Par Franck Essi

20 mai : de quoi parle-t-on vraiment ?
Chaque 20 mai, le Cameroun célèbre « l’unité nationale » ou plus précisément « l’Etat Unitaire ». Mais que célébrons-nous, au fond ? Une date ? Un rituel ? Une fiction ? Depuis des décennies, cette fête est réduite à une parade, une mise en scène, un écran de fumée qui masque mal les douleurs profondes, les fractures visibles, les blessures béantes de notre corps national.
Dans un pays où la majorité peine à vivre décemment, où tant de citoyens sont marginalisés, précarisés, oubliés, l’unité nationale ne peut se réduire à des slogans, à des chants officiels et à des agapes dispendieuses. On ne construit pas l’unité sur du vent. On la construit sur des valeurs, une histoire assumée, un projet collectif crédible, une justice réelle, un partage équitable des ressources, et un respect effectif de la dignité humaine.
Célébrer l’unité nationale devrait être une occasion de rétrospective, d’évaluation, de commémoration et de prospective :
- Rétrospective, pour honorer les combats menés et les acquis chèrement conquis ;
- Évaluation, pour reconnaître les insuffisances, les échecs, les renoncements ;
- Commémoration, pour rendre justice aux héros et héroïnes trop souvent oubliés ou effacés de la mémoire officielle ;
- Prospective, pour se projeter ensemble dans la construction d’une société véritablement juste, inclusive et solidaire.
Mais aujourd’hui, ce que nous constatons, c’est le recul du sentiment national, l’effritement du lien civique, la crise du vivre-ensemble. Il n’est jamais trop tard pour ouvrir les yeux. Et pour poser les vraies questions. Pour ma part, je suis convaincu qu’au moins dix failles majeures menacent aujourd’hui la cohésion de notre pays et fissurent les fondations de notre unité nationale. Dix défis à relever, dix chantiers à ouvrir, si nous voulons refaire Nation.
Avant d’y venir, quelques précisions s’imposent pour mieux cerner ce que nous entendons par unité nationale — et ainsi mieux situer le diagnostic et l’invitation collective que je formule ensuite.
Qu’est-ce que l’unité nationale ?
L’unité nationale n’est ni une date, ni un slogan, ni un rituel administratif. C’est un projet collectif vivant, fondé sur la concorde, l’harmonie, le respect mutuel et un consensus sur notre identité commune et nos fondamentaux en tant que Nation.
Elle repose sur une volonté sincère : celle de vivre et d’avancer ensemble, dans le respect de nos différences, et dans l’engagement pour une justice véritablement partagée.
Elle implique nécessairement :
- Un consensus sur les institutions, la loi fondamentale et les règles du jeu politique ;
- Une inclusion politique, économique et sociale de toutes les Camerounaises et de tous les Camerounais, sans distinction ;
- Un rejet des injustices structurelles, des inégalités chroniques et de l’accaparement des richesses par une minorité ;
- Un dialogue politique et social authentique, permanent, et non une mascarade de concertation sans suite.
L’unité nationale se construit activement chaque fois que nous renforçons le consensus, réduisons les inégalités, partageons équitablement les ressources, valorisons notre histoire dans toute sa vérité, et faisons vivre les valeurs démocratiques dans nos institutions comme dans nos comportements.
Elle se déconstruit, à l’inverse, dès qu’on bâillonne les débats, qu’on occulte les injustices, qu’on instrumentalise les symboles au lieu d’incarner les idéaux qu’ils sont censés porter.
L’unité nationale n’est donc pas un décor, pas un discours, pas une parure de fête. C’est un édifice exigeant, qu’il faut bâtir chaque jour, avec de la justice, de la mémoire, de la démocratie réelle, de la solidarité, une vision partagée, et le courage de rompre avec le statu quo.
Quels sont donc les failles à combler et les chantiers à ouvrir pour refaire Nation ?
Voici, selon moi, dix défis majeurs, dix lignes de fracture qu’il nous faut impérativement affronter si nous voulons que l’unité nationale devienne autre chose qu’un slogan vidé de sens. Dix urgences pour un avenir commun véritablement partagé.
Le Cameroun est une mosaïque de peuples, un carrefour de langues, de cultures, de spiritualités, de mémoires. Une richesse inestimable. Mais aussi, trop souvent, un terrain miné. Miné par les replis identitaires, les préjugés ethniques, et l’instrumentalisation cynique de la diversité à des fins de pouvoir. Ce qui devrait être notre plus grande force est devenu, à force de manipulation et de peur entretenue, l’un de nos plus grands freins.
Au lieu d’être perçue comme un socle commun à valoriser, la diversité est systématiquement piégée dans une logique de méfiance, de quota, de cloisonnement. La citoyenneté elle-même est diluée dans une vision ethno-mathématique de la République : chaque poste, chaque avantage, chaque opportunité doit désormais correspondre à un « équilibre régional », comme si le pays était un gâteau à découper selon les origines, et non un projet collectif à construire dans la solidarité et la compétence.
Une Nation ne se bâtit pas avec des cloisons ethniques. Elle se construit avec des ponts. Des ponts entre les peuples, entre les mémoires, entre les générations. Des ponts de sens, de valeurs, de projets. Tant que l’on placera l’appartenance communautaire au-dessus de l’intérêt général, le sentiment national restera fragile, contingent, conditionnel.
Ce n’est pas une fatalité. Mais cela exige une rupture.
Il faut en finir avec l’ethnicisme politique, cette logique qui permet à des élites locales de capter la colère de leurs communautés pour mieux la canaliser vers la conservation du statu quo. Il faut décoloniser nos réflexes, car déjà à l’époque coloniale, la diversité a été utilisée pour mieux diviser. Le poison n’a jamais été totalement purgé. Il s’est simplement transformé, modernisé, camouflé sous des discours de « représentativité ».
La vérité est crue : tant que l’autre est perçu comme une menace, tant que le « nous » se construit contre un « eux », tant que l’État cède à la logique du repli, toute tentative d’unité sera vouée à l’échec.
C’est pourquoi il faut une politique nationale de réconciliation identitaire. Il faut une éducation nouvelle, qui ne nie pas les appartenances, mais qui les dépasse. Une éducation qui forme à la citoyenneté partagée, à la conscience d’un destin commun, à la fierté d’une diversité assumée — et non redoutée.
Il faut abolir les pratiques et discours rétrogrades, à tous les niveaux : dans les institutions, dans les médias, dans les partis, dans les familles. Il faut briser le pacte tacite entre pouvoir et ethnicisme, qui n’a d’autre finalité que la reproduction d’un système d’exclusion et de rente.
Le mouvement de l’Histoire, et singulièrement celui du Cameroun, est un mouvement vers le brassage, vers le dépassement, vers la nation. Mais pour que cela devienne réalité, il faudra du courage. Du courage politique, du courage intellectuel, du courage moral.
Posons donc les vraies questions :
- Comment déconstruire l’idée que le Cameroun est un gâteau ethnique à se partager ?
- Comment faire émerger une citoyenneté active qui transcende les appartenances de naissance ?
- Comment construire une Nation qui protège sans diviser, qui reconnaît sans catégoriser ?
Car on ne fait pas Nation avec la peur. On la fait avec la confiance, la justice, la vérité et le courage de se réinventer ensemble.
Une Nation ne se construit pas avec des cloisons ethniques. Elle se bâtit avec des ponts.
Faille 2. Une gouvernance extractive : quand l’État devient un butin et l’unité un leurre
Au Cameroun, l’État ne fonctionne plus comme un bien commun. Il est devenu l’affaire privée d’une fausse élite obsédée par la rente, déconnectée des réalités du peuple, et accrochée aux leviers du pouvoir comme à une source d’enrichissement personnel. La gouvernance, loin d’être inclusive, transparente ou tournée vers l’intérêt général, est dominée par une logique d’accaparement.
L’administration est inefficace. Les politiques publiques manquent de vision, de continuité, de résultats. La corruption s’étale, l’impunité s’installe, et l’État lui-même finit par apparaître comme un simple guichet de privilèges réservé aux initiés. La République est vécue non plus comme un espace d’égalité, mais comme un marché truqué où seuls les mieux placés raflent la mise.
Le principe de redistribution est faussé. L’investissement public se concentre sur les zones politiquement favorisées, sans lien avec les besoins réels des territoires. Le budget de l’État, au lieu de corriger les déséquilibres, les aggrave. Et le fossé se creuse entre un centre surprotégé et des périphéries reléguées.
Or, il ne peut y avoir unité nationale sans une intégration nationale réelle, fondée sur trois piliers :
- Culturellement, une vision commune, des valeurs partagées, des référents collectifs qui unissent plutôt que divisent.
- Économiquement, l’accès équitable à la production et à la redistribution des richesses, sans discrimination régionale, sociale ou ethnique.
- Politiquement, la reconnaissance de tous les groupes et courants dans le jeu démocratique, et le plein exercice des droits et libertés pour chaque citoyen.
Mais cette intégration n’est pas un vœu pieux. Elle est le produit de la manière dont un État conçoit, met en œuvre et évalue ses politiques. Elle dépend de la capacité des institutions à garantir la justice, la performance et l’équité dans la répartition des efforts comme des fruits du développement.
Aujourd’hui, la gouvernance camerounaise fait exactement l’inverse : elle exclut, marginalise, stigmatise. Elle nourrit les frustrations et encourage les replis identitaires. Elle pousse les citoyens à se percevoir non plus comme membres d’un même corps national, mais comme des adversaires dans une compétition pour des miettes.
Cette logique est renforcée par une pratique de la politique réduite au clientélisme, à la distribution de postes, à la gestion clanique des institutions. À la place de réformes structurelles, on propose des rafistolages ; au lieu d’un vrai débat sur la justice sociale, on brandit de faux symboles d’unité, comme les performances sportives des Lions Indomptables.
Le plus tragique est que ce système ne repose pas sur l’ignorance, mais sur une stratégie bien pensée de captation du pouvoir. Ceux qui dirigent savent ce qu’ils font. Ils savent que la privatisation de l’État affaiblit le sentiment d’appartenance nationale, mais ils en profitent. Ils savent que l’exclusion crée des tensions, mais ils s’en accommodent.
Dès lors, une question essentielle s’impose :
Comment rompre avec cette culture de la rente et reconstruire une gouvernance au service du peuple ?
Cela suppose :
- Une rupture avec la logique patrimoniale de l’État ;
- L’instauration d’une gouvernance fondée sur la performance, la redevabilité, et l’égalité des chances ;
- La fin de l’impunité et une véritable politique de justice sociale ;
- Une redistribution équitable des ressources, au service du développement des territoires et des communautés marginalisées.
L’unité nationale ne peut être un discours creux, masquant une réalité de spoliation. Elle doit être le fruit d’un projet collectif crédible, vécu dans la justice, la dignité et l’inclusion. Tant que l’État sera perçu comme un butin, le peuple n’aura aucune raison de croire au récit national qu’on lui impose.
Le chantier est immense. Mais il est incontournable. On ne bâtit pas la Nation sur la rente, le mépris et le mensonge. On la bâtit sur la justice, le respect, et la vérité.
Faille 3. La question anglophone : un contentieux historique devenu plaie ouverte
La question anglophone ne date pas de 2016. Elle plonge ses racines dans une histoire plus ancienne, marquée par la trahison de l’esprit de la réunification, la suppression unilatérale du fédéralisme, et la marginalisation progressive — symbolique, politique, économique et culturelle — des régions dites anglophones.
Ce qui aurait pu être une question politique traitée avec lucidité et justice s’est transformée, par aveuglement volontaire et par logique de domination interne, en une crise profonde. Et cette crise est devenue une guerre rampante, qui ensanglante les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis plus de huit ans, avec des répercussions bien au-delà de ces territoires.
Le bilan est lourd : des milliers de morts, des écoles fermées, des enfants enrôlés dans la violence, des communautés entières déplacées ou traumatisées. Et pendant ce temps, le discours officiel persiste dans le déni, réduisant une revendication politique à une simple question sécuritaire.
En refusant d’écouter les griefs historiques d’une partie de la population, en trahissant les engagements initiaux de la réunification, en répondant à des aspirations légitimes par la répression, l’État a contribué à faire basculer un mécontentement en insurrection.
Rendus où nous sommes aujourd’hui :
- Peut-on continuer à ignorer le profond sentiment d’injustice qui traverse des millions de nos concitoyens ?
- Peut-on espérer la paix sans reconnaissance des torts, sans réparation sincère, sans réforme structurelle ?
- Peut-on parler d’unité nationale sans un cadre institutionnel repensé pour garantir, enfin, l’égalité dans la diversité ?
Ce ne sont ni les simulacres de dialogue, ni la falsification de l’histoire, ni la seule force qui viendront à bout d’un ressentiment aussi enraciné. L’unité nationale ne se décrète pas. Elle ne se construit pas sur les cendres du déni. Elle se bâtit dans la vérité, la justice et la volonté partagée de faire nation.
Le chemin de la réconciliation est devant nous. Il exige de regarder le passé en face, de retisser les liens brisés, et de reconstruire un projet national qui ne laisse personne à la marge.
Faille 4. L’injustice sociale : poison silencieux de la dislocation nationale
Au Cameroun, l’injustice sociale n’est pas une anomalie passagère. C’est une réalité systémique. Elle ronge silencieusement le socle de l’unité nationale, mine la cohésion sociale et alimente un profond sentiment d’abandon chez des millions de citoyens.
Un Camerounais sur trois ne mange pas à sa faim. Les femmes peinent à trouver leur place dans les sphères de décision. Les personnes en situation de handicap sont largement invisibilisées. Des milliers de jeunes, pourtant surdiplômés, errent sans perspectives. L’économie informelle absorbe une majorité de travailleurs précaires. La pauvreté devient une fatalité héréditaire. L’école, censée corriger les injustices, les reproduit. L’hôpital, censé soigner, exclut ceux qui n’ont pas de quoi payer.
La République est supposée garantir à chacun l’accès au bien commun : eau potable, électricité, soins de santé, éducation, justice. Mais dans les faits, ces droits relèvent de plus en plus du privilège. Quand le quotidien est fait de privations, d’humiliations, d’arbitraire et de survie, l’idée même de vivre-ensemble devient un leurre.
Dans un pays où l’élite accumule richesses et passe-droits pendant que la majorité lutte pour sa dignité, on ne peut parler d’unité. Le chômage de masse, l’exclusion sociale, la violence économique, la précarité généralisée fracturent la nation de l’intérieur. Le contrat social est rompu.
Comment construire une solidarité nationale dans un tel contexte ? Comment faire croire à un destin commun lorsque tant de Camerounais vivent dans l’angoisse du lendemain ? Peut-on encore parler de justice quand l’État semble se détourner des plus faibles ?
L’unité nationale ne peut s’ancrer durablement dans un pays où la souffrance est inégalement répartie, et où les privilèges écrasent les droits. Sans justice sociale, il n’y a ni paix véritable, ni communauté politique stable.
Refaire Nation, c’est aussi rétablir l’égalité des chances, rendre effectifs les droits fondamentaux, redistribuer équitablement les ressources, réparer les injustices durables. C’est traiter l’injustice sociale non comme une fatalité, mais comme une urgence nationale.
N’oublions pas cette vérité basique : Une nation où les inégalités sont structurelles est une bombe sociale à retardement.
Faille 5. Le verrouillage politique : quand la démocratie devient façade
Au Cameroun, la « démocratie apaisée » est à bout de souffle. Le processus électoral est perverti. L’organe chargé de l’organisation des scrutins manque cruellement d’indépendance et de compétence. Le Conseil constitutionnel s’est transformé en chambre d’enregistrement. Les partis d’opposition sont harcelés, leurs actions entravées. Quant aux libertés fondamentales — d’association, d’expression, de manifestation — elles sont réduites à peau de chagrin, du fait en particulier d’une accélération ces dernières années du rétrécissement de l’espace des libertés par un certain « Moulinex ».
Le citoyen ne choisit plus. Il assiste à une mise en scène où l’issue est écrite d’avance. Ce n’est plus un vote, c’est une résignation. Ce n’est plus une démocratie, c’est un simulacre.
Or, l’unité nationale ne peut se construire sans représentation réelle, sans débat ouvert, sans légitimité partagée. Une nation se fonde sur la participation de toutes ses composantes, sur l’alternance possible, sur la confiance dans les règles du jeu. Là où ces règles sont biaisées, l’idée même de contrat social se délite.
Quand l’espace politique est verrouillé, quand l’ordre public devient prétexte à l’interdiction systématique des manifestations, quand les autorités administratives deviennent les vigiles d’un seul parti, alors la scène démocratique se transforme en champ clos. Et le peuple, privé de parole, finit par chercher d’autres voies d’expression — plus brutales, plus imprévisibles.
Dès lors :
- Peut-on encore parler d’unité nationale dans un pays où les voix dissidentes sont muselées, où l’opposition est diabolisée, où les citoyens ne croient plus en l’utilité du bulletin de vote ?
- Peut-on espérer la paix durable quand la colère populaire ne trouve aucun débouché institutionnel crédible ?
Verrouiller la politique, c’est miner la démocratie. Miner la démocratie, c’est attiser les tensions. Quand on rend une révolution pacifique impossible, on ouvre la voie à une rupture violente.
Refaire Nation, c’est rouvrir l’espace politique. C’est garantir à chacun le droit d’agir, de contester, de proposer. C’est restaurer la confiance dans les institutions en refondant le pacte démocratique sur des bases saines : indépendance, équité, transparence, pluralisme.
L’unité nationale n’a de sens que si elle inclut tous les citoyens dans la définition de l’avenir commun. Et cela commence par une démocratie réelle, ouverte et vivante — pas par une illusion verrouillée.
Faille 6. La terre et l’eau : une guerre en sourdine et un majeur risque d’implosion
Le sol camerounais n’est pas qu’un territoire : il est devenu un champ de bataille silencieux. Une bombe à retardement sociale, communautaire, politique. La terre et l’eau, ressources vitales, sont aujourd’hui au cœur de tensions croissantes. Et pourtant, ce sujet majeur reste relégué dans les marges du débat national, comme si l’on refusait d’ouvrir les yeux sur un péril imminent.
Les conflits fonciers sont partout. Ils ressurgissent lors des expropriations menées au nom d’une « utilité publique » souvent douteuse. Ils explosent quand des communautés dénoncent l’envahissement progressif de leurs terres ancestrales par d’autres groupes ou par des entreprises appuyées par des réseaux politico-administratifs. Ils éclatent lorsque des multinationales accaparent des milliers d’hectares pour des projets dont l’impact réel sur le bien commun reste incertain, voire néfaste.
En 2020, selon plusieurs organisations de la société civile, 85 % des contentieux devant les tribunaux camerounais étaient liés à des litiges fonciers, dans un pays où près de 85 % des terres ne sont pas immatriculées. Ce simple constat suffit à mesurer l’ampleur du chaos.
Le dispositif légal hérité de l’ordonnance de 1974 est obsolète. Le désordre, l’opacité et le clientélisme règnent sur le terrain. La dualité entre droit coutumier et droit moderne crée une insécurité permanente. Les populations locales n’ont souvent aucun recours. Le vide juridique est comblé par des réseaux de prédation foncière bien organisés. Le foncier, au lieu d’être un levier d’intégration et de stabilité, est devenu un facteur de fragmentation et de ressentiment.
À cette injustice foncière s’ajoutent des conflits anciens et récurrents autour de l’accès à l’eau et aux pâturages, notamment dans les zones rurales, agropastorales et transfrontalières. Avec l’accélération du changement climatique, la pression sur ces ressources vitales ne peut que s’intensifier. Les tensions intercommunautaires vont devenir plus fréquentes, plus violentes, plus difficiles à contenir si rien n’est fait.
La terre et l’eau ne sont pas des objets de luxe. Ce sont des conditions de survie.
Et quand l’accès à la survie devient un champ d’injustice, l’unité nationale se délite.
Et pour cause :
- Comment faire Nation quand une partie du peuple se sent dépossédée ? Comment bâtir la paix sans justice foncière ?
- Comment concilier développement, souveraineté et droits des communautés ?
- Comment prévenir l’explosion de conflits si les règles du jeu restent opaques, inégalitaires, excluantes ?
Nous ne pouvons plus repousser le débat. Il faut, dans le cadre d’un nouveau pacte national, construire un consensus clair, juste et inclusif sur la gouvernance foncière et la gestion des ressources naturelles essentielles. Ce consensus doit reposer sur :
- La reconnaissance des droits des communautés locales ;
- La réforme des textes de 1974, en phase avec les réalités actuelles et les défis climatiques à venir ;
- La transparence dans les transactions foncières ;
- Une justice foncière accessible, impartiale et efficace.
Refaire Nation exige de pacifier le rapport à la terre. Car un peuple qu’on dépossède est un peuple qu’on fracture. Et un pays sans sécurité foncière est un pays qui marche vers l’instabilité.
Faille 7. Le déficit d’État et les groupes armés non étatiques : un pays où l’État recule, le chaos avance
Depuis 2013, une guerre meurtrière secoue l’Extrême-Nord du Cameroun. Boko Haram, puis l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), y ont implanté leurs bases, semant la terreur dans des centaines de villages. Des écoles brûlées. Des familles décimées. Des jeunes enrôlés de force ou par nécessité. Des communautés entières déplacées. Des militaires, gendarmes, des policiers et des membres de comités de vigilances qui perdent leurs vies.
Ce terrorisme islamiste n’est pas qu’un écho d’une problématique globale. Il s’est enraciné sur un terreau bien local : le vide laissé par un État absent, inefficace ou incapable. Dans l’Extrême-Nord, comme dans l’Est ou d’autres zones frontalières, l’État n’a pas disparu du fait de la guerre — c’est son absence qui a permis la guerre.
Là où l’État ne garantit ni l’école, ni la santé, ni la sécurité, ni l’espoir, les esprits deviennent vulnérables. Là où aucune administration ne fait autorité, les seigneurs de guerre, les trafiquants, les coupeurs de route imposent la leur. Quand la jeunesse n’a ni emploi, ni avenir, ni dignité, 40 % d’entre eux finissent par rejoindre les groupes terroristes pour des raisons simplement économiques, selon les rares études disponibles.
Le déficit d’État est ainsi devenu un incubateur de radicalisation, une fabrique de ressentiment, un cancer pour l’unité nationale.
Comment un jeune de Kolofata, exposé chaque jour à la terreur, pourrait-il se sentir solidaire d’un jeune de Yaoundé, protégé, stable, inséré ? L’unité nationale ne peut être réelle que si l’accès aux services, aux droits, aux protections fondamentales est équitable partout sur le territoire. Sinon, l’État unitaire devient une fiction. Une façade. Une fracture.
C’est cette inégalité de traitement, cette absence de déploiement équitable de l’autorité publique, qui alimente le sentiment d’abandon. Et ce sentiment, à son tour, creuse un fossé mental, politique et affectif entre les régions marginalisées et le reste du pays. Ce n’est pas seulement une crise sécuritaire. C’est une crise du lien national.
La République, pour être entière, doit être présente. Pas uniquement à travers la répression ou les opérations militaires. Mais par l’école, la santé, l’eau potable, la route, l’espoir. L’État doit exister dans le quotidien, dans la proximité, dans la solidarité.
Posons-nous les vraies questions :
- Comment espérer faire Nation quand l’État est invisible ou inefficace dans des zones entières ?
- Comment faire aimer le Cameroun à des populations qui n’en reçoivent rien, sinon l’oubli ?
- Quelle politique de reconstruction de la présence publique dans les marges du territoire ?
Vaincre Boko Haram ne suffira pas si l’on ne développe pas un « État Fonctionnel » dans l’Extrême-Nord et ailleurs. Il faut construire des institutions solides, visibles, utiles. Il faut bâtir un État du quotidien, pas un État de parade.
L’unité nationale n’est possible que si l’État cesse d’être un fantôme dans certaines régions et devient enfin une réalité partagée.
Faille 8. La diaspora tenue à la frontière : quand la Nation rejette ses propres enfants
La diaspora camerounaise est une force. Une force économique, sociale, culturelle, intellectuelle. Chaque année, elle envoie plus de 300 milliards de FCFA sous forme de transferts. Elle finance les soins de santé, elle paie les frais de scolarité, elle construit des maisons, elle crée des entreprises, elle soutient les familles restées au pays. Elle investit, elle s’engage, elle milite. Et pourtant, elle est tenue à distance.
Loin d’être reconnue comme une composante à part entière du corps national, la diaspora est souvent perçue avec suspicion, voire mépris. La défiance institutionnelle, l’exclusion politique, le refus de lui accorder des droits pleins et entiers — à commencer par la reconnaissance de la double nationalité — en font des citoyens de seconde zone, à la fois indispensables et indésirables.
Or l’unité nationale ne peut s’arrêter aux frontières physiques. Elle doit inclure la communauté de destin, où qu’elle se trouve. Un Camerounais vivant à Berlin, à Dubaï ou à Johannesburg n’est pas un étranger. C’est un citoyen. Un membre de la Nation. Un acteur du présent et du futur.
Le refus de la double nationalité est une absurdité coûteuse. Il fracture les familles, empêche le retour ou la participation de nombreux expatriés aux affaires publiques, prive le pays de compétences stratégiques dans des secteurs clés comme la médecine, la recherche, l’éducation, la finance, l’entrepreneuriat. Il alimente aussi un profond ressentiment, particulièrement chez les jeunes de la diaspora qui ont grandi avec une double culture et veulent contribuer sans avoir à renoncer à une partie de leur identité.
Cette posture institutionnelle est d’autant plus incohérente que le Cameroun manque cruellement de talents, de ressources humaines qualifiées, de relais extérieurs solides. Dans un monde globalisé, où les diasporas deviennent des leviers de développement et d’influence pour de nombreux pays, le Cameroun reste prisonnier d’une logique d’exclusion, comme s’il craignait ses enfants partis au loin.
Et pourtant, la diaspora joue un rôle politique de plus en plus visible. Dans la crise anglophone par exemple, des activistes basés à l’étranger influencent fortement le débat national, faute de véritables espaces d’expression au sein des institutions. En marginalisant politiquement cette composante essentielle de la Nation, l’État ne fait que nourrir frustration et radicalisation.
Quel sens a l’unité nationale quand des millions de Camerounais sont délibérément exclus du pacte républicain ? Comment construire une démocratie dynamique, un pays compétitif, une communauté solidaire, si une partie de la population est jugée trop « étrangère » pour participer à la prise de décision, mais assez « nationale » pour envoyer de l’argent chaque mois ?
Il est urgent de repenser la place de la diaspora dans le projet national camerounais. Cela suppose :
- L’adoption d’une législation claire et inclusive sur la double nationalité ;
- La facilitation de la participation politique des Camerounais de l’étranger, notamment via le droit de vote et l’éligibilité ;
- La valorisation systématique de leurs apports dans les politiques publiques, le développement local et la projection internationale du Cameroun.
On ne bâtit pas une nation solide en amputant ses forces. On la bâtit en unissant tous ses enfants, de l’intérieur comme de l’extérieur car une patrie qui rejette ses enfants expatriés est une patrie amputée.
Faille 9. Mémoire fracturée, Histoire confisquée : quand le passé empêche la Nation de se construire
Le Cameroun n’a jamais vraiment fait face à son passé. Il l’a contourné. Falsifié. Enseveli. Depuis l’indépendance, l’histoire officielle est devenue un outil de pouvoir, un champ de silences et de manipulations, un récit mutilé où l’essentiel a été effacé. Résultat : le pays est aujourd’hui traversé par un conflit des mémoires, une fracture historique qui ronge les bases de l’unité nationale.
Dernier épisode en date : la polémique autour d’Ernest Ouandié, héros de la lutte anticoloniale, exécuté en place publique en 1971 et récemment qualifié de « bandit » par une personnalité politique et médiatique. Cette sortie scandaleuse, au lieu de provoquer une condamnation unanime, a mis au jour la persistance d’un imaginaire politique où les combattants de la liberté sont encore perçus comme des ennemis de la République. Comme si le temps n’avait rien réparé. Comme si l’indépendance avait été obtenue sans luttes, sans martyrs, sans douleurs.
Pendant ce temps, la dépouille d’Ahmadou Ahidjo, premier président de la République, repose toujours à Dakar, exilée comme son propriétaire. Aucun accord national, aucune volonté politique sérieuse n’a permis de ramener ce symbole de l’État postcolonial sur sa terre natale. Là encore, le refus d’assumer les contradictions de notre histoire empêche toute réconciliation réelle.
Même les tentatives de réouverture du passé, comme la commission mixte Cameroun–France sur l’histoire coloniale et postcoloniale, peinent à convaincre. Les débats sont opaques, les archives encore verrouillées, les conclusions reçues avec scepticisme. Peut-on vraiment espérer une vérité partagée si elle dépend du bon vouloir des anciens colonisateurs et des actuels héritiers du silence ?
Une Nation ne peut se construire sur l’oubli. Elle a besoin d’un récit commun. Pas d’un récit unique ou uniforme, mais d’une mémoire partagée, où toutes les douleurs ont droit de cité, où toutes les figures historiques peuvent être regardées avec lucidité, où les vérités dérangeantes ne sont plus criminalisées.
Aujourd’hui, les figures de l’UPC, les syndicalistes, les femmes résistantes, les étudiants massacrés dans les années 60, les héros méprisés, les familles des disparus, les milliers d’anonymes… tous attendent que justice soit rendue dans la mémoire collective. Tant que ces mémoires seront marginalisées, la fracture historique continuera de nourrir la défiance, la radicalisation, le rejet de l’État.
Cette situation appelle des actes forts. Pour de nombreux compatriotes, refonder l’unité nationale impose aujourd’hui de :
- Reconnaître officiellement les crimes politiques du passé, et réhabiliter les victimes de la répression postcoloniale ;
- Restituer à la mémoire nationale ses grandes figures historiques, de l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, y compris dans les lieux publics, les programmes scolaires, les commémorations nationales ;
- Ramener la dépouille d’Ahidjo pour ouvrir un débat serein sur son rôle historique, loin des passions, dans une logique de mémoire apaisée ;
- Ouvrir toutes les archives, au Cameroun comme en France, et garantir un accès public à l’histoire vraie, pas à la propagande d’État ;
- Créer une Fondation nationale de la Mémoire et de la Réconciliation, indépendante, pluraliste, chargée de porter une politique mémorielle inclusive.
Car tant que nous n’aurons pas soldé nos comptes avec l’histoire, tant que nous laisserons les fantômes du passé hanter le présent, nous ne pourrons pas faire société. Nous ne pourrons pas faire Nation.
L’unité nationale ne se décrète pas sur des cadavres oubliés. Elle se construit sur la reconnaissance, la vérité, la justice et la volonté partagée de faire la paix — avec le passé, pour inventer un avenir commun.
Faille 10. Jeunesse reléguée, avenir confisqué : fracture générationnelle et crise de transmission
Le Cameroun traverse une rupture silencieuse mais profonde. Plus de 70 % de sa population a moins de 30 ans, selon les dernières données de la Banque mondiale. Et pourtant, cette immense majorité est absente des lieux de décision, marginalisée dans les politiques publiques, sacrifiée dans l’économie nationale.
Face à elle, les plus de 65 ans, qui représentent à peine 5 % de la population, continuent de s’accaparer l’écrasante majorité des postes de pouvoir : dans les ministères, les directions générales, les partis politiques, les instances constitutionnelles, les entreprises publiques. Cette concentration du pouvoir entre les mains d’une classe dirigeante vieillissante, restée aux affaires sans alternance ni résultats probants, nourrit un ressentiment intergénérationnel grandissant.
Mais il ne s’agit pas seulement d’un problème de représentation ou d’emploi. Il s’agit d’une crise profonde de la transmission.
La chaîne des héritages, des combats, des repères est brisée. Les jeunes grandissent dans un environnement où les récits historiques sont tronqués, les figures héroïques oubliées, les valeurs collectives affaiblies. L’école ne transmet plus grand-chose, les aînés sont perçus comme des gardiens du blocage, et l’État comme un mur sans écho.
23 % seulement des jeunes maîtrisent une langue camerounaise (UNESCO, 2023). Ce n’est pas anodin. C’est le symptôme d’une génération en perte de repères culturels, happée par les cultures globalisées et consuméristes, mais sans ancrage solide dans une histoire ou un projet national.
Cette jeunesse, pourtant pleine d’énergie, de créativité et de rêves, se heurte à un système verrouillé. Elle est reléguée aux concours biaisés, à la débrouille dans l’informel, à la fuite vers l’étranger, ou à la colère sur les réseaux sociaux. Quand elle ose protester, elle est réprimée. Quand elle propose, elle est ignorée. Quand elle espère, on lui rappelle qu’elle doit « attendre son tour ». Un tour qui ne semble jamais arriver.
Questions !
- Quel pays peut se construire en sacrifiant sa jeunesse ?
- Quel pays peut transmettre un idéal national quand ceux qui incarnent l’autorité ne transmettent plus rien d’autre qu’un pouvoir fossilisé ?
L’unité nationale ne peut pas être le monopole d’une génération fatiguée. Elle ne peut être solide que si elle repose sur une transmission vivante entre les générations — une transmission de la mémoire, des responsabilités, des idéaux, des luttes, mais aussi du droit à inventer un avenir nouveau.
Il faut refonder le lien intergénérationnel sur une base juste et audacieuse. Cela passe par :
- Un rééquilibrage des représentations : les jeunes doivent pouvoir accéder à des responsabilités politiques, économiques, culturelles, dès maintenant, pas demain ;
- Des politiques ambitieuses de transmission et de co-construction : faire des aînés des passeurs, non des gardiens de l’immobilisme ;
- Une valorisation de la jeunesse comme force motrice du pays, pas comme catégorie à encadrer ou à contenir ;
- Un nouveau pacte national, qui fasse de la jeunesse le cœur vivant du Cameroun, et non sa marge éternelle.
Une société qui ne transmet plus, se condamne à la répétition des échecs. Une société qui n’écoute plus sa jeunesse, se coupe de son propre avenir.
L’unité nationale est une œuvre intergénérationnelle. Elle exige un dialogue sincère, une passation réelle, et une confiance active dans ceux qui arrivent.
C’est à cette condition que le Cameroun pourra se réconcilier avec lui-même. Non en répétant les formules du passé, mais en faisant place à la relève, à la transmission, à la création partagée d’un avenir juste et commun.
Ma conviction : Seul un processus de transition refondatrice et démocratique peut nous aider à refaire véritablement Nation
Le Cameroun est à un tournant de son histoire. Les dix failles que nous avons identifiées — identitaires, sociales, politiques, territoriales, mémorielles, générationnelles — ne sont pas de simples dysfonctionnements. Ce sont des fractures structurelles qui affaiblissent les fondations mêmes de notre vivre-ensemble. Elles ont des visages, des colères, des blessures ouvertes. Elles appellent non pas à la gestion, mais à la transformation.
Face à cela, le statu quo n’est plus tenable. Les rafistolages institutionnels ne suffisent plus. Les discours sans suite ne convainquent plus. Ce qu’il faut, ce que réclame ce moment, ce que commande l’urgence nationale, c’est une transition politique refondatrice.
Refaire Nation, ce n’est pas simplement améliorer ce qui existe. C’est changer de cap, d’horizon, de méthode et de logique. C’est reconstruire un nouveau pacte national fondé sur la vérité, la justice, l’équité territoriale, l’ouverture démocratique, la mémoire assumée et la solidarité réelle. Cela suppose une révision en profondeur de nos institutions, de notre rapport au pouvoir, de notre conception même de la citoyenneté.
Mais cette transition ne viendra pas d’en haut. Elle ne sera pas octroyée. Elle devra être portée, pensée, organisée et arrachée par celles et ceux qui en mesurent l’urgence. Par toutes les forces citoyennes, politiques, sociales, intellectuelles, spirituelles qui refusent de regarder le pays s’effondrer en silence.
Ce texte est à la fois une piqûre de rappel et un appel clair. Un appel à celles et ceux qui se savent concernés, à ceux et celles qui, dans l’ombre ou dans la lumière, sont prêts à s’organiser, à construire, à affronter ce qui doit l’être.
Oui, il est temps que les personnes les plus soucieuses de la refondation nationale se mettent ensemble. Non pas dans l’attente ou la plainte, mais dans l’action stratégique, lucide et audacieuse. Habitées par un sentiment d’urgence, animées par un esprit de conquête, elles doivent se dresser face aux conservatismes qui s’accrochent, aux routines qui tuent, aux appareils qui étouffent.
Frantz Fanon nous a prévenus :
« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »
La nôtre est claire : refonder le Cameroun. Et la remplir, ensemble.
Cela signifie :
- Bâtir une transition politique inclusive et courageuse, orientée vers le bien commun ;
- Remettre les citoyen·nes au centre de la décision, et non à sa périphérie ;
- Reconstruire un État efficace, juste, protecteur et équitable ;
- Réconcilier les générations, les territoires, les mémoires et les projets.
Refaire Nation n’est pas une utopie. C’est une responsabilité. Un engagement. Une urgence.
Et si ce 20 mai devenait enfin le point de départ d’un vrai sursaut collectif ? Et si, au lieu de défiler derrière des slogans figés, on osait penser l’avenir en face ? Et si, au lieu de célébrer une unité figée dans le rituel, on décidait de la bâtir, de la prouver, de l’incarner — ensemble ?
Cameroun, notre mission est là. À nous de la remplir. Maintenant.
Bien le bonjour à vous,
Je suis un jeune camerounais qui vous a lu du début à la fin, je vous trouve très au fait de la situation actuelle et pense que vous proposez des solutions efficaces, qui feront probablement de vous un leader averti si vous étiez promu à des postes de décision.
BEAUCOUP DE COURAGE
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Merci pour ce commentaire et ces encouragements.
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