LE POUVOIR DE LA PRÉVENTION : AGIR AVANT QUE LES PROBLÈMES NE DEVIENNENT DES CRISES

Par Franck Essi

Nous connaissons presque tous cette formule : « Prévenir vaut mieux que guérir. »

Nous la répétons lorsqu’il est question de santé, de sécurité ou d’éducation. Pourtant, individuellement comme collectivement, nous attendons encore trop souvent que les problèmes deviennent graves avant de nous en préoccuper sérieusement.

Nous attendons que la maladie s’installe avant de changer certaines habitudes. Nous attendons que les infrastructures se dégradent avant de les entretenir. Nous attendons que les tensions deviennent des conflits avant d’organiser le dialogue. Nous attendons que les inondations détruisent des habitations avant de nous interroger sur l’urbanisation. Nous attendons que des milliers de jeunes se retrouvent sans perspectives avant de parler sérieusement d’éducation, de formation, d’emploi et d’insertion.

Dans beaucoup de cas, nous ne sommes pas surpris par ce qui arrive. Nous sommes surpris par l’ampleur prise par des problèmes que nous avons longtemps négligés.

Nous savons souvent ce qui pourrait arriver. Mais nous n’agissons pas toujours à temps.

Ce que prévenir veut véritablement dire

Prévenir ne signifie pas vivre dans la peur de l’avenir. Ce n’est pas non plus prétendre que nous pouvons tout prévoir, tout empêcher ou tout contrôler.

Certaines crises resteront difficiles à anticiper. D’autres surviendront malgré les précautions prises. Une politique de prévention sérieuse ne promet donc pas un monde sans risques.

Prévenir, c’est identifier les risques connus, observer les signaux faibles, comprendre les causes profondes et agir avant que les dommages ne deviennent trop importants.

Une véritable démarche de prévention consiste notamment à :

  • recueillir et analyser les informations pertinentes ;
  • identifier les risques et les populations les plus exposées ;
  • comprendre les causes plutôt que s’en tenir aux manifestations ;
  • mettre en place des mécanismes d’alerte et de suivi ;
  • renforcer les capacités des personnes et des institutions ;
  • préparer les réponses avant que l’urgence ne survienne ;
  • apprendre des crises passées pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

Autrement dit, prévenir, ce n’est pas seulement savoir ou alerter. C’est transformer la connaissance d’un risque en décisions, en ressources et en actions prises à temps.

Nous mobilisons souvent nos ressources trop tard

Le problème n’est pas toujours que nos sociétés ne disposent d’aucune ressource pour agir. Il réside aussi dans le moment où nous décidons de mobiliser celles dont nous disposons.

Nous trouvons parfois de l’argent pour secourir des sinistrés, mais pas pour curer les caniveaux et réglementer les constructions. Nous trouvons des moyens pour reconstruire une infrastructure, mais pas pour assurer son entretien. Nous mobilisons des forces considérables lorsque les tensions dégénèrent, mais très peu pour traiter les injustices, les frustrations et les exclusions qui les alimentaient.

Or, une intervention tardive coûte généralement plus cher. Elle exige davantage de moyens, provoque plus de souffrances et produit des résultats plus incertains.

Les recherches disponibles le montrent dans plusieurs domaines.

Dans le secteur de la santé, l’Organisation mondiale de la Santé estime qu’un investissement supplémentaire inférieur à un dollar par personne et par an dans certaines mesures de prévention et de prise en charge des maladies non transmissibles pourrait éviter près de sept millions de décès d’ici à 2030 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure. Certaines interventions prioritaires pourraient produire environ sept dollars de bénéfices économiques pour chaque dollar investi.[1]

Dans le domaine de la petite enfance, une étude dirigée par l’économiste James Heckman sur un programme intensif destiné à des enfants défavorisés estime à environ 13 % par an le rendement des investissements réalisés, à travers leurs effets sur l’éducation, la santé, l’emploi et la productivité.[2]

Dans le domaine de la paix et de la sécurité, l’étude conjointe des Nations unies et de la Banque mondiale, Pathways for Peace, rappelle que les conflits violents sont souvent précédés d’exclusions, de frustrations et de tensions qui auraient pu être traitées plus tôt. Selon les scénarios examinés, une prévention plus efficace pourrait permettre d’économiser entre 5 et près de 70 milliards de dollars par an.[3]

Ces chiffres ne signifient pas que toute dépense qualifiée de « préventive » sera automatiquement efficace. Une politique mal conçue, mal ciblée ou mal exécutée peut gaspiller des ressources, même lorsqu’elle intervient tôt.

Ils montrent cependant qu’une prévention fondée sur la connaissance, correctement financée, effectivement mise en œuvre et régulièrement évaluée peut sauver des vies, réduire les coûts et protéger l’avenir.

Pourquoi avons-nous tant de mal à prévenir ?

Il serait injuste d’affirmer que les sociétés africaines ne connaissent pas la prévention. Dans de nombreuses communautés, les greniers collectifs, les tontines, les solidarités familiales, la transmission des savoirs agricoles et certains mécanismes traditionnels de médiation ont longtemps permis d’anticiper les périodes difficiles et de réduire les risques.

L’Afrique n’est pas davantage un ensemble homogène. Les capacités institutionnelles, les expériences et les pratiques varient considérablement d’un pays à l’autre et au sein d’un même pays.

Mais il faut aussi regarder la réalité en face : dans beaucoup de nos pays, la prévention demeure insuffisamment intégrée à nos comportements individuels, à la gestion de nos organisations et à la conduite des affaires publiques.

Cette faiblesse ne relève pas d’une prétendue incapacité culturelle. Elle s’explique par une combinaison de facteurs humains, économiques, politiques et institutionnels.

L’ignorance, l’insuffisance de conscience et le déni

Nous ne prévenons pas toujours les problèmes parce que nous n’en connaissons pas suffisamment les causes, les mécanismes ou les conséquences possibles.

Mais l’ignorance ne signifie pas seulement l’absence totale d’information.

Certaines personnes ignorent effectivement l’existence d’un risque. D’autres en ont entendu parler sans disposer des connaissances nécessaires pour en comprendre la gravité. D’autres encore connaissent les faits, mais ne mesurent pas leurs implications pour leur vie, leur organisation, leur communauté ou leur pays.

Nous pouvons connaître l’existence des changements climatiques sans comprendre leurs conséquences sur l’agriculture, la sécurité alimentaire, les migrations, les conflits liés aux ressources ou l’aménagement des villes. Nous pouvons savoir que la population augmente sans mesurer les besoins supplémentaires que cette croissance entraînera en écoles, logements, emplois, services de santé et infrastructures. Nous pouvons entendre parler de l’intelligence artificielle sans percevoir la profondeur des transformations qu’elle produit déjà dans l’éducation, le travail, l’économie et l’exercice du pouvoir.

Il existe donc une différence importante entre :

  • recevoir une information ;
  • comprendre le phénomène auquel elle se rapporte ;
  • mesurer ses enjeux et ses conséquences possibles ;
  • se sentir personnellement et collectivement concerné ;
  • décider d’agir en conséquence.

L’information ne devient une force de prévention que lorsqu’elle produit une conscience suffisante pour modifier les décisions et les comportements.

À cette ignorance peut s’ajouter le déni. Nous savons parfois qu’un problème existe, mais nous préférons le minimiser parce que le reconnaître nous obligerait à changer nos habitudes, à engager des dépenses, à remettre en cause certains intérêts ou à prendre des décisions difficiles.

On ne peut sérieusement prévenir ce que l’on ignore, ce que l’on comprend mal ou ce dont on refuse de mesurer les conséquences.

La pression permanente de l’urgence

Lorsqu’une famille, une organisation, une collectivité ou un pays manque de ressources, il tend naturellement à consacrer l’essentiel de ses moyens aux besoins les plus immédiats.

Il faut se nourrir, payer les salaires, réparer l’équipement en panne, répondre à la crise en cours ou satisfaire une demande devenue pressante. Dans ces conditions, investir aujourd’hui pour empêcher un problème qui ne s’est pas encore produit peut sembler secondaire.

Mais cette logique crée un cercle vicieux : les urgences absorbent les ressources qui auraient permis de prévenir les prochaines urgences.

Nous sommes tellement occupés à éteindre les incendies d’aujourd’hui que nous ne trouvons plus le temps de réduire les risques d’incendie de demain.

La faiblesse de la planification et de la continuité institutionnelle

La prévention exige des données fiables, une vision de long terme, des responsabilités clairement établies et des institutions capables de conserver la mémoire des expériences.

Or, dans de nombreux contextes, les plans existent sans toujours guider les budgets et les décisions. Les études sont commandées, mais leurs recommandations restent peu appliquées. Les alertes sont lancées, mais personne ne semble clairement responsable de leur suivi. Lorsqu’un responsable change, les priorités peuvent également changer, y compris lorsqu’elles répondaient à des risques déjà identifiés.

Une institution qui ne conserve pas la mémoire de ses erreurs est condamnée à les payer plusieurs fois.

Une gouvernance davantage tournée vers le visible que vers l’utile

La prévention est politiquement peu spectaculaire.

On peut photographier un pont reconstruit, des secours distribués, un équipement inauguré ou un responsable entouré de sinistrés. Il est plus difficile de montrer une catastrophe évitée, une maladie qui ne s’est pas déclarée ou un conflit désamorcé avant qu’il ne devienne violent.

Le dirigeant qui gère publiquement une crise paraît actif. Celui qui l’a discrètement empêchée reçoit rarement la même reconnaissance.

La prévention produit aussi des résultats qui dépassent parfois la durée d’un mandat politique ou le calendrier d’un projet. Elle exige de dépenser aujourd’hui pour obtenir demain un bénéfice dont d’autres pourront peut-être revendiquer le mérite.

La prévention est peu spectaculaire parce que sa plus grande victoire est souvent un malheur qui n’a pas eu lieu.

La faiblesse de la culture de l’entretien

Nous aimons parfois davantage construire que maintenir, lancer que consolider, annoncer qu’évaluer.

Pourtant, une grande partie de la prévention repose sur des gestes ordinaires et peu visibles : entretenir les routes et les canalisations, contrôler les bâtiments, mettre à jour les équipements, former régulièrement les équipes, effectuer les visites médicales, tester les dispositifs d’urgence et corriger les premiers dysfonctionnements.

Ce que nous n’entretenons pas aujourd’hui deviendra souvent ce que nous devrons reconstruire demain.

La mauvaise circulation de l’information

Il arrive que les signaux existent, mais qu’ils ne remontent pas jusqu’aux décideurs. Il arrive aussi que les responsables soient informés, mais qu’ils minimisent les alertes, sanctionnent les messagers ou retardent les décisions.

Dans certaines organisations, reconnaître un risque est perçu comme un aveu de faiblesse. Les collaborateurs apprennent alors à dissimuler les problèmes jusqu’au moment où il devient impossible de les cacher.

Une culture de la prévention suppose au contraire que l’on puisse signaler une anomalie, exprimer un doute ou contredire une décision sans être immédiatement considéré comme déloyal, alarmiste ou incompétent.

La personnalisation excessive des institutions

Lorsque les décisions dépendent principalement de la volonté d’un individu, la prévention reste fragile. Elle progresse si le responsable y croit et disparaît lorsqu’il s’en va.

Une prévention durable doit être inscrite dans les règles, les fonctions, les budgets, les mécanismes de contrôle et les habitudes de travail.

Elle ne peut pas dépendre uniquement de la vigilance exceptionnelle d’un dirigeant. Elle doit devenir une capacité ordinaire de l’institution.

Le déficit de redevabilité

Les mêmes inondations peuvent revenir, les mêmes infrastructures se dégrader et les mêmes tensions réapparaître sans qu’une évaluation sérieuse établisse ce qui n’a pas fonctionné, pourquoi les alertes ont été ignorées et qui devait agir.

Lorsque l’inaction préventive ne produit aucune conséquence pour les responsables, elle finit par devenir normale.

La prévention suppose donc aussi une culture de la responsabilité, de l’évaluation et de l’apprentissage. Il ne s’agit pas de rechercher mécaniquement un coupable après chaque difficulté. Il s’agit de comprendre ce qui a échoué, de corriger les mécanismes défaillants et de s’assurer que les mêmes erreurs ne se reproduisent pas.

Nous ne pouvons pas empêcher tous les malheurs. Nous pouvons cependant éviter de transformer notre impréparation en fatalité.

Cinq défis sur lesquels l’Afrique doit absolument anticiper

Notre continent fait face à plusieurs transformations dont les grandes tendances sont déjà connues et documentées. Les chiffres doivent être interprétés avec prudence : une projection n’est pas une prophétie et une moyenne continentale ne décrit pas la situation particulière de chaque pays.

Mais les ordres de grandeur sont suffisamment importants pour appeler des décisions immédiates.

Nous ne pourrons pas affirmer, dans quelques décennies, que nous ne savions pas.

1. La démographie, l’urbanisation, l’éducation et l’emploi

La croissance démographique africaine peut devenir une formidable force. Une population jeune, bien formée, en bonne santé et économiquement active peut soutenir l’innovation, la production et la transformation du continent.

Mais cette possibilité n’est pas automatique.

Selon les perspectives démographiques des Nations unies, la population de l’Afrique subsaharienne devrait presque doubler entre 2022 et 2050 et dépasser deux milliards d’habitants vers la fin des années 2040.[4] Les estimations relayées par les Nations unies indiquent également que la population africaine âgée de 15 à 64 ans pourrait passer d’environ 849 millions en 2024 à 1,56 milliard en 2050. L’Afrique représenterait ainsi près de 85 % de l’augmentation mondiale de la population en âge de travailler pendant cette période.[5]

Ce basculement peut produire un dividende démographique. Il peut aussi produire une immense pression sur les écoles, les systèmes de santé, les villes, les marchés du travail et les institutions publiques.

Cette pression est déjà visible dans l’éducation. L’UNESCO estimait en 2024 que 273 millions d’enfants et de jeunes étaient privés de scolarisation dans le monde. L’Afrique subsaharienne concentre une part particulièrement importante de ce déficit : des estimations récentes font état d’environ 98 millions d’enfants et de jeunes non scolarisés dans la région.[6]

L’enjeu ne se limite d’ailleurs pas à l’accès à l’école. Il faut encore que les enfants apprennent effectivement, que les formations correspondent aux transformations de l’économie et que les diplômes ouvrent sur des compétences utiles.

Sans investissements suffisants dans l’éducation, la santé, le logement, l’agriculture, les infrastructures et les emplois productifs, la croissance démographique pourrait accentuer la précarité, l’expansion urbaine non maîtrisée, les migrations contraintes et les tensions sociales.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien d’habitants compteront nos pays. La vraie question est de savoir si nos capacités économiques, sociales et institutionnelles progresseront suffisamment vite pour répondre aux besoins de cette population.

Prévenir suppose notamment de :

  • relier les projections démographiques aux besoins futurs en écoles, enseignants, logements, transports, soins et emplois ;
  • améliorer la santé reproductive et garantir aux femmes l’accès à l’éducation et à l’autonomie économique ;
  • investir dans la petite enfance et les apprentissages fondamentaux ;
  • adapter les formations aux besoins présents et futurs de l’économie ;
  • aménager les villes avant que leur expansion ne rende les problèmes beaucoup plus coûteux à résoudre ;
  • soutenir les entreprises capables de créer massivement des emplois décents.

La jeunesse n’est pas, à elle seule, une richesse. Elle devient une richesse lorsqu’une société investit dans sa santé, ses connaissances, ses compétences et sa capacité d’agir.

2. Les changements climatiques et la multiplication des vulnérabilités

Les changements climatiques ne sont plus un risque lointain. Ils touchent déjà l’agriculture, l’eau, la santé, les infrastructures, la productivité du travail, les finances publiques et les déplacements de population.

L’Organisation météorologique mondiale indique qu’en 2024, la température moyenne à la surface de l’Afrique se situait environ 0,86 °C au-dessus de la moyenne de la période 1991-2020. L’Afrique du Nord, qui est la sous-région africaine se réchauffant le plus rapidement, enregistrait un écart d’environ 1,28 °C.[7]

Les conséquences économiques sont déjà lourdes. Selon l’Organisation météorologique mondiale, les coûts liés aux changements climatiques peuvent atteindre jusqu’à 5 % du produit intérieur brut de certains pays africains. Des estimations antérieures situent les besoins annuels d’adaptation de l’Afrique subsaharienne entre 30 et 50 milliards de dollars au cours de la présente décennie.[7][8]

La mobilité humaine sera également affectée. Dans un scénario marqué par l’insuffisance de l’action climatique et du développement, la Banque mondiale estime que jusqu’à 86 millions de personnes pourraient devenir des migrants climatiques internes en Afrique subsaharienne d’ici à 2050 et 19 millions supplémentaires en Afrique du Nord. En Afrique de l’Ouest seulement, ce nombre pourrait atteindre 32 millions.[9]

Ces projections ne signifient pas que ces déplacements sont inévitables. Elles montrent précisément ce qui pourrait se produire si les politiques d’adaptation, de développement territorial et de réduction des émissions restent insuffisantes.

Attendre chaque catastrophe pour distribuer quelques secours ne constitue pas une politique climatique.

Prévenir suppose de :

  • protéger les forêts, les mangroves, les sols et les bassins versants ;
  • améliorer les services météorologiques et les systèmes d’alerte précoce ;
  • adapter les semences, les pratiques agricoles et les systèmes d’irrigation ;
  • sécuriser les ressources en eau ;
  • réglementer les constructions dans les zones vulnérables ;
  • construire et entretenir des infrastructures résilientes ;
  • intégrer les migrations climatiques prévisibles à la planification territoriale ;
  • financer l’adaptation avant que les pertes ne deviennent irréversibles.

Le changement climatique agit rarement seul. Il aggrave des vulnérabilités déjà présentes : pauvreté, urbanisation désordonnée, faiblesse des infrastructures, insécurité alimentaire et conflits autour des ressources.

La prévention climatique doit donc être aussi une politique agricole, sociale, urbaine, économique et sécuritaire.

3. Les crises sanitaires et la progression silencieuse des maladies non transmissibles

Les épidémies nous rappellent périodiquement qu’un système de santé ne se construit pas au moment où la crise commence.

Mais les menaces sanitaires ne viennent pas seulement des épidémies. L’Afrique fait face à un double fardeau : les maladies infectieuses restent importantes tandis que les maladies non transmissibles — maladies cardiovasculaires, cancers, diabète et maladies respiratoires chroniques — progressent rapidement.

Selon l’OMS, ces maladies représentent déjà plus d’un tiers des décès dans la région africaine. L’Organisation a également averti que, sans action renforcée, elles pourraient dépasser les maladies transmissibles, maternelles, périnatales et nutritionnelles combinées parmi les principales causes de mortalité dans la région d’ici à 2030.[10]

Dans le même temps, les maladies infectieuses demeurent loin d’avoir disparu. À la fin de 2024, environ 65 % des 40,8 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde se trouvaient dans la région africaine de l’OMS.[11]

Cette superposition des risques exerce une pression considérable sur des systèmes de santé dont les ressources humaines, les équipements, la couverture territoriale et les mécanismes de financement restent souvent insuffisants.

La prévention sanitaire passe par :

  • l’information et l’éducation à la santé ;
  • la vaccination et la surveillance épidémiologique ;
  • l’assainissement, l’eau potable et l’hygiène publique ;
  • le dépistage précoce ;
  • la lutte contre les principaux facteurs de risque ;
  • le renforcement des soins de santé primaires ;
  • la constitution de stocks et de capacités de réponse ;
  • la formation et la fidélisation du personnel de santé ;
  • des systèmes d’information capables de détecter rapidement les évolutions préoccupantes.

Un système de santé responsable ne doit pas seulement soigner davantage. Il doit aussi empêcher qu’un nombre évitable de personnes ait besoin de soins lourds.

4. La transformation du travail, l’éducation et l’intelligence artificielle

L’automatisation, le numérique et l’intelligence artificielle transforment déjà les métiers, les compétences recherchées, les modes de production et les rapports de pouvoir.

L’étude mondiale publiée par l’Organisation internationale du Travail en 2025 souligne que les professions administratives restent les plus exposées à l’intelligence artificielle générative, tandis que l’exposition progresse aussi dans plusieurs professions fortement numérisées. Elle montre également que, dans les économies en développement, l’impact immédiat de l’automatisation peut être moins élevé en raison de la structure de l’emploi, mais que les possibilités d’augmentation des tâches par l’IA demeurent importantes.[12]

La fracture numérique limite cependant la capacité des pays africains à saisir ces possibilités. Sans infrastructures, électricité fiable, accès abordable à Internet, données locales, capacités de calcul, recherche et compétences adaptées, l’Afrique risque de devenir principalement consommatrice de technologies conçues ailleurs.

Les perspectives ne sont pourtant pas uniquement négatives. Une étude de l’OIT estime que la combinaison de la transition numérique et de la transition verte pourrait créer, à l’échelle mondiale, des millions d’emplois supplémentaires d’ici à 2030, dont une partie pour les jeunes. Mais ces possibilités dépendront fortement du niveau de compétence et de la capacité des économies à organiser ces transformations.[13]

Si nos systèmes éducatifs continuent de préparer les jeunes pour des emplois qui disparaissent ou se transforment, nous fabriquerons nous-mêmes une partie du chômage de demain.

Prévenir exige de :

  • renforcer les apprentissages fondamentaux avant même de parler de compétences numériques avancées ;
  • développer l’esprit critique, la créativité, la coopération et la capacité à apprendre continuellement ;
  • former les enseignants et revoir les programmes ;
  • préparer la reconversion des travailleurs dont les tâches seront transformées ;
  • accompagner les petites entreprises dans l’adoption des outils numériques ;
  • investir dans la recherche africaine, les données locales et les infrastructures numériques ;
  • protéger les citoyens contre les discriminations algorithmiques, la manipulation, la désinformation et les atteintes à la vie privée ;
  • construire des règles qui mettent la technologie au service du progrès humain.

La vraie question n’est donc plus de savoir si ces transformations arriveront. Elles sont déjà là. La question est de savoir si nous allons seulement les subir, ou si nous allons développer les capacités nécessaires pour les orienter.

5. Les fractures sociales, politiques et sécuritaires

Les conflits ne commencent pas toujours avec les premiers affrontements. Ils se construisent progressivement à travers les injustices non traitées, les discriminations, l’exclusion, l’impunité, la faiblesse des institutions et l’absence d’espaces crédibles de dialogue.

Une société peut paraître calme tout en accumulant des frustrations profondes.

Les déplacements forcés donnent une idée de l’ampleur des fractures en cours. Au 30 avril 2025, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale accueillaient à elles seules 12,7 millions de personnes déplacées de force ou apatrides, dont 8,2 millions de déplacés internes et 2,9 millions de réfugiés et demandeurs d’asile. Ce total avait progressé de 48 % depuis 2020.[14]

À la fin de 2025, le Soudan demeurait la plus grande crise de déplacement interne au monde, avec environ 9,1 millions de personnes toujours déplacées à l’intérieur du pays.[15]

Ces chiffres renvoient à des réalités diverses. Tous les conflits n’ont pas les mêmes causes et toutes les tensions ne conduisent pas à la violence. Mais l’expérience montre que l’exclusion politique, la compétition mal régulée pour les ressources, l’absence de justice, les inégalités territoriales et la fermeture des espaces civiques peuvent se renforcer mutuellement.

Prévenir les conflits ne consiste donc pas seulement à augmenter les capacités militaires ou policières. Il faut aussi :

  • consolider la justice et l’État de droit ;
  • garantir les libertés publiques et les droits fondamentaux ;
  • lutter contre les discriminations et les inégalités territoriales ;
  • permettre l’expression pacifique des désaccords ;
  • créer des mécanismes crédibles de médiation ;
  • agir sur les discours de haine et la désinformation sans transformer cette action en instrument de censure ;
  • renforcer la confiance dans les élections et les institutions ;
  • traiter les causes économiques, sociales et politiques des frustrations.

La paix durable n’est pas seulement l’absence momentanée de violence. Elle est aussi le résultat d’institutions capables de traiter les désaccords avant qu’ils ne deviennent des fractures.

Construire la prévention à chaque niveau de responsabilité

La culture de la prévention ne se construira pas seulement par de grandes déclarations nationales. Elle doit entrer dans nos manières de penser, de décider, de budgétiser, d’agir, de contrôler et d’évaluer.

Elle concerne l’individu, le responsable d’une organisation ou d’une collectivité et le dirigeant d’un État. Les pouvoirs ne sont pas identiques. Les responsabilités ne sont pas équivalentes. Mais le principe demeure le même : voir plus tôt, décider plus tôt et agir plus tôt.

À l’échelle individuelle : développer une conscience préventive

La prévention commence aussi dans notre manière de conduire notre propre vie.

Elle peut consister à prendre soin de sa santé avant la maladie, à gérer ses ressources avant l’endettement, à entretenir ses relations avant la rupture, à se former avant que ses compétences ne deviennent obsolètes ou à préparer une transition avant qu’elle ne soit imposée par les événements.

Cela suppose d’apprendre à se poser régulièrement quelques questions :

  • Quels risques suis-je en train de négliger ?
  • Quelles conséquences mes choix actuels peuvent-ils produire demain ?
  • Quelles habitudes dois-je modifier avant qu’elles ne deviennent des problèmes ?
  • Qu’est-ce que je sais sans encore en tirer les conséquences ?
  • Quelle petite action puis-je entreprendre maintenant pour éviter une difficulté plus importante ?

La prévention individuelle ne garantit pas que tout se passera comme prévu. Elle permet cependant de réduire notre vulnérabilité et d’augmenter notre capacité à faire face à l’imprévu.

À l’échelle du responsable : apprendre à anticiper

Un responsable ne doit pas seulement savoir réagir rapidement. Il doit développer une discipline personnelle d’anticipation.

Cela suppose notamment de :

  • réserver régulièrement du temps à la réflexion au lieu de consacrer toute son énergie aux urgences ;
  • demander quelles décisions actuelles pourraient produire des difficultés dans six mois, cinq ans ou dix ans ;
  • rechercher les informations qui contredisent ses convictions ;
  • écouter les collaborateurs proches du terrain ;
  • distinguer les incidents ponctuels des tendances profondes ;
  • accepter de prendre aujourd’hui des mesures dont les résultats ne seront visibles que plus tard ;
  • préparer sa relève et réduire la dépendance de l’organisation à sa seule personne.

Le dirigeant préventif ne demande pas seulement : « Que devons-nous faire maintenant ? » Il demande aussi : « Que sommes-nous en train de laisser se construire par notre silence, notre négligence ou notre inaction ? »

À l’échelle d’une organisation ou d’une collectivité : installer des mécanismes durables

La prévention ne doit pas rester une qualité personnelle du responsable. Elle doit devenir une manière collective de travailler.

Une organisation, une entreprise ou une collectivité peut notamment :

  • établir une cartographie régulièrement actualisée de ses principaux risques ;
  • identifier les premiers signaux annonçant chaque risque important ;
  • désigner clairement les personnes responsables du suivi ;
  • consacrer une part identifiable du budget à l’entretien, à la formation et à la prévention ;
  • créer un dispositif permettant aux agents, aux usagers et aux citoyens de signaler les anomalies ;
  • organiser périodiquement des exercices de simulation ;
  • tirer systématiquement les enseignements des incidents et des crises ;
  • suivre les recommandations jusqu’à leur mise en œuvre effective.

Chaque risque majeur devrait être associé à quatre éléments simples : un indicateur, un responsable, une action préventive et une échéance.

Pour une collectivité territoriale, cela pourrait concerner les zones inondables, l’état des bâtiments publics, l’assainissement, l’évolution démographique, les tensions communautaires, les besoins scolaires ou la sécurité alimentaire.

Une institution commence véritablement à prévenir lorsque les risques ne sont plus seulement connus de quelques personnes, mais intégrés à ses procédures, à ses budgets et à ses décisions.

À l’échelle de l’État : transformer l’anticipation en politique publique

Le dirigeant d’un État porte une responsabilité plus large. Il ne lui suffit pas de lancer des alertes ou de créer des comités après chaque catastrophe. Il doit construire un système national capable d’observer, de prévoir, d’arbitrer et d’agir.

Cela suppose notamment de :

  • inscrire les risques démographiques, climatiques, sanitaires, technologiques, économiques et sécuritaires dans la planification nationale ;
  • relier les prévisions de long terme aux décisions budgétaires annuelles ;
  • protéger les budgets de maintenance et de prévention contre les arbitrages permanents en faveur de l’urgence ;
  • renforcer les organismes statistiques, scientifiques, sanitaires et météorologiques ;
  • investir dans l’éducation, la recherche et la vulgarisation afin d’élever le niveau de connaissance et de conscience des enjeux ;
  • organiser la coopération entre l’État central, les collectivités, les entreprises, les chercheurs et les communautés ;
  • publier régulièrement une évaluation nationale des risques ;
  • soumettre la préparation du pays au contrôle du Parlement et des institutions de vérification ;
  • rendre publiques les suites données aux alertes et aux recommandations ;
  • assurer la continuité des politiques essentielles au-delà des changements de gouvernement.

Un dirigeant doit également accepter une vérité parfois inconfortable : les décisions les plus importantes de son mandat ne sont pas nécessairement celles qui produiront des résultats avant la fin de son mandat.

Gouverner, ce n’est pas seulement répondre aux demandes du présent. C’est aussi protéger ceux qui ne votent pas encore, préparer les infrastructures qui serviront dans vingt ans et éviter que les générations futures ne paient le prix des renoncements actuels.

De la connaissance à l’action

Une véritable culture de la prévention repose finalement sur une chaîne cohérente :

connaître les phénomènes → comprendre les enjeux → observer les risques → écouter les alertes → analyser les causes → décider à temps → mobiliser les ressources → vérifier l’exécution → apprendre des résultats.

Si l’un de ces maillons manque, la prévention risque de devenir un discours sans effet.

L’information sans compréhension ne suffit pas. La compréhension sans décision ne suffit pas. La décision sans ressources ne suffit pas. Les ressources sans exécution ne suffisent pas. L’action sans suivi ni apprentissage ne suffit pas davantage.

La question n’est donc pas seulement de savoir si nous connaissons les risques. Nous en connaissons déjà beaucoup.

La vraie question est de savoir si nous sommes disposés à modifier nos habitudes, nos priorités, nos budgets, nos organisations et nos institutions avant que ces risques ne deviennent des crises.

Préparer l’avenir avant qu’il ne devienne une urgence

Nous ne pourrons pas empêcher toutes les crises. Certaines resteront imprévisibles. D’autres surviendront malgré les mesures prises.

Mais entre la prétention de tout contrôler et la résignation à ne rien préparer, il existe un espace immense pour la connaissance, l’intelligence, la responsabilité et l’action collective.

Nous pouvons réduire les risques évitables. Nous pouvons limiter les dommages. Nous pouvons renforcer nos capacités de réponse. Nous pouvons apprendre de nos erreurs. Nous pouvons surtout cesser d’attendre que les problèmes prévisibles deviennent des catastrophes pour leur accorder l’attention qu’ils méritent.

Prévenir vaut mieux que guérir. Mais pour que cette formule devienne une véritable philosophie de l’action, il nous faut apprendre à comprendre plus tôt, à voir plus loin, à décider à temps et à agir avant que l’avenir ne devienne une urgence.

Franck Essi

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Références et études

1. Organisation mondiale de la Santé, « Investing 1 dollar per person per year could save 7 million lives in low- and lower-middle-income countries », 2021 : consulter la publication.

2. Heckman Equation, The Lifecycle Benefits of an Influential Early Childhood Program : consulter les résultats sur le rendement de 13 %.

3. Nations unies et Banque mondiale, Pathways for Peace: Inclusive Approaches to Preventing Violent Conflict, 2018 : consulter le rapport.

4. Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, World Population Prospects 2022 – Summary of Results : consulter le rapport.

5. Nations unies, « Unlocking the Potential of Africa’s Youth », 2024 : consulter l’analyse.

6. UNESCO, données mondiales sur les enfants et les jeunes non scolarisés, actualisées en 2024 : consulter les données générales et les données relatives à l’Afrique subsaharienne.

7. Organisation météorologique mondiale, State of the Climate in Africa 2024, publié en 2025 : consulter le rapport.

8. Organisation météorologique mondiale, State of the Climate in Africa 2023, publié en 2024 : consulter la présentation du rapport.

9. Banque mondiale, Groundswell – Acting on Internal Climate Migration, 2021 : consulter le rapport et la synthèse consacrée à l’Afrique.

10. Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, Trends in Communicable and Noncommunicable Disease Burden and Control in Africa, 2024 : consulter l’étude.

11. Organisation mondiale de la Santé, données actualisées sur le VIH, 2024 : consulter le tableau de bord.

12. Organisation internationale du Travail, Generative AI and Jobs: A Refined Global Index of Occupational Exposure, 2025 : consulter l’étude.

13. Organisation internationale du Travail, Navigating the Future: Skills and Jobs in the Green and Digital Transitions, 2024 : consulter l’étude.

14. Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, West and Central Africa: Regional Trends — Forced Displacement in 2025 : consulter le rapport.

15. Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Global Trends 2025, publié en 2026 : consulter les données.

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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