeur stratégique, et sa propre opinion publique massivement pro-palestinienne²³.

Cette diplomatie de l’ambiguïté est une tradition africaine ancienne. L’Égypte a appliqué un positionnement similaire pendant toute la Guerre froide pour maximiser ses ressources extérieures. Dans un monde plus polarisé, cette posture est de plus en plus coûteuse : elle ne permet pas de peser sur les décisions, seulement d’atténuer les conséquences immédiates.

Ce que cette cartographie révèle

Ces cinq pôles ne constituent pas un système cohérent. Ils révèlent une Afrique sans doctrine géopolitique commune — ou plus précisément, une Afrique dont la doctrine est restée fragmentée, contradictoire et non institutionnalisée, malgré l’héritage du mouvement des non-alignés.

L’Union africaine illustre ce diagnostic. Elle a publié des communiqués condamnant successivement les frappes américano-israéliennes et les représailles iraniennes — une symétrie soigneusement calculée pour ne froisser personne. Une diplomatie qui préserve les relations avec tout le monde, mais ne pèse sur rien²⁴.

4. Les impératifs stratégiques à l’épreuve du réel

Un positionnement stratégique solide n’est pas un discours. C’est la capacité d’un État à orienter ses alliances en fonction de ses intérêts vitaux — alimentaires, énergétiques, sécuritaires, industriels — et non en fonction de solidarités émotionnelles ou de réflexes historiques non actualisés.

Or, ce que les cinq pôles révèlent, c’est que l’Afrique pratique majoritairement des formes de faux non-alignement.

L’alignement de l’AES est réel mais opérationnel — construit autour de besoins sécuritaires concrets, pas d’une hiérarchie définie d’intérêts vitaux. La neutralité incantatoire du bloc pragmatique est une posture de préservation, pas une stratégie. L’équilibrisme du Tchad et de l’Égypte est une gestion de la survie immédiate. Aucun de ces positionnements ne s’appuie sur une hiérarchie explicite et défendue d’intérêts nationaux²⁵.

Cette guerre ne crée pas ces déficits. Elle les éclaire. Violemment.

Le deuxième enseignement est plus discret, mais plus fondamental : chacune des réponses pratiques que l’on peut formuler pour naviguer dans cette crise présuppose un État capable de les exécuter. Constituer des stocks stratégiques, mobiliser des lignes de crédit préventives, évaluer l’exposition aux sanctions secondaires — ces actions ne sont pas complexes sur le papier. Elles le deviennent dans des États où la planification est fragmentée, les budgets imprévisibles et les chaînes de décision opaques. C’est précisément cette capacité qui fait défaut dans les pays les plus exposés — et qui transforme chaque crise en catastrophe subie plutôt qu’en risque géré²⁶.

Le troisième enseignement touche à l’anticipation. Les signaux d’alerte de ce conflit étaient lisibles depuis au moins fin 2025 : montée des tensions dans le détroit d’Ormuz, escalade des attaques houthies en mer Rouge, resserrement des sanctions américaines contre l’Iran. Pourtant, la majorité des États africains ont attendu que la crise se matérialise pour commencer à réagir. Maîtriser les cycles, c’est lire avant que les marchés ne paniquent, anticiper avant que les prix ne s’emballent, décider avant que les options ne se ferment²⁷.

5. Comment cette guerre atteint concrètement le continent : cinq canaux

Une guerre au Moyen-Orient produit ses effets sur l’Afrique à travers des mécanismes précis, identifiables, et dont l’intensité varie selon les pays.

Ces cinq canaux sont analytiquement distincts mais interconnectés dans la réalité. Les réponses pratiques de la section suivante répondent directement aux vulnérabilités identifiées ici.

Canal 1 — L’énergie

Le détroit d’Ormuz est le passage maritime entre le Golfe persique et le reste du monde. Environ 20% des approvisionnements pétroliers mondiaux y transitent chaque jour²⁸. Toute menace sur ce passage — et la guerre actuelle en est précisément une — fait monter les prix du pétrole sur les marchés mondiaux.

Pour les pays africains importateurs nets de pétrole — c’est-à-dire la majorité du continent — le choc est double : la facture énergétique augmente, et les coûts de transport de toutes les marchandises augmentent avec elle. Pour les pays africains producteurs — Nigéria, Angola, Algérie, Libye, Gabon, Congo — la flambée des prix constitue en apparence une aubaine. Mais cette opportunité est conditionnelle : elle ne se concrétise que si les volumes d’exportation ne sont pas eux-mêmes perturbés et si des acheteurs alternatifs peuvent être mobilisés rapidement²⁹.

Canal 2 — L’alimentation

La mer Rouge est une route maritime critique pour les approvisionnements mondiaux en blé, en huile végétale et en engrais. Déjà perturbée depuis fin 2023 par les attaques des Houthis yéménites, elle supporte une part importante des échanges entre l’Asie, le Golfe et l’Afrique orientale³⁰.

Dans de nombreuses économies africaines, l’alimentation représente entre 40 et 60% du budget des ménages les plus pauvres. Une hausse du prix du blé ou de l’huile ne se traduit pas par un simple arbitrage de consommation : elle se traduit par une réduction des repas. Les pays les plus exposés cumulent une forte dépendance aux importations alimentaires, des réserves de change limitées et des monnaies sous pression : Éthiopie, Soudan, Somalie, et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest³¹.

Canal 3 — La logistique maritime

Le détroit de Bab-el-Mandeb, situé entre Djibouti et le Yémen, et le canal de Suez, qui relie la mer Rouge à la Méditerranée, gèrent ensemble entre 12 et 15% du commerce maritime mondial. Toute perturbation durable de ces axes force les armateurs à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, à la pointe sud du continent³².

Ce détour allonge les trajets de deux à trois semaines et renchérit les coûts de fret de 30 à 50%. Ce surcoût pénalise particulièrement les pays d’Afrique orientale et australe, dont les ports sont les premiers touchés par les reports de trafic, ainsi que les pays enclavés du Sahel dont tous les approvisionnements passent par voie terrestre depuis des ports côtiers³³.

Canal 4 — La finance

En période de crise géopolitique, les investisseurs se réfugient vers les actifs les plus sûrs : le dollar américain, les obligations américaines, l’or. Cette mécanique est automatique et universelle³⁴.

Pour les monnaies africaines, cela se traduit par une pression à la dépréciation. Un dollar fort renchérit le service de la dette extérieure libellée en dollars — et beaucoup de pays africains empruntent en dollars. Il réduit aussi les marges de manœuvre des banques centrales pour soutenir leurs économies. Les pays les plus vulnérables sont ceux qui cumulent déjà des niveaux élevés de dette en devises : Ghana, Kenya, Zambie, Éthiopie³⁵.

Canal 5 — La sécurité

L’affaiblissement de l’Iran a des implications sécuritaires directes pour plusieurs pays africains. L’Iran soutient — en financement, en armements et en formation — plusieurs réseaux armés actifs en Afrique, dont les Houthis au Yémen, et indirectement certains groupes dans la bande sahélo-saharienne³⁶.

Cet affaiblissement peut produire deux effets contradictoires. D’un côté, une réduction du financement et de l’approvisionnement en armements pour certains groupes actifs en Afrique. De l’autre, une radicalisation de ces mêmes groupes, cherchant à démontrer leur autonomie opérationnelle par des attaques spectaculaires. L’histoire des groupes jihadistes sahéliens montre qu’ils savent se nourrir des crises internationales pour recruter, lever des fonds et déplacer leurs opérations³⁷.

Le tableau d’ensemble

Niveaux d’exposition : Faible — Modéré — Élevé — Très élevé. Ces niveaux reflètent la combinaison de la dépendance structurelle et de la capacité d’absorption du choc. Une exposition élevée signale un risque sérieux qui appelle une réponse — c’est l’objet de la section suivante.

Pays / GroupeÉnergieAlimentationLogistiqueFinanceSécurité
Producteurs pétroliers (Nigéria, Angola, Algérie)Opportunité conditionnelleModéréModéréModéréFaible à modéré
Importateurs résilients (Sénégal, Côte d’Ivoire, Kenya)ÉlevéModéré à élevéModéréÉlevéModéré
AES (Mali, Burkina Faso, Niger)ÉlevéÉlevéÉlevéÉlevéTrès élevé
États fragiles (Soudan, Somalie, Éthiopie)ÉlevéTrès élevéÉlevéTrès élevéTrès élevé
BRICS+ africains (Afrique du Sud, Égypte)ModéréModéréÉlevé (Égypte)ÉlevéModéré

6. Les risques que personne ne mentionne

Le piège des sanctions secondaires

Washington a imposé de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran dès le 25 février 2026³⁸. Ce mécanisme est mal compris, y compris par les acteurs qu’il menace directement.

Une sanction secondaire ne cible pas seulement les entités iraniennes. Elle vise toute entité dans le monde qui maintient des relations commerciales avec une entité iranienne sanctionnée. Une banque africaine qui effectue une transaction avec une entité iranienne peut se retrouver coupée du système financier international en dollars. Pour une banque dont les opérations passent par le dollar — ce qui est le cas de la quasi-totalité des acteurs financiers africains — c’est une menace existentielle³⁹.

Des banques africaines, des compagnies maritimes ou des sociétés d’assurance insuffisamment informées de ces mécanismes courent ce risque aujourd’hui. Le risque est particulièrement aigu pour les pays de l’AES, dont les partenariats avec l’Iran impliquent des flux financiers.

La tentation expansionniste sous couvert de désordre mondial

L’ISS Africa formule un avertissement rarement entendu dans les analyses africaines du conflit : un monde qui « abandonne le droit international pour la force brute » peut « encourager des dirigeants africains aux ambitions territoriales »⁴⁰.

Ce n’est pas une hypothèse abstraite. L’Éthiopie d’Abiy Ahmed exerce une pression persistante pour obtenir un accès souverain à la mer Rouge. Le Rwanda de Kagame est directement impliqué dans l’est de la République Démocratique du Congo. Le Maroc de Mohammed VI poursuit la consolidation de sa position au Sahara occidental. Ces dynamiques préexistaient à ce conflit. Elles trouvent dans le désordre mondial actuel un contexte plus permissif.

La réorientation silencieuse des fonds européens

L’Agence de l’Union européenne pour l’asile a alerté sur les flux migratoires potentiels liés à la déstabilisation de la région⁴¹. Face à un afflux migratoire, les gouvernements européens pourraient réorienter une partie des fonds de développement prévus pour l’Afrique vers la gestion de cette crise plus proche de leurs frontières. Pour les pays africains qui dépendent significativement de l’aide européenne, cet effet indirect est un risque réel — et rarement intégré dans les analyses de crise.

Le risque de tensions sectaires au Nigéria

L’ISS Africa alerte sur une possibilité rarement évoquée : des groupes chiites nigérians pourraient mener des actions en solidarité avec l’Iran. Le Mouvement islamique du Nigéria (MIN), dirigé par Ibrahim El-Zakzaky, a historiquement entretenu des liens étroits avec Téhéran⁴². Dans un contexte d’émotion religieuse intense, le risque de tensions sectaires internes n’est pas nul — dans un pays qui gère déjà l’insurrection de Boko Haram et des tensions ethno-religieuses chroniques.

7. Ce qui peut être fait maintenant, par catégorie de pays

Ces recommandations découlent directement des vulnérabilités identifiées dans les sections 4 et 5. Elles présupposent toutes une capacité minimale d’État. Pour les États fragiles, cette capacité est précisément ce qui manque le plus : les réponses doivent y être portées par les organisations régionales et les partenaires extérieurs.

Pour les pays de l’AES

L’urgence est de réévaluer le risque de dépendance à un partenaire opérationnellement fragilisé. Ce n’est pas une question idéologique : c’est une question de gestion du risque. Concrètement :

  • Diversifier les sources d’approvisionnement en matériel militaire, afin de ne pas dépendre d’un seul partenaire dont la capacité de livraison est incertaine.
  • Faire évaluer l’exposition aux sanctions secondaires américaines liée aux transactions avec l’Iran — avant qu’une banque ou une entreprise nationale ne soit coupée du système financier international.
  • Préparer une communication stratégique qui distingue la coopération sécuritaire — domaine de souveraineté légitime — des positions diplomatiques de bloc, afin de préserver l’accès à l’aide humanitaire et aux financements multilatéraux⁴³.

Pour les producteurs pétroliers

La fenêtre commerciale est réelle. Le Brent a bondi depuis le début des hostilités. L’OPEP+ a ouvert ses quotas de 206 000 barils/jour dès avril. Les acheteurs asiatiques cherchent activement des fournisseurs alternatifs⁴⁴. Mais les situations ne sont pas identiques. Le Nigéria, avec un tissu industriel plus développé et un marché intérieur de 220 millions de personnes, peut envisager des investissements dans la pétrochimie que le Gabon ou le Congo ne peuvent pas dimensionner à la même échelle.

Concrètement :

  • Négocier dès maintenant des contrats à long terme avec les acheteurs chinois, indiens, européens et japonais — en utilisant les implantations existantes de CNOOC et Sinopec comme leviers immédiats.
  • Mettre à jour les scénarios budgétaires avec des hypothèses à 85, 95 et 100 dollars le baril, mais aussi avec des hypothèses de retombée brutale — et calibrer les dépenses sur le scénario médian plutôt que sur le scénario optimiste.
  • Convertir une fraction de la rente en investissements structurants : pétrochimie, raffinage, diversification économique⁴⁵.

Pour les importateurs résilients

  • Sécuriser des stocks de carburants, de médicaments critiques et d’intrants agricoles couvrant au minimum trois mois de consommation, et diversifier les fournisseurs et les itinéraires d’approvisionnement.
  • Activer les lignes de crédit préventives auprès de la BAD, du FMI et de la Banque mondiale — avant que la crise ne s’aggrave, pas après. Les conditions de financement se durcissent précisément quand on en a le plus besoin.
  • Surveiller les indicateurs macroéconomiques en temps réel : inflation, taux de change, taux d’intérêt, et déclencher rapidement les dispositifs anti-pénuries si nécessaire⁴⁶.

Pour les États fragiles

  • Activer les mécanismes d’urgence humanitaire auprès du PAM, de la FAO et des donateurs bilatéraux en anticipant la flambée des prix alimentaires — non en réaction à elle.
  • Sécuriser des corridors terrestres alternatifs pour les pays enclavés dont les approvisionnements transitent par des ports exposés aux perturbations maritimes.
  • Éviter tout positionnement de bloc diplomatique qui priverait ces pays de l’aide dont ils restent structurellement dépendants⁴⁷.

Pour les membres BRICS+

  • Définir une ligne claire sur la position africaine vis-à-vis de l’Iran au sein des BRICS+ — avant que la dynamique du groupe n’impose des choix par défaut et que Washington ne les interprète comme une déclaration d’hostilité.
  • Préparer des scénarios de rétorsion américaine et en évaluer le coût réel : suspension d’aide militaire pour l’Égypte, sanctions commerciales pour l’Afrique du Sud, restrictions d’accès aux marchés financiers pour l’Éthiopie.
  • Utiliser le levier BRICS pour pousser une médiation collective plutôt que des prises de position unilatérales qui exposent sans protéger⁴⁸.

Pour l’Union africaine

La CEDEAO a émis les bons signaux dès le 1ᵉʳ mars 2026⁴⁹. L’UA a appelé à la désescalade et soutenu la médiation omanaise⁵⁰. Ce sont de bons signaux. Ils ne suffisent pas.

L’enjeu est de transformer cette crise en levier institutionnel, à travers quatre actions concrètes : réclamer une représentation africaine dans les négociations énergétiques mondiales, où les décisions sur les prix du pétrole, les routes maritimes et les sanctions se prennent sans l’Afrique ; adopter une ligne diplomatique collective sur la conformité aux sanctions secondaires pour protéger les systèmes bancaires africains ; poser officiellement la question des implications continentales du partenariat Iran–AES — non pour le condamner, mais pour en évaluer collectivement les conséquences ; formaliser un mécanisme de consultation obligatoire avant tout accord de sécurité avec une puissance extérieure.

Ce dernier point mérite une attention particulière. Des mécanismes de coordination ambitieux peuvent émerger sous la pression d’une crise. Le protocole de non-agression de la CEDEAO (1999) et l’accord de Cotonou (2000) ont vu le jour dans des contextes d’instabilité régionale aiguë⁵¹. Cette crise est peut-être l’opportunité d’un mouvement similaire.

8. Ce que cette guerre dit de nous — et ce qu’elle devrait nous obliger à construire

Il serait confortable de conclure cet article par un appel à la « souveraineté africaine » et à l’« unité continentale ». Ces formules ont leur place dans les discours officiels. Elles n’en ont aucune dans l’analyse stratégique.

Ce que la guerre au Moyen-Orient révèle de l’Afrique est plus dérangeant : un continent dont les fractures géopolitiques internes sont si profondes qu’il est incapable de produire une position commune face à un conflit qui l’affecte directement.

Un continent où des États échangent des ressources stratégiques contre des équipements militaires sans que les institutions panafricaines ne s’en saisissent. Où la normalisation avec Israël et le partenariat avec l’Iran coexistent sans que leurs implications croisées ne soient jamais posées sur la table. Où les communiqués de l’UA sont rédigés pour ne froisser personne — et ne pèsent donc sur rien.

Ce n’est pas un problème de discours. C’est un problème d’architecture institutionnelle, de capacité d’analyse stratégique et de volonté politique collective.

Ce que serait une doctrine africaine minimale

Appeler à une « doctrine africaine » n’est pas un exercice académique. C’est une nécessité opérationnelle — parce que sans doctrine, chaque crise oblige à réinventer une position depuis zéro, sous pression, sans préparation.

Cette doctrine n’a pas besoin d’être idéologique. Elle pourrait reposer sur trois lignes directrices — difficiles à appliquer, mais acceptables en principe par une majorité d’États aux positionnements très différents.

Premièrement, la protection des intérêts économiques vitaux prime sur tout alignement de camp. Aucun partenariat sécuritaire ne devrait contraindre un État africain à s’exposer aux sanctions secondaires américaines ou à hypothéquer ses ressources stratégiques dans l’opacité. Ce principe ne condamne aucun partenariat particulier ; il exige qu’ils soient évalués collectivement, pas conclus en dehors de tout contrôle institutionnel⁵².

Deuxièmement, les ressources stratégiques africaines ne sont pas une monnaie d’échange militaire. Uranium contre missiles, or contre drones : ces transactions reproduisent, sous d’autres formes, exactement la logique extractive que le continent déclare vouloir dépasser. Une doctrine africaine minimale devrait exiger que ces échanges relèvent d’un cadre continental de supervision — pas de la seule discrétion des régimes en place⁵³.

Troisièmement, le droit international n’est pas une option rhétorique. Il ne peut pas être invoqué pour condamner les États-Unis ou Israël et implicitement suspendu lorsqu’il s’agit de ses propres pratiques. Cette tension est politiquement difficile à gérer : la cohérence coûte davantage que la sélectivité dans le court terme. Mais une doctrine africaine crédible doit être cohérente — elle perd toute autorité morale et diplomatique si elle est perçue comme instrumentalisée⁵⁴.

Mettre en œuvre même cette doctrine minimale exigerait trois capacités que l’UA ne possède pas encore : un mécanisme de consultation obligatoire avant tout accord de sécurité avec une puissance extérieure ; une vraie capacité d’analyse stratégique partagée — un centre de veille continental avec des analystes permanents, pas des communiqués réactifs ; et une volonté politique des États membres d’accepter une contrainte collective en échange d’une protection collective.

Ces conditions sont difficiles. Elles ne sont pas impossibles. Et cette crise — si elle est lue correctement — est peut-être l’opportunité de commencer à les construire.

Les pays qui sortiront renforcés de cette crise seront ceux qui auront fait trois choses simultanément : lu correctement leur position réelle sur l’échiquier — non celle qu’ils voudraient occuper, mais celle qu’ils occupent réellement —, protégé pragmatiquement leurs populations et leurs économies contre les chocs immédiats, et négocié avec lucidité dans un monde où les rapports de force ont remplacé le droit international comme grammaire des relations entre États.

Ceux qui se contenteront de déplorer et de déclarer en sortiront, une fois de plus, affaiblis. Ceux qui utiliseront cette crise pour bâtir les fondations d’une coordination minimale auront, pour la première fois, transformé un choc externe en levier de construction interne. C’est à cette différence que se mesurera, dans dix ans, la qualité du leadership africain d’aujourd’hui.

Franck Essi
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Références

¹ African Business (2025). « Iran eyes AfCFTA integration at third Iran–Africa economic summit ». African Business Magazine, mars 2025.

² Déclaration d’Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, Sommet Iran–Afrique, Téhéran, 2024. Citée in : Iran Press Agency (2024). « Future of world trade will be determined in Africa, Iranian officials say ». IPA, octobre 2024.

³ BBC Monitoring (2024). « How Iran’s Hausa TV targets West African audiences ». BBC Monitoring, avril 2024 ; Thurston, A. (2023). « Iran’s religious networks in sub-Saharan Africa ». Carnegie Endowment for International Peace, Working Paper.

⁴ Al-Monitor (2025). « Iran offers Africa cheaper alternatives to Western infrastructure deals ». Al-Monitor, janvier 2025.

⁵ International Crisis Group (2024). « The Sahel’s new security partnerships : Russia, Turkey, Iran ». ICG Report N°315, juillet 2024.

⁶ Lebovich, A. (2025). « Iran and the Alliance of Sahel States : a new axis in the making ? ». ECFR Policy Brief, janvier 2025.

⁷ Reuters (2026). « Burkina Faso defence minister visits Tehran, discusses drones and refinery deal ». Reuters, 27 février 2026.

The Africa Report (2026). « Niger uranium deal with Iran : 300 metric tonnes for missiles ». The Africa Report, mars 2026.

Le Monde Afrique (2026). « Des techniciens iraniens déployés au Mali pour les opérations de drones ». Le Monde Afrique, février 2026.

¹⁰ Agence de Presse Malienne (2026). « L’ambassadeur iranien reçu par le Premier ministre Maïga : vers une coopération confédérale ». APM, janvier 2026.

¹¹ Cotler-Wunsh, M. & Larémont, R. (2024). « Social media, panafricanism and anti-Western sentiment in the Sahel ». Journal of African Security, vol. 17, n°2.

¹² ISS Africa (2026). « Iran weakened : strategic implications for the AES partnership ». ISS Today, mars 2026.

¹³ US Department of State (2021). « Abraham Accords : Morocco and Sudan normalization agreements ». State Department Fact Sheet, janvier 2021 ; Tubiana, J. (2024). « Sudan’s Abraham Accords : a dead letter ? ». Crisis Group Commentary, août 2024.

¹⁴ Union africaine (2024). Décision sur le retrait du statut d’observateur d’Israël. Doc. AU/COM/Dec.2024/02, février 2024.

¹⁵ Cour internationale de Justice (2024). Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza (Afrique du Sud c. Israël). Ordonnance en mesures conservatoires, 26 janvier 2024.

¹⁶ Walters, R. (1987). Pan Africanism in the African Diaspora. Wayne State University Press ; Byrne, J. (2016). Mecca of Revolution : Algeria, Decolonization, and the Third World Order. Oxford University Press.

¹⁷ Transnational Institute (2024). « Sahelian pan-Africanism and the rejection of Israel normalization ». TNI Report, octobre 2024.

¹⁸ African National Congress (2026). Statement on US-Israeli strikes and Iranian conflict. Communiqué officiel, mars 2026 ; Nathan, L. (2025). « South Africa’s foreign policy tradition : from anti-apartheid to international law ». South African Journal of International Affairs, vol. 32.

¹⁹ ISS Africa (2026). « South Africa on a tightrope : BRICS commitments versus Western commercial interests ». ISS Today, mars 2026.

²⁰ Boukhars, A. (2024). « Morocco’s balancing act : Abraham Accords, Western Sahara, and the Gaza war ». Carnegie Middle East Center, Policy Brief.

²¹ ISS Africa (2026). Op. cit., note 12.

²² Fanta, E. et al. (2013). « Interdependence and conflict in African international relations ». African Affairs, vol. 112, n°447.

²³ Cafiero, G. (2024). « Iran’s military diplomacy in Africa ». Middle East Institute, Policy Brief, septembre 2024.

²⁴ Union africaine (2026). Communiqué sur la situation au Moyen-Orient. Mars 2026.

²⁵ Essi, F. & Dodo, B. (2026). « Les impératifs stratégiques de l’Afrique face à la recomposition mondiale ». Blog Franck Essi, janvier 2026.

²⁶ Ibid.

²⁷ Ibid.

²⁸ Agence internationale de l’énergie (2024). Oil Market Report, décembre 2024.

²⁹ Essi, F. (2026). « Guerre au Moyen-Orient : impacts potentiels sur le Cameroun et réponses possibles ». Blog Franck Essi, mars 2026.

³⁰ UNCTAD (2024). Review of Maritime Transport 2024. Genève : UNCTAD.

³¹ FAO (2024). The State of Food Security and Nutrition in the World. Rome : FAO.

³² UNCTAD (2024). Op. cit.

³³ Ibid.

³⁴ FMI (2025). Regional Economic Outlook : Sub-Saharan Africa. Washington : FMI.

³⁵ Ibid.

³⁶ Cafiero, G. (2024). Op. cit.

³⁷ ISS Africa (2026). Op. cit., note 12.

³⁸ US Department of the Treasury (2026). « OFAC sanctions against Iran : secondary sanctions advisory ». Communiqué, 25 février 2026.

³⁹ Ibid.

⁴⁰ ISS Africa (2026). « Expansionist risks under cover of global disorder ». ISS Policy Brief, mars 2026.

⁴¹ EU Agency for Asylum (2026). Alerte sur les flux migratoires potentiels depuis l’Iran. Communiqué, mars 2026.

⁴² ISS Africa (2026). Op. cit., note 40.

⁴³ ISS Africa (2026). Op. cit., note 12.

⁴⁴ OPEP (2026). Décision d’ouverture des quotas de production. Communiqué de presse, mars 2026.

⁴⁵ BAD (2025). African Economic Outlook 2025. Abidjan : BAD.

⁴⁶ Ibid.

⁴⁷ PAM & FAO (2026). Bulletin de situation alimentaire — Afrique orientale et sahélienne. Janvier 2026.

⁴⁸ ISS Africa (2026). Op. cit., note 19.

⁴⁹ CEDEAO (2026). Déclaration sur les « graves répercussions sur la stabilité internationale et les économies africaines ». Communiqué, 1ᵉʳ mars 2026.

⁵⁰ UA (2026). Appel à la désescalade et soutien à la médiation omanaise. Communiqué, mars 2026.

⁵¹ CEDEAO (1999). Protocole relatif au Mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité. Lomé ; Commission européenne & ACP (2000). Accord de partenariat de Cotonou. Cotonou.

⁵² Nathan, L. (2025). Op. cit.

⁵³ Transnational Institute (2024). Op. cit.

⁵⁴ Ibid.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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