Fuir la facilité, affronter la réalité : ce que l’engagement nous demande

Il arrive un moment, dans la vie d’une personne, d’une organisation ou d’un peuple, où l’on comprend que le succès durable ne se construit pas seulement avec de bonnes intentions, de beaux discours ou de grandes ambitions.

Il se construit surtout dans notre capacité à regarder la réalité en face, même lorsqu’elle dérange.

Car l’engagement véritable commence souvent là : au moment où l’on cesse de fuir ce qui est difficile, mais nécessaire.

Dans la vie personnelle comme dans l’engagement collectif, nous sommes souvent placés devant trois options :

  • Choisir la facilité, parce qu’elle rassure dans l’immédiat ;
  • Éviter la réalité, parce qu’elle nous oblige à nous remettre en question ;
  • Faire ce qui doit être fait à temps, même lorsque cela demande du courage, de la discipline et de la constance.

La facilité n’est pas toujours visible. Elle ne se présente pas toujours comme une faute grave. Parfois, elle prend des formes ordinaires :

  • Remettre à demain ce qui devrait être traité aujourd’hui ;
  • Se taire quand il faudrait dire une vérité utile ;
  • Critiquer sans contribuer ;
  • S’indigner sans s’organiser ;
  • Promettre sans agir ;
  • Confondre émotion passagère et engagement durable ;
  • Préférer le confort du groupe à l’exigence de la responsabilité.

C’est pourquoi cette maxime garde toute sa force :

« Ce que l’on refuse de faire dans le calme, la vie nous oblige à le faire dans les larmes. »

Cette phrase n’est pas une menace. Elle est une invitation à la lucidité.

Elle nous pousse à nous demander :

  • Qu’est-ce que nous refusons de regarder en face aujourd’hui ?
  • Quels problèmes laissons-nous grandir alors qu’ils pourraient encore être corrigés ?
  • Quelles habitudes devons-nous transformer avant qu’elles ne deviennent des blocages ?
  • Quelles vérités évitons-nous parce qu’elles sont inconfortables ?
  • Quelles responsabilités remettons-nous à plus tard, au risque de les retrouver sous forme de crise ?

Dans l’engagement citoyen, politique, social ou professionnel, cette interrogation est décisive. Beaucoup veulent le changement. Beaucoup parlent du changement. Beaucoup espèrent le changement.

Mais une question demeure : sommes-nous prêts à affronter ce que le changement exige réellement de nous ?

Car le changement ne se résume pas à une colère, à un slogan ou à une prise de position. Il demande souvent un travail plus profond, plus discret et plus exigeant :

  • Sortir de la plainte pour entrer dans la proposition ;
  • Quitter l’agitation pour construire de l’organisation ;
  • Préférer la constance au spectacle ;
  • Apprendre à travailler avec les autres malgré les différences ;
  • Accepter la critique utile sans se détruire intérieurement ;
  • Respecter les méthodes, les délais et les engagements ;
  • Continuer à faire sa part même lorsque personne n’applaudit.

Ce ne sont pas toujours les choix les plus faciles. Mais ce sont souvent les choix les plus féconds.

Affronter la réalité, ce n’est pas renoncer à l’espérance.
C’est au contraire donner à l’espérance des fondations solides.

Une espérance sérieuse ne se nourrit pas d’illusions. Elle accepte de voir :

  • Ce qui ne fonctionne pas ;
  • Ce qui doit être corrigé ;
  • Ce qui demande du temps ;
  • Ce qui exige de la discipline ;
  • Ce qui ne pourra pas être transformé sans effort collectif.

Il ne s’agit donc pas de donner des leçons. Il s’agit plutôt de nous inviter à réfléchir au type de personnes, de citoyens, de militants, de leaders ou d’organisations que nous voulons devenir.

Voulons-nous être de ceux qui attendent que les crises éclatent pour réagir ?

Ou de ceux qui acceptent, pendant qu’il est encore temps, de faire le travail difficile, patient et nécessaire ?

Voulons-nous choisir le confort immédiat, quitte à payer plus tard le prix du regret ?

Ou voulons-nous accepter l’inconfort utile qui prépare des victoires durables ?

La réussite, au fond, n’est peut-être pas seulement une affaire de talent, d’opportunité ou de chance. Elle est aussi une affaire de rapport à la vérité, au temps et à la responsabilité.

Ceux qui avancent durablement ne sont pas toujours les plus bruyants. Ce sont souvent ceux qui savent :

  • Voir clair ;
  • Agir à temps ;
  • Apprendre de leurs erreurs ;
  • Tenir dans la durée ;
  • Faire ce qui doit être fait sans attendre d’y être contraints ;
  • Refuser de confondre facilité et sagesse.

Dans un monde où beaucoup cherchent le raccourci, peut-être que l’un des actes les plus puissants consiste simplement à faire sérieusement ce qui doit être fait, au moment où cela doit être fait.

Non par peur.

Non par contrainte.

Non pour paraître.

Mais par conscience.

Parce qu’un avenir solide ne se construit jamais dans la fuite de la réalité. Il se construit dans cette décision intime et exigeante : ne plus attendre les larmes pour faire ce que le calme nous permet encore d’accomplir.

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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