Aimer vraiment, respecter le processus : les deux clés d’une transformation durable

Par Franck Essi

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Nous voulons souvent des transformations rapides.
Des changements visibles.
Des résultats immédiats.
Des victoires qui rassurent.

Nous voulons changer nos vies, nos organisations, nos familles, nos communautés, nos pays. Mais nous oublions parfois une vérité simple : aucune transformation profonde ne naît durablement de l’impatience, de la pression ou de la seule émotion du moment.

Les transformations qui durent naissent d’un mélange rare :
l’amour profond de ce que l’on veut faire grandir et la discipline de rester fidèle au processus qui permet cette croissance.

Car l’amour véritable ne se limite pas au sentiment.
Il devient responsabilité.
Il devient patience.
Il devient exigence.
Il devient constance.

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L’amour donne le sens

On ne transforme durablement que ce que l’on aime réellement.

Celui qui n’aime pas profondément les personnes qu’il veut accompagner finit par les manipuler.
Celui qui n’aime pas son organisation finit par l’utiliser.
Celui qui n’aime pas son pays finit par le consommer comme un espace d’ambition personnelle.
Celui qui n’aime pas la vérité finit par préférer les slogans aux efforts de lucidité.

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L’amour donne une raison de ne pas abandonner trop vite.

C’est parce qu’un parent aime son enfant qu’il accepte de répéter, d’éduquer, de corriger, d’encourager, de recommencer.
C’est parce qu’un enseignant aime la transmission qu’il accepte de revoir sa méthode quand l’élève ne comprend pas.
C’est parce qu’un leader aime réellement les personnes qu’il sert qu’il refuse de les flatter seulement pour être applaudi.

L’amour profond ne dit pas :
« Je veux que tu changes pour me satisfaire. »

Il dit plutôt :
« Je crois en ce que tu peux devenir, et je suis prêt à marcher avec toi dans le processus qui peut t’y conduire. »

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Le processus protège contre l’illusion

Mais l’amour seul ne suffit pas.

On peut aimer sincèrement et agir maladroitement.
On peut vouloir le bien et produire de mauvais résultats.
On peut être rempli de bonnes intentions et manquer de méthode.

C’est ici que le processus devient essentiel.

Un processus, c’est une voie.
C’est une succession d’étapes.
C’est une discipline organisée.
C’est une manière de transformer l’intention en réalité.

Dans toute transformation durable, il y a généralement :

  • un diagnostic honnête ;
  • une vision claire ;
  • des priorités assumées ;
  • des habitudes nouvelles ;
  • des efforts répétés ;
  • des évaluations régulières ;
  • des corrections courageuses ;
  • du temps.

Ce qui transforme profondément, ce n’est pas seulement l’intensité d’un moment. C’est la fidélité à une direction.

Beaucoup de personnes veulent changer sans processus.
Elles veulent réussir sans apprentissage.
Elles veulent influencer sans se construire.
Elles veulent récolter sans semer.
Elles veulent l’impact sans la discipline invisible qui le rend possible.

Or, la vie ne fonctionne pas ainsi.

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La transformation durable est souvent invisible au début

La graine ne devient pas arbre en un jour.
L’enfant ne devient pas adulte en une conférence.
Une organisation ne devient pas solide après une seule réunion.
Un peuple ne devient pas mature après une seule mobilisation.
Un leader ne devient pas profond après une seule prise de conscience.

Il y a toujours une période invisible.

Une période où l’on travaille sans être applaudi.
Une période où les progrès sont lents.
Une période où l’on doute.
Une période où les résultats ne sont pas encore visibles.
Une période où l’on doit continuer, non parce que tout est facile, mais parce que le processus est juste.

Le problème de beaucoup de transformations avortées, c’est que nous abandonnons le processus avant que ses fruits n’apparaissent.

Nous confondons lenteur et échec.
Nous confondons difficulté et impasse.
Nous confondons absence de résultat immédiat et inutilité de l’effort.

Pourtant, tout ce qui devient profond commence souvent par être discret.

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Aimer, c’est parfois refuser les raccourcis

Il existe une fausse forme d’amour qui veut éviter toute peine, toute exigence, toute confrontation.
Elle veut protéger au point d’empêcher de grandir.
Elle veut encourager sans jamais corriger.
Elle veut soutenir sans jamais responsabiliser.

Mais l’amour véritable n’est pas complaisant.

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Aimer vraiment, c’est parfois accepter de dire la vérité avec respect.
C’est refuser de nourrir les illusions.
C’est accompagner sans infantiliser.
C’est encourager sans flatter.
C’est corriger sans humilier.
C’est soutenir sans remplacer l’effort de l’autre.

Dans une organisation, aimer les militants, les collaborateurs ou les équipes ne signifie pas tout tolérer.
Cela signifie créer les conditions pour que chacun puisse grandir, contribuer et devenir meilleur.

Dans une nation, aimer le peuple ne signifie pas le caresser dans ses faiblesses.
Cela signifie croire assez en lui pour l’appeler à plus de lucidité, de responsabilité et de courage.

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Le focus sur le processus donne la force de durer

Dans un monde obsédé par la vitesse, rester concentré sur le processus est presque un acte de résistance.

Tout nous pousse à chercher le spectaculaire :
le buzz, l’annonce, la victoire rapide, la reconnaissance immédiate, l’image forte.

Mais les transformations sérieuses se construisent autrement.

Elles demandent de revenir chaque jour aux mêmes questions essentielles :

  • Quelle est la prochaine bonne action à poser ?
  • Qu’est-ce qui doit être amélioré ?
  • Quelle habitude devons-nous installer ?
  • Quel apprentissage devons-nous tirer ?
  • Quelle vérité refusons-nous encore de regarder ?
  • Quel effort devons-nous répéter jusqu’à ce qu’il produise du fruit ?

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Le processus nous protège contre la dictature de l’émotion.

Quand l’enthousiasme baisse, le processus nous garde en mouvement.
Quand les critiques arrivent, le processus nous aide à rester lucides.
Quand les résultats tardent, le processus nous rappelle pourquoi nous avons commencé.
Quand les distractions se multiplient, le processus nous ramène à l’essentiel.

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Les grandes transformations sont des actes d’amour organisés

Changer une personne, une organisation ou une société ne relève pas seulement de la volonté.
C’est un acte d’amour organisé.

Il faut aimer assez pour commencer.
Aimer assez pour patienter.
Aimer assez pour structurer.
Aimer assez pour corriger.
Aimer assez pour apprendre.
Aimer assez pour recommencer.

La transformation durable n’est donc ni un miracle improvisé, ni une simple explosion d’énergie.
Elle est le fruit d’une fidélité.

Fidélité à une vision.
Fidélité à des valeurs.
Fidélité à des actes répétés.
Fidélité à une méthode.
Fidélité à une espérance qui accepte de passer par le travail.

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Aimer le résultat, respecter le chemin

Beaucoup aiment le résultat.
Peu respectent le chemin.

Nous aimons l’arbre, mais nous négligeons la racine.
Nous aimons la moisson, mais nous méprisons les saisons.
Nous aimons la grandeur, mais nous fuyons la discipline qui la prépare.

Pourtant, il n’y a pas de transformation durable sans processus.
Et il n’y a pas de processus fécond sans amour profond.

L’amour donne l’âme de la transformation.
Le processus lui donne une colonne vertébrale.

Aimer sans processus peut devenir une émotion impuissante.
Suivre un processus sans amour peut devenir une mécanique froide.

Mais lorsque l’amour rencontre la discipline du processus, quelque chose de puissant devient possible :
une transformation lente, solide, profonde, enracinée.

Celle qui ne brille pas seulement un jour.
Celle qui dure.
Celle qui élève.
Celle qui change réellement les êtres, les organisations et les peuples.

Car au fond, transformer durablement, c’est aimer assez pour ne pas tricher avec le temps, avec l’effort et avec la vérité.

Franck Essi


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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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