CAN 2025 : Le jour où une commission d’appel a défait le terrain

Chronique d’une décision qui fragilise le football africain

Par Franck Essi, 18 mars 2026

Je ne parle pas souvent de football.

Non par indifférence — j’aime ce sport profondément, avec la fidélité tranquille de ceux qui l’ont appris dans la rue avant de l’apprendre dans les stades. Mais par choix délibéré. Parce que je suis convaincu que l’Afrique consacre à ses émotions footballistiques une énergie démesurée par rapport aux enjeux qui conditionnent réellement son avenir : la gouvernance, le développement, la souveraineté économique, la justice sociale. Chaque fois qu’une Coupe d’Afrique des Nations enflamme le continent pendant un mois entier, je me demande combien de cette ferveur, de cette capacité de mobilisation, nous pourrions rediriger vers la transformation de nos institutions, de nos économies, de nos démocraties.

Alors si j’écris aujourd’hui, c’est parce que ce qui vient de se passer dépasse le football.

En annulant la victoire du Sénégal en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 pour attribuer le titre au Maroc, le Jury d’appel de la Confédération africaine de football n’a pas seulement tranché un litige. Il a reconfiguré les règles implicites du football africain — et peut-être du football continental tout entier. Car pour la première fois à ce niveau, un match joué, achevé et remporté sur le terrain a été réécrit a posteriori, au nom d’une lecture stricte d’un règlement.

C’est une affaire institutionnelle, politique et symbolique. Ce texte est l’opinion d’un citoyen africain attentif — pas celle d’un expert du ballon rond. Une opinion assumée comme telle.

Et derrière cette décision, une question fondamentale : le football est-il encore décidé sur le terrain… ou dans les bureaux ?

Les faits : du chaos du match au basculement juridique

Le scénario est désormais gravé dans la mémoire du football africain.

Le 18 janvier 2026, en finale à Rabat, le Sénégal s’impose 1-0 après prolongation. Dans le temps additionnel, une décision arbitrale très contestée — l’octroi d’un penalty au Maroc, finalement manqué — déclenche la sortie de l’équipe sénégalaise du terrain sur instruction du sélectionneur Pape Thiaw, pendant une vingtaine de minutes. Le match reprend, sous autorité de l’arbitre. Le Sénégal s’impose. Le titre semble acquis.

Dans un premier temps, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football sanctionne les comportements sans toucher au résultat sportif. Puis, après appel de la Fédération royale marocaine de football, le revirement est total :

  • Le Jury d’appel invoque les articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations
  • La sortie du terrain est requalifiée en abandon de match
  • Le score est transformé en défaite 3-0 infligée au Sénégal
  • Le titre est attribué au Maroc

Ce renversement — deux instances internes de la Confédération africaine de football rendant des décisions contradictoires sur les mêmes faits — transforme une controverse sportive en affaire juridique majeure. Et révèle, dès le départ, une instabilité institutionnelle profondément préoccupante.

Une rupture historique : la fin de la souveraineté du terrain

Le principe fondamental du football, tel que le comprend tout observateur attentif, est simple : le terrain est souverain.

Or ce principe semble ici brisé. Car trois réalités coexistent désormais, dans une contradiction qui produit un choc symbolique sans précédent :

  • Le match a été joué jusqu’à son terme
  • Le match a été gagné par le Sénégal sur le terrain
  • Le titre a été attribué au Maroc sur décision administrative

Cette contradiction introduit une idée dangereuse : le résultat n’est plus définitif au coup de sifflet final. Le football entre dans une zone grise où le jeu ne suffit plus, où la décision administrative peut primer sur la vérité du terrain, où la victoire devient réversible.

C’est une rupture d’une portée considérable. Non seulement pour cette compétition — mais pour toutes celles qui suivront.

Deux lectures légitimes d’un même fait

Avant d’aller plus loin, une honnêteté intellectuelle s’impose que le bruit médiatique ambiant ne favorise pas.

La position de la Confédération africaine de football et du Maroc n’est pas sans fondement.

Les articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations sont clairs : quitter le terrain sans autorisation de l’arbitre constitue une violation grave ; cette violation entraîne le forfait avec défaite 3-0. Ces textes existaient. Ils étaient connus. La Fédération royale marocaine de football a simplement demandé leur application, et le Jury d’appel a estimé qu’ils s’imposaient. La Fédération royale a d’ailleurs précisé que « sa démarche n’avait jamais eu pour objet de contester la performance sportive des équipes, mais uniquement de demander l’application du règlement ». D’un point de vue strictement juridique, cet argument est recevable.

Mais la position sénégalaise est tout aussi recevable.

Plusieurs questions demeurent sans réponse claire. Le match ayant repris après l’incident, peut-on encore parler d’abandon ? L’arbitre ayant lui-même validé la reprise, sa décision souveraine de terrain peut-elle être rétroactivement annulée par une instance administrative ? Les lois du jeu de la Fédération internationale de football association, qui consacrent la primauté de l’arbitre pendant le match, créent ici une contradiction normative avec le règlement propre à la Confédération africaine de football — contradiction que seul le Tribunal Arbitral du Sport pourra clarifier définitivement.

C’est cette tension entre deux logiques juridiques qui est au cœur du problème.

Il faut aussi le dire sans détour : le Sénégal porte une part de responsabilité dans cette situation. Quitter le terrain en cours de match est une décision grave, quelle qu’en soit la provocation. Le sélectionneur Pape Thiaw a pris un risque réglementaire majeur que son équipe paie aujourd’hui. Une gestion plus froide de l’incident, même face à une décision arbitrale ressentie comme injuste, aurait sans doute préservé une victoire que le Sénégal avait méritée sur le terrain. Cette responsabilité mérite d’être dite — même si elle ne justifie pas nécessairement le renversement du résultat.

La riposte de Dakar : quand l’État entre dans l’arène

Face à cette décision, le Sénégal n’a pas seulement répondu en tant que fédération sportive. C’est l’État lui-même qui a pris la parole.

Le gouvernement du Sénégal a publié le 18 mars 2026 un communiqué officiel dans lequel il « exprime sa vive consternation suite à la décision rendue par le jury d’appel de la Confédération africaine de football, visant à retirer à l’équipe nationale du Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 pour l’attribuer au Maroc ». Le texte tranche sans ambiguïté : « Le Sénégal ne saurait tolérer qu’une décision administrative vienne effacer l’engagement, le mérite et l’excellence sportive », et conclut sur un engagement ferme : « Le Sénégal demeurera résolu, vigilant et inflexible dans la défense des droits de sa sélection nationale et dans la restauration de l’honneur du sport africain. »

Cette escalade change la nature même du dossier. Ce n’est plus simplement un litige entre une fédération et une instance sportive. C’est un différend entre deux États souverains, avec la crédibilité d’une institution continentale comme enjeu central.

Il faut cependant garder la tête froide. Un communiqué gouvernemental est avant tout un acte politique. Il obéit à des logiques de communication nationale et de mobilisation populaire, dans un Sénégal où le sport est un vecteur d’identité très sensible. La montée au front de l’État, aussi légitime soit-elle dans sa colère, comporte un risque identifiable : transformer un litige sportif en crise diplomatique bilatérale avec le Maroc, au détriment d’une coopération régionale que les deux pays ont tout intérêt à préserver.

Une crise de confiance envers les institutions

Au-delà du Sénégal, c’est toute la crédibilité institutionnelle de la Confédération africaine de football qui se trouve atteinte. Car cette affaire alimente trois perceptions particulièrement corrosives :

  • Opacité des processus décisionnels internes
  • Instabilité des décisions — deux instances de la même organisation ont produit des conclusions opposées sur les mêmes faits
  • Soupçons de rapports de force politiques, dans un contexte où le Maroc est pays hôte et acteur géopolitique continental de premier plan

Les réactions ont été vives et immédiates à travers le continent. Des voix se sont élevées de Dakar à Kinshasa, d’Abidjan à Alger. Cette indignation ne traduit pas seulement une émotion sportive : elle révèle une rupture de confiance profonde entre les populations africaines et leur institution footballistique de référence.

Or une institution sportive ne tient que par une chose : la confiance. Et cette confiance est aujourd’hui gravement fragilisée.

Une double fragilisation : Sénégal dépossédé, Maroc contesté

Cette décision produit un paradoxe rare : les deux camps en sortent affaiblis.

Côté Sénégal :

  • Sentiment de dépossession d’une victoire sportive légitime
  • Humiliation symbolique d’une nation entière
  • Frustration qui dépasse le cadre sportif et devient affaire d’État
  • Titre conquis sur le terrain… perdu dans un bureau, deux mois après les faits

Côté Maroc :

  • Titre entaché de controverse dès le premier jour
  • Légitimité sportive définitivement discutée
  • Victoire perçue sur le continent comme administrative, non comme méritée
  • Image d’un pays hôte qui a gagné… sur tapis vert

Personne ne gagne pleinement. Le Sénégal perd un titre qu’il avait conquis. Le Maroc en gagne un sous contestation permanente. Et entre les deux, c’est le football africain tout entier qui perd en crédibilité.

La messe est-elle vraiment dite ?

À l’heure où ces lignes sont écrites, le Sénégal est en position de perdant. La décision du Jury d’appel est rendue. Le Maroc est officiellement déclaré champion d’Afrique 2025. Sur le plan des procédures internes à la Confédération africaine de football, les recours semblent épuisés.

Mais la messe est loin d’être dite.

La Fédération sénégalaise de football a annoncé un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne, dans un délai de dix jours. Le gouvernement sénégalais a évoqué une demande d’enquête internationale sur le fonctionnement même de la Confédération africaine de football.

Le Tribunal Arbitral du Sport est une juridiction indépendante, externe à la Confédération africaine de football, dont les décisions s’imposent à toutes les fédérations affiliées. Il a déjà, par le passé, annulé ou modifié des décisions d’instances sportives continentales. Sa saisine par le Sénégal est une étape sérieuse — pas une procédure purement symbolique.

La contradiction normative entre les textes de la Confédération africaine de football et les lois du jeu de la Fédération internationale de football association, la question de l’autorité arbitrale sur la reprise du match, la question de la proportionnalité de la sanction — toutes ces questions méritent un examen juridique approfondi que seul le Tribunal Arbitral du Sport peut aujourd’hui offrir avec l’autorité nécessaire.

L’issue finale reste donc ouverte. Et quel que soit le verdict, il aura valeur de précédent pour l’ensemble du football africain.

Un précédent dangereux pour l’avenir

Cette décision établit quelque chose d’inédit : un match peut être rejugé après coup, un résultat peut être transformé juridiquement, une compétition peut être redéfinie hors du terrain. À terme, cette logique ouvre la voie à une judiciarisation du football africain — multiplication des recours, instabilité chronique des compétitions, incertitude permanente sur la valeur des victoires sportives.

La nuance s’impose ici. Des crises de légitimité institutionnelle similaires ont traversé des organisations bien plus puissantes. La Fédération internationale de football association a été ébranlée en 2015 par un scandale de corruption d’une ampleur mondiale. L’Union des associations européennes de football a connu des crises de gouvernance répétées. Le Comité international olympique a dû gérer pendant des années le dopage d’État russe. Aucune institution sportive internationale n’est à l’abri de ce type de dérive.

Ce qui est en jeu ici n’est donc pas une faiblesse proprement africaine. C’est la fragilité structurelle de toute institution sportive qui laisse la procédure l’emporter sur la clarté du jeu. Mais en Afrique, cette fragilité a un coût supplémentaire. Celui de l’image. Et celui de la confiance interne.

Le regard du monde et la fierté africaine

La Coupe d’Afrique des Nations est l’une des compétitions continentales les plus suivies au monde. Elle attire des droits télévisuels croissants, des partenaires internationaux de plus en plus nombreux, et des joueurs formés dans les meilleures académies du monde. Elle est, à bien des égards, la vitrine sportive de l’Afrique.

Or cette édition 2025 risque de rester dans les mémoires non pour la qualité du jeu, mais pour une décision administrative rendue deux mois après la finale.

Cette image fragilise plusieurs acquis essentiels :

  • La crédibilité de la Coupe d’Afrique des Nations comme compétition sérieuse aux yeux des partenaires internationaux
  • L’attractivité du football africain pour les investisseurs, diffuseurs et sponsors
  • La confiance des populations africaines dans leurs propres institutions sportives
  • La fierté continentale que la compétition est censée incarner

Et derrière la Confédération africaine de football, c’est l’image de l’Afrique institutionnelle qui est en jeu. Car chaque fois qu’une institution africaine produit une décision opaque, contestée ou perçue comme biaisée, elle risque d’alimenter un récit que l’Afrique combat depuis des décennies : celui d’un continent incapable de se gouverner lui-même avec équité. Ce récit est faux. Profondément faux. Mais des décisions comme celle-ci le rendent difficile à réfuter — surtout aux yeux de ceux qui ne cherchent pas à comprendre, mais à confirmer leurs préjugés.

Le football africain à un tournant

Ce 17 mars 2026 restera comme un moment charnière. Non pas parce qu’un titre a changé de main. Mais parce que le sens même du jeu a vacillé.

Ce qui s’est passé n’est pas simplement un litige sportif. C’est un révélateur. Celui de la difficulté de nos institutions à produire des décisions à la fois légales, légitimes et acceptées. Celui du fossé persistant entre les règles écrites et la justice perçue. Celui des tensions entre États africains que le sport exacerbe parfois plus qu’il ne les apaise.

Et c’est pour cela que, malgré toute la passion que j’éprouve pour ce jeu, je continue de penser que l’Afrique ne peut pas se permettre de laisser le football occuper tout l’espace public. Nos défis sont trop réels, trop urgents, trop complexes pour être noyés dans l’émotion des tribunes.

Mais quand le football devient le miroir de nos fractures institutionnelles, il faut savoir le regarder en face. Sans complaisance. Sans excès non plus.

Le Sénégal a gagné sur le terrain. Le Maroc a gagné sur décision. La messe n’est pas encore dite.

Et le football africain, lui, attend toujours une institution à la hauteur de ses ambitions.

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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