Pas de leadership effectif sans cause portée… ni processus de transformation engagé

Par Franck Essi

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On parle beaucoup de leadership aujourd’hui.
Dans les organisations, les entreprises, les familles, les mouvements citoyens ou les partis politiques, beaucoup veulent inspirer, mobiliser, influencer ou être suivis.

Tout cela compte.
Mais tout cela ne suffit pas.

Un leader n’est pas seulement quelqu’un qui a une vision, des idées ou des followers.
On reconnaît aussi un leader à sa capacité à engager une transformation concrète.

Autrement dit, le leadership commence lorsqu’une personne accepte de porter une cause et de faire progresser une partie de la réalité :

  • D’une situation A, marquée par un problème, un blocage, une injustice ou une insuffisance ;
  • Vers une situation B, plus juste, plus organisée, plus consciente, plus efficace ou plus humaine.

Le leadership ne se mesure donc pas seulement aux discours, à l’influence ou à la visibilité. Il se mesure à la transformation réelle que l’on initie, que l’on organise et que l’on fait avancer.

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1. Porter une cause : le point de départ du leadership

Un leader ne cherche pas seulement à occuper une place.
Il porte quelque chose qui dépasse son intérêt personnel.

Cette cause peut être grande ou modeste. Elle peut concerner :

  • Sa propre vie : transformer ses habitudes, sa discipline, son rapport au temps ;
  • Sa famille : améliorer la communication, l’éducation, l’écoute, la responsabilité ;
  • Une association : clarifier l’organisation, renforcer les résultats, créer une culture de contribution ;
  • Une entreprise : améliorer les méthodes, le service, la performance ou l’éthique ;
  • Un engagement citoyen : éveiller les consciences, transformer les pratiques, construire des institutions plus justes.

Sans cause, le leadership devient une quête d’image. Avec une cause, il devient une responsabilité.

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2. Transformer, ce n’est pas seulement parler

Il est possible d’avoir de bonnes idées sans rien changer.
Il est possible de faire de beaux discours sans construire.
Il est possible d’être visible sans produire d’impact réel.

C’est pourquoi il faut distinguer :

  • Le commentaire, qui analyse ce qui ne va pas ;
  • La dénonciation, qui révèle une injustice ;
  • La mobilisation, qui rassemble des énergies ;
  • La transformation, qui organise un changement concret et durable.

Le commentaire peut être utile.
La dénonciation peut être nécessaire.
La mobilisation peut être puissante.

Mais à un moment, il faut passer à autre chose : organiser, suivre, corriger, évaluer, persévérer.

Un leader ne se reconnaît pas seulement à ce qu’il dit. Il se reconnaît aussi à ce qu’il met en mouvement.

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3. La transformation demande une méthode

Transformer une situation ne se fait pas seulement avec de la bonne volonté.
Il faut un minimum de méthode.

Toute transformation sérieuse suppose généralement :

  • Un diagnostic honnête : comprendre le problème réel, ses causes et ses conséquences ;
  • Une vision claire : savoir vers quoi l’on veut aller ;
  • Des priorités assumées : éviter de vouloir tout faire à la fois ;
  • Des actions concrètes : traduire les idées en pratiques ;
  • Des habitudes nouvelles : répéter ce qui construit le changement ;
  • Un suivi régulier : vérifier ce qui avance et ce qui bloque ;
  • Des corrections courageuses : ajuster quand la réalité résiste ;
  • Du temps : accepter que les transformations profondes se construisent dans la durée.

Par exemple, une association qui veut devenir plus efficace ne peut pas se contenter de dire : « Nous devons mieux travailler. »

Elle doit se demander :

  • Quels sont nos objectifs réels ?
  • Qui fait quoi ?
  • Quelles décisions avons-nous prises ?
  • Qui les suit ?
  • Qu’est-ce qui bloque ?
  • Quelles habitudes devons-nous changer ?

C’est là que commence le leadership effectif.

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4. Le leader organise le passage d’une situation A vers une situation B

Le leadership peut être compris simplement comme l’art d’organiser un passage.

Dans la vie personnelle, la situation A peut être le désordre, la procrastination ou l’inconstance.
La situation B peut être une vie plus disciplinée, plus stable et plus productive.

En famille, la situation A peut être le silence, les tensions ou les incompréhensions.
La situation B peut être une meilleure communication, plus de respect et plus de responsabilité partagée.

Dans une organisation, la situation A peut être l’improvisation, les réunions sans suite et les engagements non tenus.
La situation B peut être une organisation plus claire, plus rigoureuse et plus contributive.

Dans l’engagement citoyen, la situation A peut être la résignation, la peur, la division ou l’attente d’un sauveur.
La situation B peut être une citoyenneté plus consciente, plus organisée, plus courageuse et plus responsable.

Le leader est celui qui refuse de s’installer dans la situation A et qui travaille, pas à pas, à rendre possible la situation B.

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5. Le leadership commence aussi par soi-même

Il est difficile de transformer durablement autour de soi si l’on refuse de se transformer soi-même.

Avant de vouloir changer une organisation, une famille, une communauté ou une société, il faut parfois commencer par interroger sa propre cohérence.

Est-ce que je pratique ce que je demande aux autres ?
Est-ce que je respecte les engagements que je prends ?
Est-ce que je contribue réellement ou est-ce que je me contente de critiquer ?
Est-ce que je suis discipliné dans les petites choses que je présente comme importantes ?

Cela ne veut pas dire qu’un leader doit être parfait. Personne ne l’est.

Mais cela signifie qu’il doit être engagé dans un effort sincère de cohérence.

Le leader crédible n’est pas celui qui n’a aucune faiblesse. C’est celui qui travaille honnêtement à réduire l’écart entre ce qu’il proclame et ce qu’il pratique.

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6. Les bonnes questions à se poser

Pour savoir si l’on est réellement dans une dynamique de leadership, il peut être utile de se poser quelques questions simples :

  • Quelle cause suis-je en train de porter ?
  • Quel problème précis suis-je en train d’affronter ?
  • Quelle situation meilleure est-ce que je cherche à faire émerger ?
  • Quel processus concret ai-je engagé ?
  • Qui suis-je en train d’aider à avancer ?
  • Qu’est-ce qui a déjà commencé à changer, même modestement ?
  • Qu’est-ce qui dépend encore de ma propre discipline, de ma contribution ou de ma constance ?

Ces questions sont exigeantes.
Mais elles sont nécessaires.

Elles nous empêchent de confondre :

  • Popularité et impact ;
  • Agitation et transformation ;
  • Discours et action ;
  • Visibilité et responsabilité ;
  • Posture de leader et leadership réel.

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En définitive

Il n’y a pas de leadership effectif sans cause portée.
Mais il n’y a pas non plus de leadership effectif sans processus de transformation engagé.

La cause donne le sens.
Le diagnostic donne la lucidité.
La vision donne la direction.
La méthode donne la capacité d’agir.
La discipline donne la continuité.
L’exemple donne la crédibilité.
L’évaluation donne la possibilité de corriger.

Être leader, c’est refuser de seulement commenter le monde. C’est s’engager à le faire évoluer, même modestement, mais réellement.

La vraie question n’est donc pas seulement :

Ai-je une vision ?
Ai-je des idées ?
Ai-je des soutiens ?
Ai-je de la visibilité ?

La vraie question est plus exigeante :

Qu’est-ce que je transforme réellement ?

Et vous, quand vous y réfléchissez honnêtement,
quelle cause portez-vous actuellement, et quelle transformation essayez-vous de rendre possible ?

Franck Essi

#LesIdéesComptent
#NousAvonsLeChoix
#NousAvonsLePouvoir
#AllumonsNosCerveaux

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Franck Essi

Je suis Franck Essi, un africain du Cameroun né le 04 mai 1984 à Douala. Je suis économiste de formation. J’ai fait des études en économie monétaire et bancaire qui m’ont permi de faire un travail de recherche sur deux problématiques : ▶Les conditions d’octroi des crédits bancaires aux PMEs camerounaises. ▶ L' endettement extérieur et croissance économique au Cameroun. Je travaille aujourd’hui comme consultant sur des questions de planification, management et développement. Dans ce cadre, j’ai l’opportunité de travailler avec : ▶ La coopération allemande (GIZ), ▶Les fondations politiques internationales (Friedrich Ebert Stiftung, IRI, Solidarity Center et Humanity United), ▶ Des organismes internationaux (Conférence Internationale de la région des Grands Lacs, Parlement panafricain, …), ▶ Des Gouvernements africains (RDC, RWANDA, BURUNDI, etc) ▶ Et des programmes internationaux ( Initiative Africaine pour la Réforme Budgétaire Concertée, Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, NEPAD). Je suis également auteur ou co – auteur de quelques manuels, ouvrages et études parmi lesquels : ▶ Se présenter aux élections au Cameroun (2012) ▶ Prévenir et lutter contre la fraude électorale au Cameroun (2012) ▶ Les jeunes et l’engagement politique (2013) ▶Comment structurer un parti politique progressiste en Afrique Centrale (2014) ▶ Historique et dynamique du mouvement syndical au Cameroun (2015) ▶ Etudes sur l’état des dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre dans les pays de la CIRGL (2015) ▶Aperçu des crises et des dispositifs de défense des pays de la CIRGL (2015) ▶ Citoyenneté active au Cameroun (2017). Sur le plan associatif et politique, je suis actuellement Secrétaire général du Cameroon People’s Party (CPP). Avant de le devenir en 2012, j’ai été Secrétaire général adjoint en charge des Affaires Politiques. Dans ce cadre, durant l’élection présidentielle de 2011, j’étais en charge du programme politique, des ralliements à la candidature de Mme Kah Walla, l’un des speechwriter et porte – paroles. Je suis également membre de plusieurs organisations : ▶ L’association Cameroon Ô’Bosso (Spécialisée dans la promotion de la citoyenneté active et la participation politique). J'en fus le coordonnateur des Cercles politiques des jeunes et des femmes. Dans cette organisation, nous avons longtemps œuvré pour les inscriptions sur les listes électorales et la réforme du système électoral. ▶ L ’association Sema Atkaptah (Promotion de l’unité et de la renaissance africaine). ▶ L ’association Mémoire et Droits des Peuples (Promotion de l’histoire réelle et de la résolution du contentieux historique). ▶ Le mouvement Stand Up For Cameroon (Milite pour une transition politique démocratique au Cameroun). J’ai été candidat aux élections législatives de 2013 dans la circonscription de Wouri Centre face à messieurs Jean jacques Ekindi, Albert Dooh – Collins et Joshua Osih. J’étais à cette occasion l’un des coordonnateurs de la plateforme qui unissait 04 partis politiques : le CPP, l’UDC, l’UPC (Du feu Papy Ndoumbe) et l’AFP. Dans le cadre de mon engagement associatif et militant, j’ai travaillé et continue de travailler sur plusieurs campagnes et initiatives : • Lutte pour la réforme du code électoral consensuel et contre le code électoral de 2012. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des personnes souffrant d’un handicap. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des populations déguerpies de leurs lieux d’habitation. • Lutte contre le trafic des enfants. • Lutte pour la défense des droits et intérêts des commerçants face aux concessionnaires privés et la Communauté urbaine. • Lutte pour le respect des droits et intérêts des pêcheurs dans la défense de leurs intérêts face à l'État et aux firmes internationales étrangères. A la faveur de ces multiples engagements, j’ai été arrêté au moins 6 fois, détenus au moins 04 parfois plus de 03 jours. J’ai eu l’occasion de subir des violences policières qui, heureusement, n’ont laissé aucun dommage durable. Aujourd’hui, aux côtés de mes camarades du CPP et du Mouvement Stand Up For Cameroon, je milite pour que nous puissions avoir un processus de réconciliation et de refondation de notre pays qui n’a jamais été aussi en crise. A notre manière, nous essayons d’être des Citoyens Debout, des citoyens utiles pour leurs concitoyens et pour le pays.

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