Compte tenu des contre-vérités diffusés dans certains médias, le Cameroon People’s Party (CPP) précise ses positions sur la Marche du 28 février 2015 en particulier et la situation sécuritaire du Cameroun en général.
En tant que formation politique nous avons, comme beaucoup d’autres, pris la décision de ne pas participer à la marche du 28 février 2015 pour deux raisons principales.
- La date inappropriée choisie pour cette marche
- Les préoccupations actuelles du CPP sur la situation sécuritaire qui sont bien au-delà des objectifs de ladite marche.
Le 28 février
Depuis février 2011 le CPP célèbre les héros et héroïnes du Cameroun du 23 au 28 février. C’est un moment clé pour renforcer nos convictions en nous rappelant de tous ceux et celles qui ont combattu avant nous ; notamment pendant quatre périodes clés de l’histoire politique camerounaise :
- 1884 – La résistance à la colonisation – Kum’a Mbappe et autres
- 1945 – 1972 – La lutte pour l’indépendance et la réunification – Marthe Ouandié et autres
- 1990s – La lutte pour la démocratie – Yondo Black et autres
- 2008 – La lutte contre la Présidence à vie et contre la vie chère – Jaques NGNINTEDEM TIWA et autres.
Depuis 2012, nous demandons au gouvernement camerounais de reconnaître les héros et héroïnes de la nation et de leur dédier divers types de célébration. D’autres formations politiques et organisations de la société civile le font aussi. Ensemble nous avons réussi à imposer cette semaine dans le calendrier national, ne serait-ce qu’au niveau des médias et du peuple. En tant que formation politique il nous a semblé que superposer une autre célébration à cette date n’est pas indiqué et comporte des risques pour notre mémoire collective et notre patrimoine politique national. Les risques de manipulation politique que comportait cette marche nous semblaient assez importants. Nous avons opté de maintenir la célébration des héros et héroïnes à cette date et de ne pas participer à la marche de Yaoundé.
Les Objectifs de la Marche
Les objectifs de la marche nous ont été communiqués comme étant l’expression du soutien à notre armée et aux populations de l’Extrême Nord. Le CPP félicite tous ceux et toutes celles qui ont marché dans cette optique. Nous aurions souhaité qu’ils marchent un autre jour, mais nous restons focalisés sur ce qui a motivé la grande majorité de nos compatriotes dans la marche et nous saluons le soutien exprimé.
Pour notre formation politique les objectifs visés ont été atteints il y a des mois de cela.
- Novembre 2013 – Le CPP adresse une lettre ouverte au Président de la République au sujet de la sécurité au niveau de nos frontières. Dans cette lettre, nous lui demandions de convoquer un sommet, de prendre le leadership pour la coopération régionale, de mettre à la disposition de nos forces armées les ressources nécessaires à la protection de nos frontières.
- Entre Mars et Juin 2014 – Nous avons adressé plusieurs correspondances au gouvernement et au peuple camerounais, attirant l’attention sur la gravité de la situation sécuritaire et revendiquant la solidarité avec nos compatriotes de l’Extrême Nord et nos forces armées.
- Août 2014 – A la suite des attaques les plus horribles que le Cameroun avait connu à cette date, la Présidente Nationale, le Secrétaire Général et d’autres leaders du CPP ont effectué une « Tournée de Solidarité » dans l’Extrême Nord.
- Janvier 2015 – Le CPP s’est adressé à la nation camerounaise avec un discours détaillant la stratégie sur les plans militaire, humanitaire, de la coopération régionale, du développement économique selon le CPP, et avec des recommandations pratiques et spécifiques au Chef de l’Etat.
En février 2015 le CPP a estimé que vu ses actions précédentes, les populations de l’Extrême Nord et les forces de l’ordre connaissent à quel point le CPP les tient à cœur et est solidaire avec eux. A cet effet, le simple geste de solidarité à travers une marche n’était plus une option, mais plutôt s’impose à nous, le suivi des recommandations et des actions spécifiés dans notre adresse à la nation du 23 Janvier 2015. Quelques actions et recommandations extraits de ce discours comprennent :
Le Soutien à Nos Forces Armées
« L’équipement, la formation et le ravitaillement qui doivent être assurés à nos troupes. Au sein des forces armées camerounaises, cela signifie que toutes les unités des forces armées doivent être fournies de manière équitable. Aucune force, ni aucun soldat, ne devrait se sentir inférieur ou sous-équipé alors qu’il se bat aux côtés d’un autre. Nous devons certainement assurer que les soldats camerounais ont l’équipement et la formation requise vis-à-vis de ceux des autres pays. »
Le Soutien aux Populations
Le CPP tient à souligner qu’à ce jour, environ 40 000 camerounais sont des personnes internes déplacés. Nous demandons au Gouvernement de mettre en place un système de prise en charge holistique pour ces personnes comprenant les soins de santé physiques et psychiatriques, des solutions pour l’hébergement et la nutrition, la prise en charge de la scolarité des enfants déplacés, etc. Pour le CPP, soutenir ces populations aujourd’hui va bien au-delà des slogans. Peu d’actions concrètes sont menées à ce jour.
Le Développement Economique et Social de la Région
« Il est incontestable que la pauvreté, la marginalisation politique, la stagnation sociale et la mauvaise gouvernance au Nigeria et au Cameroun sont les éléments qui ont permis au mal de l’extrémisme de prendre racine dans nos pays et d’étendre son cancer. »
Pour apporter des solutions durables à cette région, il faudra :
- « Restructurer et réinvestir dans les grandes entreprises du Grand Nord telles que SEMRY et SODECOTON.
- Investir dans les infrastructures, ce qui envoie à tous, un message fort de la présence et du contrôle de l’État dans la région. Cela comprend: la construction de routes, ponts, digues, barrages, etc. Cela va créer des emplois et donner un rythme soutenu à l’activité économique.
- Soutenir les principales chaînes de valeur pour les PME de la région telles que: Oignons, Pêche, Riz, Transport et Commerce. »
Il s’agit là de quelques extraits de notre communication au gouvernement et à la population camerounaise. En tant que parti qui joue un rôle d’avant-garde sur la question de la sécurité nationale depuis 2013, nous avons estimé que notre rôle n’était pas à ce stade de faire une marche de solidarité symbolique. Tous les camerounais qui l’ont fait sincèrement le 28 février sont à féliciter pour ce geste de patriotisme et de solidarité nationale.
Le rôle du CPP à cette date était de conserver les acquis de la célébration des autres héros et héroïnes qui ont payé très cher le prix de la construction du Cameroun que nous nous évertuons à conserver aujourd’hui, afin qu’ils ne soient guère oublié. Le rôle du CPP à ce stade est de maintenir la pression sur ceux qui ont le pouvoir de gérer cette guerre en notre nom pour qu’ils prennent les décisions pratiques et opérationnelles qui soutiennent véritablement nos compatriotes de l’Extrême Nord et nos forces armées.
Par ailleurs, le CPP réitère sa détermination à faire respecter par le Gouvernement les droits et libertés des Camerounais /es. On ne combat pas le terrorisme par l’arbitraire et la terreur sur la population. A ce titre, nous dénonçons les « autorisations » à géométrie variable des manifestations publiques. En guise d’illustration, les manifestations du SDF et du CPP ont été interdites au même moment où d’autres marches étaient permises de manière spéciale. Il ne doit plus en être ainsi.
Ensemble nous allons construire la Nation Camerounaise et nous allons le faire selon le slogan du CPP… Le Peuple d’Abord !
Pour le Cameroon People’s Party (CPP),
(è) Franck Essi