Pourquoi tant de personnes sortent motivées d’un séminaire… sans presque rien changer ensuite ?

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Nous connaissons tous cette expérience.

Nous participons à une formation, un atelier, une conférence ou un séminaire. Nous écoutons des idées fortes. Nous découvrons des méthodes nouvelles. Nous sommes stimulés, encouragés, parfois profondément touchés.

Sur le moment, tout semble clair.

Nous nous disons :
« Cette fois-ci, les choses vont changer. »

Puis quelques jours passent.

Les urgences reviennent. Les habitudes reprennent leur place. Les notes restent dans un cahier, un téléphone ou un ordinateur. Et progressivement, l’énergie du séminaire disparaît.

La question est donc simple :

Pourquoi sommes-nous souvent inspirés sans être réellement transformés ?

La réponse tient à une distinction essentielle :

Il existe une grande différence entre recevoir une information, apprendre quelque chose et l’assimiler profondément.

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1. L’information : ce que l’on reçoit

L’information, c’est ce que nous entendons, lisons ou découvrons.

Elle peut prendre plusieurs formes :

  • Un concept ;
  • Une méthode ;
  • Un outil ;
  • Une citation ;
  • Une idée forte ;
  • Un conseil pratique ;
  • Une expérience partagée.

Mais l’information, à elle seule, ne transforme pas une personne.

Elle peut éclairer l’esprit. Elle peut ouvrir une perspective. Elle peut provoquer une prise de conscience. Mais elle ne change pas encore le comportement.

On peut écouter une excellente conférence sur la discipline et rester indiscipliné.

On peut suivre une formation sur le leadership et continuer à mal gérer ses relations.

On peut recevoir des outils de planification et continuer à vivre dans l’improvisation permanente.

Pourquoi ?

Parce que connaître une idée n’est pas encore vivre selon cette idée.

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2. L’apprentissage : quand l’information rencontre notre réalité

Apprendre, ce n’est pas seulement entendre.

C’est commencer à comprendre.

C’est relier l’information reçue à sa propre vie, à ses responsabilités, à ses défis, à ses relations, à ses habitudes et à ses choix quotidiens.

Une personne apprend réellement lorsqu’elle commence à se poser les bonnes questions :

  • Qu’est-ce que cela signifie pour moi ?
  • Où est-ce que je me reconnais dans ce qui a été dit ?
  • Quel problème concret cette idée peut-elle m’aider à résoudre ?
  • Quelle pratique dois-je modifier ?
  • Quelle attitude dois-je corriger ?
  • Quelle décision dois-je prendre ?

À ce niveau, l’information cesse d’être générale.

Elle devient personnelle.

Elle devient un miroir.

Mais même l’apprentissage ne suffit pas encore. Comprendre une vérité n’est pas encore l’incarner.

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3. L’assimilation : lorsque la connaissance devient une habitude

Assimiler, c’est franchir le pas décisif.

C’est lorsque ce que nous avons compris entre réellement dans nos réflexes, nos choix, nos priorités et nos pratiques quotidiennes.

L’assimilation se reconnaît à un signe simple :

Nous ne faisons plus seulement référence à une idée ; nous commençons à fonctionner selon elle.

Par exemple :

  • Nous n’avons pas seulement appris l’importance de l’écoute : nous écoutons mieux ;
  • Nous n’avons pas seulement compris la nécessité de mieux gérer notre temps : nous planifions réellement nos priorités ;
  • Nous n’avons pas seulement entendu parler de responsabilité personnelle : nous cessons progressivement de blâmer les circonstances pour agir sur ce qui dépend de nous ;
  • Nous n’avons pas seulement découvert un outil d’organisation : nous l’utilisons jusqu’à ce qu’il devienne naturel.

C’est là que commence la transformation.

Beaucoup de personnes reçoivent de l’information.
Certaines apprennent réellement.
Mais très peu assimilent au point de changer durablement.

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Pourquoi la rupture se produit-elle ?

Si tant de personnes sortent motivées d’un séminaire sans changer profondément ensuite, ce n’est pas toujours par manque de volonté.

C’est souvent parce que le passage entre l’inspiration et la transformation n’a pas été organisé.

Trois erreurs reviennent fréquemment.

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Erreur 1 : une mauvaise prise de notes

Beaucoup prennent des notes comme on garde des souvenirs.

Ils écrivent quelques phrases, quelques citations, quelques idées dispersées. Mais ils ne capturent pas l’essentiel.

Une bonne prise de notes devrait permettre d’identifier :

  • Les idées clés ;
  • Les principes importants ;
  • Les étapes pratiques ;
  • Les exemples utiles ;
  • Les questions à approfondir ;
  • Les décisions à prendre ;
  • Les actions à tester rapidement.

Une bonne note ne doit pas seulement répondre à la question :

« Qu’est-ce qui a été dit ? »

Elle doit surtout répondre à une autre question :

« Qu’est-ce que je dois faire différemment à partir de maintenant ? »

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Erreur 2 : l’absence de réflexion structurée après la formation

Un séminaire ne se termine pas à la dernière slide.

Il se termine réellement lorsque nous avons pris le temps de transformer ce que nous avons reçu en décisions concrètes.

Dans les heures ou les jours qui suivent, il est essentiel de revenir sur ses notes et de se poser quelques questions simples :

  • Qu’ai-je vraiment compris ?
  • Qu’est-ce qui m’a le plus interpellé ?
  • Quel principe dois-je appliquer ?
  • Quelle habitude dois-je corriger ?
  • Quelle pratique dois-je abandonner ?
  • Quelle action dois-je engager immédiatement ?
  • Qui peut m’aider à rester responsable de cet engagement ?

Sans ce temps de réflexion, l’inspiration reste superficielle.

Elle touche l’émotion, mais elle ne descend pas dans la volonté.

Elle produit de l’enthousiasme, mais pas encore de transformation.

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Erreur 3 : le manque de répétition et d’application

Nous voulons souvent changer sans pratiquer.

Nous voulons progresser sans répéter.

Nous voulons devenir meilleurs sans construire de nouvelles habitudes.

Mais toute transformation durable repose sur une loi simple :

Ce que nous ne pratiquons pas régulièrement ne devient jamais une partie de nous-mêmes.

Une idée entendue une fois peut inspirer.

Une idée pratiquée plusieurs fois peut transformer.

Une idée répétée avec discipline peut devenir une seconde nature.

C’est pourquoi l’application est décisive.

Il ne suffit pas de dire :

« J’ai compris. »

Il faut pouvoir dire :

« Je l’ai essayé. Je l’ai répété. Je l’ai ajusté. Je commence à le vivre. »

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La formule exacte pour ne pas changer

La formule pour ne pas changer est simple :

  • Recevoir de l’information ;
  • Ne pas l’approfondir ;
  • Ne pas la relier à sa situation ;
  • Ne pas choisir d’action concrète ;
  • Ne pas pratiquer ;
  • Ne pas répéter ;
  • Ne pas évaluer ses progrès.

C’est ainsi que l’on accumule :

  • Des cahiers remplis de notes ;
  • Des dossiers remplis de supports ;
  • Des certificats de participation ;
  • Des souvenirs de bons séminaires ;
  • Mais très peu de changements réels.

On finit par confondre exposition et transformation.

On croit avancer parce qu’on assiste à beaucoup d’activités.

Mais en réalité, on ne change pas, parce qu’on ne convertit pas ce que l’on reçoit en discipline personnelle.

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La formule du progrès durable

À l’inverse, la formule du progrès est claire :

  • Noter sérieusement ;
  • Réfléchir rapidement ;
  • Choisir une priorité ;
  • Tester concrètement ;
  • Répéter régulièrement ;
  • Évaluer honnêtement ;
  • Corriger progressivement.

Après chaque séminaire, il ne faut pas chercher à tout appliquer.

Vouloir tout appliquer est souvent le meilleur moyen de ne rien appliquer du tout.

Il faut choisir une action simple, concrète et immédiate.

Une seule question peut tout changer :

Quelle action concrète vais-je mettre en œuvre dans les 48 prochaines heures ?

Pas dans six mois.

Pas quand les conditions seront parfaites.

Pas quand les autres auront changé.

Dans les 48 prochaines heures.

Car le changement commence rarement par de grandes déclarations.

Il commence par un premier acte cohérent.

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Le vrai pouvoir du savoir

Nous devons donc corriger une formule très souvent répétée :

Le savoir n’est pas le pouvoir.

Le savoir peut devenir un pouvoir. Mais il ne l’est pas automatiquement.

Le vrai pouvoir, c’est :

  • Du savoir compris ;
  • Du savoir choisi ;
  • Du savoir appliqué ;
  • Du savoir répété ;
  • Du savoir incarné.

C’est le savoir qui devient discipline.

C’est le principe qui devient habitude.

C’est l’idée qui devient comportement.

C’est la motivation qui devient engagement durable.

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En conclusion : la vraie mesure d’un séminaire

Au fond, ce ne sont pas les séminaires qui changent nos vies.

Ce ne sont pas les conférences qui transforment nos organisations.

Ce ne sont pas les formations qui modifient nos trajectoires.

Ce qui nous transforme réellement, c’est ce que nous faisons de ce que nous avons reçu.

L’information éclaire.
L’apprentissage oriente.
Mais seule l’assimilation transforme.

Toute personne qui veut grandir doit apprendre à passer de l’émotion du moment à la discipline de l’habitude.

Car la vraie mesure d’un séminaire n’est pas ce que nous avons ressenti en sortant de la salle.

C’est ce que nous avons changé dans notre manière de vivre, de travailler, de décider et de servir.

Franck Essi

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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