Les Émeutes de Deido 2012

Janvier 2012

Depuis le 31 Décembre 2011, le quartier Deido à Douala est le théâtre d’émeutes qui opposeraient les ressortissants de celui-ci à des conducteurs de taxi venus d’autres quartiers.

Le Cameroon People’s Party tient à faire part de ses sincères condoléances à l’endroit de toutes les familles éprouvées de part et d’autre par ces tristes évènements.

Comme on le sait désormais, ces échauffourées sont la conséquence directe de l’assassinat du jeune Eric Monney par des personnes jusqu’ici non identifiées.

L’évolution de la situation depuis lors laisse apparaitre clairement un risque d’aggravation de cette dernière dans la mesure où on voit se dessiner les spectres de la violence et de l’affrontement inter communautaire.

Cette évolution est d’autant plus inquiétante que, manifestement, les forces de l’ordre et de sécurité peinent à rétablir l’ordre ainsi que la sécurité des biens et des personnes. Cette impuissance fait le lit des extrémismes de tous ordres et préoccupe au plus haut point le Cameroon People’s Party.

A ce titre, nous pensons que le fond de la question est l’insécurité récurrente et ambiante dans un quartier qui est un pôle de divertissement dans la ville de Douala. Insécurité qui n’est pas une réalité exclusive de Deido. Insécurité qui serait le fait de personnes qui opèreraient par le moyen de motos.

Cependant, il convient de ne pas tomber dans toutes sortes d’amalgames. En effet, il convient de ne pas attribuer à tout un corps de métier les méfaits de certains individus qui, par ailleurs, n’ont pas été formellement identifiés comme des conducteurs de motos taxis.

Ensuite, l’interdiction de circulation des motos taxis ne peut pas être une solution véritable à la question de l’insécurité qui se pose dans cette zone. Sinon, il faudrait en toute logique interdire la circulation de ces motos-taxis dans tous les quartiers de la ville. Cela paralyserait la ville de Douala à deux niveaux très sensibles : celui des transports dans une ville populeuse ayant des routes peu praticables pour les véhicules et celui de l’emploi. Les bendskinneurs exercent une activité économique difficile et pour la vaste majorité d’entre eux une activité qu’il n’aurait pas choisi s’ils avaient d’autres options. Toutefois dans le court terme, cette activité permet à plusieurs milliers de jeunes camerounais de subvenir tant bien que mal à leurs besoins quotidiens.

Le problème de l’insécurité des biens et personnes interpelle, plus que jamais, au premier chef les autorités policières et administratives de la ville de Douala.

Enfin, les représailles aveugles et généralisées ne servent ni la justice ni la paix. Au contraire, elles entretiennent le cycle de la violence et le nombre de potentielles victimes collatérales. Elles constituent du pain béni pour d’éventuels esprits mal intentionnés capables d’exploiter un tel drame par une exacerbation des tensions tribales.

Actuellement l’urgence doit être au retour à l’ordre et au calme. Ceci suppose :

1) De tenir les deux parties en respect en évitant que les uns et les autres n’amplifient inutilement une situation déjà grave.

2) De retrouver les multiples coupables d’actions illégales et criminelles afin de les punir fermement.

3) De mettre en place un dispositif renforcé de sécurité dans les points chauds de la ville afin de prévenir de tels drames.

4) Enfin, cette crise créée une opportunité pour notre ville. Il est impératif de mettre en place un cadre de dialogue permettant à toutes les parties prenantes de se concerter et de trouver des solutions gagnantes-gagnantes pour l’ensemble. Il est important de discuter en profondeur des problèmes fondamentaux de Douala, notamment:

  1. L’insécurité dans nos quartiers
  2. Le transport urbain
  3. Le chômage de nos jeunes

 

Le Cameroon People’s Party tient à réaffirmer le plus clairement possible le droit absolu de tous les Camerounais/es :

 A vivre dans la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire camerounais.

 A circuler librement et à s’établir en toute quiétude partout où bon leur semble sur l’ensemble du territoire national dans le respect de la loi, des moeurs et traditions reconnues.

Le Cameroon People’s Party estime que les principaux vainqueurs de cette bataille ne sauraient être l’incompréhension, la haine et les opportunistes du « désordre » de tout acabit.

Nous sommes un peuple digne, notre diversité est une richesse. Prenons les options qui nous permettent de vivre et de réussir tous ensemble.

 

Pour le Cameroon People’s Party

Franck Essi

 

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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