LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE DES STANDARDS

Le philosophe Hubert Mono Ndjana avait trouvé une formule terrible pour décrire l’un de nos grands drames collectifs :

« Au Cameroun, on a écarté la norme et normalisé l’écart. »

Cette phrase dit presque tout.

Elle dit ce qui arrive à une société lorsque :

l’anormal devient habituel ;
le désordre devient supportable ;
le retard devient banal ;
l’incompétence devient tolérée ;
la médiocrité cesse de choquer.

Il y a des révolutions qui commencent dans la rue.
Il y en a d’autres qui commencent dans les institutions.
Mais il existe aussi une révolution plus discrète, plus lente, plus profonde :

La révolution silencieuse des standards.

Elle commence le jour où nous décidons que l’à-peu-près ne doit plus être notre manière ordinaire de faire les choses.

Elle commence lorsque nous refusons de considérer comme normal :

• les réunions mal préparées ;
• les engagements non tenus ;
• les dossiers bâclés ;
• les responsabilités sans redevabilité ;
• les promesses sans suite ;
• les grandes ambitions portées par de petites disciplines.

Car le problème n’est pas seulement que les choses vont mal.

Le vrai problème, c’est que nous avons parfois fini par nous habituer à ce qui va mal.

Nous avons écarté la norme :

• la norme du travail bien fait ;
• la norme de la ponctualité ;
• la norme de la rigueur ;
• la norme de la parole donnée ;
• la norme du respect des procédures ;
• la norme de l’évaluation des résultats.

Et, en même temps, nous avons normalisé l’écart :

• le retard ;
• le bricolage ;
• l’improvisation permanente ;
• le favoritisme ;
• le désordre ;
• l’absence de suivi ;
• l’excuse permanente.

Or, aucune société ne se redresse durablement avec des standards faibles.

Changer un pays commence aussi par changer ce que nous acceptons comme normal.

Quand un militant arrive à l’heure, prépare ses dossiers, respecte sa parole, apprend, contribue et rend compte, il ne pose pas un simple acte individuel.

Il participe déjà à une révolution culturelle.

Quand une organisation décide que :

• chaque réunion doit être utile ;
• chaque décision doit être suivie ;
• chaque responsabilité doit être assumée ;
• chaque document doit être soigné ;
• chaque engagement doit être respecté ;

elle élève son niveau d’exigence.

Et quand le niveau d’exigence s’élève, les résultats finissent par changer.

La révolution des standards ne fait pas toujours du bruit.
Elle ne se voit pas immédiatement.
Elle ne produit pas toujours des applaudissements.

Mais elle transforme lentement :

• les mentalités ;
• les habitudes ;
• les organisations ;
• les institutions ;
• et, finalement, la société tout entière.

Elle ne consiste pas à humilier ceux qui font moins bien.

Elle consiste à montrer, par l’exemple, qu’il est possible de faire mieux.

Un peuple commence à se relever le jour où il cesse de trouver normal ce qui l’abaisse.

Notre combat n’est donc pas seulement politique.
Il est aussi :

moral ;
culturel ;
organisationnel ;
disciplinaire ;
citoyen.

Il s’agit de remettre la norme au centre :

• la norme du travail bien fait ;
• la norme de la discipline ;
• la norme de la cohérence ;
• la norme de la responsabilité ;
• la norme de la redevabilité ;
• la norme du respect de la parole donnée.

C’est cela, la révolution silencieuse des standards.

Elle ne crie pas.
Elle ne parade pas.
Elle ne cherche pas toujours les projecteurs.

Mais elle prépare les grandes victoires.

Car les grandes nations ne naissent pas seulement des grands discours. Elles naissent aussi des petites exigences tenues chaque jour.

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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